Martin Fourcade lors de l'individuel de la manche de Coupe du monde d'Ostersund, le 3 décembre 2014.
Martin Fourcade lors de l'individuel de la manche de Coupe du monde d'Ostersund, le 3 décembre 2014. - Marcus Eriksson / TT/AP/SIPA

«Il n’y a pas Benzema devant moi? Ni Ronaldo?». Martin Fourcade n’a pas été bluffé par son classement sur la liste les sportifs les plus recherchés sur Google en 2014 (laquelle combine les requêtes et la progression d’une année sur l’autre), mais au moins agréablement surpris. Le double champion olympique de Sotchi n’y apparaît qu’en huitième position, mais hormis les footballeurs Valbuena, Griezmann et James Rodriguez (4e, 6e, 7e), qui profitent à fond de l’effet coupe du monde, Fourcade est le premier athlète d’un sport individuel à être plébiscité pour des raisons uniquement sportives, contrairement à Schumacher (1er), Bianchi (2e), et Suarez (3e). «Une belle reconnaissance et la récompense d’un vrai travail de partage sur les réseaux sociaux», estime l’intéressé.

Est-ce que vous tapez souvent votre nom dans Google?

Non, je ne me googlise pas souvent. Je suis abonné à Google actu, mais c’est surtout pour lire la presse. Mais je suis content qu’il n’y ait pas trop de recherches associées, du style «Martin Fourcade nu» ou «Fourcade petite amie». Il y a Fourcade et Jalabert? Ah oui, c’est parce que je l’avais assassiné une fois dans l’Equipe, mais sinon ça va.

Cela vous fait quoi d’être le seul sportif olympique de cette liste?

C’est le plus beau des classements de fin d’année parce qu’il vient des internautes. Et aussi parce qu’en ce qui me concerne, il récompense des résultats sportifs, pas seulement des faits divers ou des accidents. Quand je vois les autres sportifs de ce top 10, je suis content d’être parmi eux. C’est une vraie fierté de me retrouver là, et puis ça fera taire certaines critiques que j’ai pu entendre sur mon sport.

Celles qui disaient que le biathlon n’intéressait personne?

Voilà (rires). Je n’ai jamais souhaité polémiquer pour polémiquer, mais quand il faut répondre, je réponds. Sotchi a changé beaucoup de choses pour ma discipline et moi. Devenir champion olympique, c’est peut-être ce qui me manquait. Point de vue notoriété, ça n’a plus rien à voir. Je le vois rien qu’aux félicitations que je reçois sur les réseaux sociaux. Sur Facebook, hors foot et NBA, je dois être le troisième sportif français le plus suivi derrière Tsonga et Riner. Ça donne des indices.

Votre activité sur les réseaux sociaux, justement, contribue-t-elle à vous rendre si populaire dans les recherches?

J’ai envie de croire  que ça joue, oui. J’ai la chance de faire un métier extraordinaire, et pour moi, ce n’est pas une corvée de la partager avec les gens. C’est pour ça que je n’utilise pas de community manager par exemple. Et ce classement montre qu’en étant soi-même, en se faisant connaître uniquement pour son sport, et en ayant des valeurs, saines, on peut plaire aux gens. C’est une bonne chose.

Il n’y aura pas de Coupe du monde en 2015. Pensez-vous pouvoir dépasser quelques footeux l’an prochain?

Il n’y a pas de Coupe du monde en 2015, mais le problème c’est qu’il n’y a pas de Jeux Olympiques non plus! Pour gratter quelques places, je crois qu’il faudrait que je tue quelqu’un (rires). Ce sera compliqué de faire mieux.

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