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Coupe du monde: La Serbie, l'autre pays du basket
BASKET•La Serbie, que l’équipe de France retrouvera en demi-finale vendredi, voue un véritable culte au basket…Antoine Maes
Depuis jeudi soir et le miracle français contre l’Espagne, les intégristes de la balle orange s’inquiètent. Vont-ils perdre leur joujou au profit de ceux qui ne connaissent pas l’existence du pick and roll? Ceux qui n’ont jamais sué sous un hangar? Ou pire ceux pour qui la Serbie n’existe pas sur la carte du basket mondial? Car si vous croyez que la demi-finale des Bleus est gagnée d’avance sachez qu’en face d’eux il y aura plus qu’une équipe: plutôt des décennies de culture du jeu.
Présent dans tous les Balkans, la religion basket résiste ici aux assauts du tout puissant football. «A Belgrade, il y a l’Etoile Rouge et le Partizan qui sont des ennemis de toujours, raconte Guillaume Planteau, responsable de Basket et Aventures, qui organise des stages pour les jeunes basketteurs français. On ne peut pas être pour les deux, il faut en choisir un. Regardez sur Youtube, c’est pire que du foot. L’an dernier, c’est le Partizan qui a gagné, les supporters de l’Etoile Rouge sont allés voler le trophée et l’ont détruit.»
Mais en Serbie, il y a bien plus que des fous en tribune. Il y a surtout des générations de basketteurs formés dans un moule immuable. «Quand on organise un stage aux USA, on recherche la motivation, la vitesse de main ou de pied. Les Américains ont un jeu basé sur la liberté des joueurs. En Serbie, on propose un basket beaucoup plus cadré, beaucoup plus sur la lecture et la culture du jeu. Les puristes, les coachs, ne rêvent pas de NBA», explique Planteau.
Le style serbe ne tomba pas du ciel. Il est aussi basé sur un culte puissant de la personnalité de l’entraîneur (Maljkovic, Obradovic…), capable de faire endurer des séances de tortures pour former des joueurs parfaits. La devise des formateurs serbes? «La tactique pour un jour, la technique pour toujours». «Les anciens pays du bloc soviétique sont très rigoureux, très travailleurs, ils n’ont pas peur de la répétition», remarque Guillaume Planteau. Un mode de vie qu’ont connu les Français Léo Westermann et Joffrey Lauvergne lors de leur passage au Partizan Belgrade, immortalisé par un reportage d’Intérieur Sport.
Des Français dans le championnat serbe? Une exception dans un pays où tous les joueurs rêvent de quitter le pays le plus rapidement possible. «Le smic là-bas est à 250 euros, 5 fois moins qu’en France. Il faut être bon, il faut réussir, et le basket est un moyen de partir», promet Guillaume Planteau. Qui a aussi une explication bassement génétique: «Baladez-vous dans la rue, ils sont tous grands!». C’est sans doute pour ça qu’on voit très peu de pilier serbe en rugby.


















