Maxime Médard a délivré les Bleus contre l'Irlande.
Maxime Médard a délivré les Bleus contre l'Irlande. - Michel Euler/AP/SIPA

C’était pas beau mais que c’était bon. Sous un crachin à pleurer d’ennui dans un pub de Galway, le XV de France, mangé jusqu’à l’heure de jeu, a fini par renverser l’Irlande grâce à un finish de folie. C’est la première fois qu’on bat les hommes de Joe Schmidtt depuis cinq ans et ça fait un bien fou. On vous dit pourquoi.

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Parce qu’il y a trois mois c’était la galère contre eux

On était à la mi-octobre, et il faut se rappeler la rouste monumentale que nous avaient mis les rouquins. 24-9, c’était trois fois moins que les Blacks une semaine plus tard, mais à l’échelle de la rivalité entre la France et l’Irlande, c’était monstrueux. 40 ans que les Bleus n’avaient pas perdu avec autant de marge. Quatre mois après et deux semaines d’entraînement dans les pattes à peine avec le nouveau staff, ce n’est déjà plus la même histoire. Encourageant.

Parce qu’un hold-up c’est jouissif

C’est une statistique qui raconte quand même une histoire, celle d’une équipe de France concassée pendant une heure : les Bleus ont dû attendre 61 minutes pour rentrer avec le ballon dans les 22 mètres adverses. Après, l’avantage c’est qu’on n’est plus jamais partis. Une séquence incroyable de dix minutes où la mêlée française, entre autres, a matraqué l’Irlande, jusqu’à l’essai de Médard.

Parce qu’on a insulté l’arbitre, c’est bon signe

Restons sur la fameuse séquence des cinq mêlées à cinq mètres consécutives sur l’en-but irlandais et pas un coup de sifflet de ce maudit Jaco Peyper, Sud-Africain de son état. Sûrement des consignes à l’oreillette de la part de notre ami Nigel Owens, qui était assistant ce coup-ci à Saint-Denis. Tout le monde a eu envie d’insulter très fort la maman de Jaco, ce qui est bien le signe que le rugby français va mieux. Avant, on se contentait de cracher sur les joueurs.

Parce qu’on a n’a pas pris les trois points

Le running gag de Guitou faisant le signe de ses trois points avec les mains ? On a pensé le voir à l’heure de jeu, quand une pénalité à dix mètres en face des poteaux Irish nous tendait les bras, et puis non. Les Bleus ont mis leurs cojones sur la table pour choisir la mêlée. Respect.

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Parce que les changements ont servi à quelque chose

Guy Novès a fait le modeste en conférence de presse, évacuant toutes les félicitations pour son coaching de sorcier blanc. Cela faisait des siècles qu’on n’avait pas vu un banc français changer ainsi le cours d’un match. Ben Arous et Slimani ont redonné du peps à nos avants et Machenaud a été décisif sur l’essai de Médard quand ça sentait mauvais l’occasion manquée à la 70e.

Parce qu’on a regagné un peu de respect

Les Anglo-saxons vont peut-être arrêter de nous prendre pour des ploucs. Au moins pendant deux semaines. En tout cas Clive Woodward, l’ex-sélectionneur anglais nous place presque en favori du tournoi. Ou alors c’est du second degré, dur de savoir avec les Anglais.

Parce qu’on est encore en lice pour le Grand Chelem

Figurez-vous qu’à moins qu’on écrive une bêtise, PSA n’avait jamais gagné les deux premiers matchs d’un tournoi sous son mandat. Et en attendant le résultat de l’Angleterre dimanche, cela veut dire que les Bleus font partie des deux dernières équipes capables de claquer le Grand Chelem. Champagne.

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