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PSG-Ajax: Les supporters d'Amsterdam indignés par les conditions d'accueil

PSG-Ajax: Les supporters d'Amsterdam indignés par les conditions d'accueil

FOOTBALLLes supporters néerlandais étaient très encadrés mardi soir pour le match entre les deux équipes...
Antoine Maes

Antoine Maes

Arrestation préventive de 95 supporters lundi soir, port obligatoire d'un bracelet jaune pour accéder au stade: les supporters de l'Ajax Amsterdam, réputés violents, ont été soumis à un sévère contrôle avant le match de Ligue des Champions de football face au PSG mardi soir, au Parc des Princes. «C'est scandaleux!», s'est insurgé Sander Huisman, l'un des responsables de l'association des supporteurs de l'Ajax, auprès de la télévision locale d'Amsterdam AT5.

«Non seulement nous avons reçu beaucoup moins de tickets que ce à quoi nous avions droit, mais il y a aussi toutes ces règles restrictives dans Paris que nous n'avons jamais vues ailleurs», s'est-il plaint. Aucun incident n'a été à déplorer, ni avant ni après la rencontre, aux alentours du Parc des Princes, où un important dispositif de sécurité, avec plusieurs dizaines de camions de CRS, était déployé.

«Tout s'est fait dans le calme. L'essentiel des supporters de l'Ajax ont été conduits dans leur tribune avant tout le monde vers 19h30, peu après l'ouverture des portes», a indiqué un stadier. Les fans de l'Ajax se sont fait discrets: ni chant, ni drapeau ou ni maillot aux couleurs de leur club. La grande majorité d'entre eux portaient des blousons noirs et étaient difficiles à distinguer des supporters parisiens.

Après le match, le public a quitté les lieux le plus rapidement possible sous une forte pluie. Les Néerlandais ont été gardés en tribunes le temps que le stade se vide. Ils étaient arrivés à Paris précédés d'une réputation peu flatteuse qui a incité les forces de sécurité à prendre des mesures draconiennes.

«La couleur est jaune!»

Seules 850 places ont été vendues aux supporters de l'Ajax. Et ces fans ont également été priés par la police parisienne de porter un bracelet jaune. Selon une source policière, les Néerlandais sont arrivés à Paris avec des contremarques nominatives, qu'ils ont échangées contre un billet et le fameux bracelet.

«La couleur est jaune!», s'indigne un supporter, en référence à l'étoile jaune que devaient porter les Juifs durant la Seconde guerre mondiale. L'Ajax est historiquement associé à la communauté juive, l'ancien stade du club étant situé dans le quartier juif de la ville avant-guerre. Les mesures anti-violence avaient été mises en place dès lundi soir avec l'arrestation de 95 personnes, qui pour certaines n'étaient pas munies de billet.

Ces interpellations ont donné lieu à 54 placements en garde à vue et visaient des supporters «qui voulaient apparemment en découdre avec d'autres supporters parisiens dans le quartier du pont de l'Alma», a précisé une source policière. «On a évité une bagarre.» Ces gardes à vue ont été levées dans la nuit de mardi à mercredi après un simple «rappel à la loi», selon une source judiciaire.

Les autorités craignaient que les supporteurs de l'Ajax et du PSG tentent de «concrétiser leur projet d'affrontement déjoué lors du match aller», mi-septembre, où plus de 80 personnes dont une majorité de hooligans français avaient été interpellés, à Amsterdam et Utrecht.

Pour ces hooligans, les matchs ne semblent constituer qu'un prétexte pour des retrouvailles violentes et loin du stade entre partisans des deux camps. «C'est un type de situation assez caractéristique du hooliganisme pur, souligne Nicolas Hourcade, sociologue à l'Ecole Centrale de Lyon. Comme les stades et leurs alentours sont des zones de plus en plus sécurisées, notamment à Paris, les incidents se déplacent dans le temps et dans l'espace, ajoute-t-il. Les hooligans se retrouvent plutôt les veilles de match ou dans la journée avant le match, à distance du stade. On l'a vu avec des incidents à Bastille contre Zagreb, à Odéon quand Leverkusen est venu, ou vers Châtelet avec Chelsea.»