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De Lionel Messi à Luzenac, Quentin Westberg a connu plusieurs vies
FOOTBALL•Le gardien du club ariégeois, tout près de remonter en Ligue 2, a battu le prodige argentin avec les Etats-Unis…Nicolas Stival
A six journées de la fin du championnat, Luzenac survole le National. La montée en L2 du club ariégeois, issu d’un village de 650 habitants, pourrait être effective dès ce vendredi (voir encadré). Le parcours du LAP étonne et détonne. Comme celui de son gardien Quentin Westberg (28 ans le 25 avril), acteur majeur de l’épopée pyrénéenne.
Une adolescence devant les caméras, avec Diaby et Ben Arfa
Westberg a été formé à l’INF Clairefontaine, en compagnie d’Hatem Ben Arfa, Abou Diaby, Ricardo Faty et Geoffrey Jourdren. Une promotion rendue célèbre par le documentaire «A la Clairefontaine».
«Cette époque reste gravée en moi, il existe un lien particulier entre tous les ex-INF, explique le gardien. Cependant, la voix off du documentaire raconte une histoire qui n’était pas forcément celle que l’on a vécue. Il vaudrait mieux le regarder sans le son (sourires). J’ai deux enfants et le grand de trois ans et demi commence à rigoler lorsqu’il me voit dans le film, où j’ai 13 ou 14 ans.»
Avec les Etats-Unis contre Fabregas et Messi
Né à Suresnes (92) d’un père américain et d’une mère française, Westberg a disputé deux Coupes du monde avec les Etats-Unis. «En 2003 avec les moins de 17 ans, on joue contre l’Espagne de Fabregas et David Silva (0-2). On a pris un sacré bouillon! Je fais un gros match mais Fabregas me met une frappe de 20 mètres. En 2005, avec les moins de 20 ans, nous battons l’Argentine de Messi, qui s’est révélé dans cette compétition (1-0). Il était entré en jeu à la pause, c’était un tsunami! On n’encaisse pas un seul but en poule, mais on manque d’humilité et on se fait sortir en huitièmes par l’Italie (3-1).»
Westberg évolue alors avec la comète Freddy Adu. «Il avait trois ou quatre ans de moins que nous. Il s’est perdu et a déjà fait une dizaine de clubs, de moins en moins huppés. Aux dernières nouvelles, il jouait au Brésil (à Bahia).»
A Luzenac avec Fabien Barthez
Faute de temps de jeu à Troyes puis à Evian-Thonon-Gaillard, Westberg décide de quitter la Ligue 1 et la Haute-Savoie pour le National et l’Ariège, en 2012. «C’était un risque, mais je voulais faire mon métier, ne pas me limiter à cinq ou dix matchs par saison, explique le portier. J’ai fait deux pas en arrière pour être titulaire et remonter avec Luzenac.»
Au LAP, il peut compter sur les conseils du directeur général, un certain Fabien Barthez: «C’est une aubaine! Les gardiens vivent quelque chose de différent, ils se comprennent naturellement.»
Vers la quatrième montée de sa carrière
Après les montées avec Troyes en L1 (en 2005) et en L2 (2010) puis avec Evian-T.-G. en L1 (2011), Westberg s’apprête à vivre une quatrième accession avec Luzenac. «En plus des qualités dans le jeu, cette équipe a des qualités humaines, souligne-t-il. Tout le monde s’est fondu dans le groupe.»
Comme Nicolas Dieuze et Julien Outrebon, le gardien a apporté son expérience des divisions supérieures. «Personnellement, je n’ai pas encore pu ni su saisir ma chance en L1. Maintenant, je veux gravir les échelons, sans brûler les étapes.»


















