Dakar 2014: La soif, l'ennemie des pilotes

DAKAR – Les fortes chaleurs argentines déshydratent rapidement…

Romain Baheux

— 

Le motard Cyril Despres, en train de s'hydrater lors du Dakar 2013.

Le motard Cyril Despres, en train de s'hydrater lors du Dakar 2013. — FRANCK FIFE/AFP

De notre envoyé spécial à San Rafael (Argentine)

«Et attention, il va faire de plus en plus chaud.» Debout sur le podium, le responsable des concurrents du Dakar Xavier Gavory martèle l’avertissement aux pilotes réunis au briefing. Fatigués par le début de la course, la plupart ont souffert de la chaleur. Et malheureusement pour eux, ça ne va pas s’arranger. Débuté dimanche sous plus de 35 C° à l’ombre, le Dakar va encore se réchauffer cette semaine quand les pilotes s'enfonceront dans les terres de la patrie de Fangio. Et dans ce cas-là, les langues se tirent et la soif peut faire des ravages.
 
Quatre à cinq litres de boisson par jour
 
«J’insiste sur cet aspect lorsque je vois des nouveaux venus sur le Dakar. Certains attendent d’avoir soif pour boire mais c’est déjà trop tard, décrit David Castera, directeur sportif de la course. Pris par la tension, ils ne boivent rien pendant une demi-heure puis prennent une énorme gorgée et vident la moitié de leur réserve. Ce n’est pas la bonne méthode.» A l’antenne médicale, on voit ainsi chaque année arriver des pilotes déshydratés après des heures de piste sous le cagnard sud-américain. «C’est très sournois, poursuit le docteur Florence Pommerie, médecin en chef du Dakar. Les débutants ne reconnaissent pas tout de suite les signes de déshydratation. Une fois, un motard est arrivé devant le service médical, a mis pied à terre et s’est effondré.»
 
En course, les pilotes ont ainsi appris à boire jusqu’à plus soif pour éviter le coup de pompe. Entre leur camelbak, une réserve de liquide portée dans un sac dorsal, et les bouteilles récupérées au hasard de la course, leur consommation quotidienne tourne entre quatre et cinq litres. «C’est beaucoup mais c’est ce qu’il faut, souligne le motard Bruno Da Costa. Sinon, on pompe très vite dans ses réserves.» Tous insistent sur la nécessité de varier les plaisirs. Quand elle est bue en quantité importante, l’eau finit par provoquer du dégoût chez les intéressés. «Je leur conseille de boire des boissons gazeuses ou sucrées, poursuit Florence Pommerie. Certains ont mêmes des pastilles de sels minéraux qu’ils mettent dans leur boisson.» La fournaise du Dakar se chargera rapidement de les éliminer.

Mots-clés :

Aucun mot-clé.