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Eurobasket: Joffrey Lauvergne, le pivot qui ne voulait plus de la France

Eurobasket: Joffrey Lauvergne, le pivot qui ne voulait plus de la France

BASKET – L'ancien Châlonnais, bonne surprise de l'Euro avec les Bleus, a dû s'exiler en Serbie pour enfin évoluer à son meilleur niveau...
Julien Laloye

Julien Laloye

Au milieu des gros nounours tricolores de la raquette, trop «soft» pour réussir la carrière qu’on leur promettait –de Moïso à Petro en passant par Séraphin- Joffrey Lauvergne détonne légèrement. On cherche toujours un autre exemple de basketteur français qui a choisi de quitter la Pro A parce qu’il estimait ne pas assez travailler. Et pas pour rejoindre le mirage américain, non, mais pour se durcir les muscles en Euroligue.

«M’entraîner une heure par jour, parce qu’il faut que les cadres récupèrent, ça ne me convenait pas. Je me suis pris en main», lâche Joffrey Lauvergne au moment de quitter Châlon à l’automne 2012. Entre autres amabilités gratuites adressées à son coach Grégor Beugnot, qui lui valent alors une réputation de tête à claque et une réponse mi-acerbe mi-ironique du dernier nommé: «Autant vous dire que je vais regarder avec attention la suite de sa carrière. Maintenant, j’attends de voir.»

«S'il y avait un peu plus d'argent…»

Le nouvel entraîneur du Paris-Levallois, a vu, comme tout le monde, que le jeune homme de 21 ans n’avait pas forcément eu tort. Au Partizan Belgarde, il trouve ce qu’il était venu chercher sous le commandement presque militaire de Dusko Vujosevic, dénicheur de talents reconnu. Six heures d’entraînement par jour six jours sur sept, lancers francs avec gants de chantier, séries de shoots avec bandage sur les yeux pour améliorer l’adresse et autres joyeusetés du même genre. «Là-bas, j’ai découvert une intensité et une ambiance incroyables», raconte Lauvergne, qui pourrait parler de la Serbie des heures. «Franchement, il faut voir les derbys contre l’Etoile Rouge devant 13.000 supporters dans une salle qui peut en contenir la moitié…Je me sens tellement bien ici, s'il y avait un peu plus d'argent, je ne partirais jamais.»

Drafté par Denver, comme Evan Fournier

En 35 minutes de jeu en moyenne, le fils de l’ex-international Stéphane Lauvergne s’est pourtant fait repérer depuis longtemps. Par les Denver Nuggets, qui l’ont drafté en 55e position au mois de juin, et par Vincent Collet, qui n’a pas attendu deux semaines pour parler «de révélation de la préparation» cet été chez les Bleus.

Dans un secteur intérieur sinistré où le sélectionneur doit sans cesse «innover pour masquer des faiblesses», l’ancien Châlonnais est le seul qui part naturellement à la bagarre pour aller chercher les rebonds qui font du bien malgré une taille limitée (2m06). Cela commence à se voir à l’Euro, où Lauvergne a livré sa meilleure partition contre la Belgique (14 points, 6 rebonds) et gagné un surnom, celui de «mini-Joakim Noah», inauguré par Batum en Slovénie. Sans doute le plus beau compliment qu’on puisse faire à un pivot français en ce moment.