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Dakar 2014: Quand la course se joue sur Google

Dakar 2014: Quand la course se joue sur Google

DAKAR – Les concurrents se servent d'Internet pour repérer le terrain…
Romain Baheux

Romain Baheux

De notre envoyé spécial à San Luis (Argentine)

Et retrouvez le blog du motard Xavier de Soultrait

A la fin de chaque étape, Hervé Lavergne sort son ordinateur et passe plus d’une heure à préparer la journée suivante. Une bonne connexion Internet et deux clics plus tard, le co-pilote du Français Yannick Commagnac se met à la tâche. Non pas sur un logiciel de pointe mais là où des millions de personnes se rendent chaque jour. Quandl’internaute s’amuse à regarder des photos de son perron sur Internet, les concurrents du Dakar se servent de Google Map et de Google Earth pour tenter d’anticiper le parcours mis en place par les organisateurs. Gardé secret, le tracé de la course est décrit dans un roadbook, distribué la veille de l'étape, par des indications directionnelles et kilomètriques.

«Tu essaies de l'anticiper. Ce qui est important, c’est d’avoir une vision des dénivelés et des difficultés qui t’attendent, explique Lavergne. Lundi, je sais grâce à Google qu’il faudra faire attention de bien rester sur la piste à la fin de la spéciale car il y aura beaucoup de végétations sur le bord de la route. Je m’en servirai pour rassurer mon pilote.» Sur le bivouac, le système de cartographie en ligne a ses adeptes, particulièrement chez les co-pilotes des catégories autos et camions, chargés de la navigation. «Ce n’est pas tricher, c’est simplement éviter certains problèmes», souligne Lavergne.

Les organisateurs s’en servent pour dessiner le tracé

Difficile pour l’organisation d’en vouloir aux concurrents puisque le tracé du Dakar est également conçu via Google, depuis les bureaux parisiens d’Amaury Sport Organisation. «C’est un outil super fiable, mes mecs sur le terrain ont déjà été bluffés par ses capacités, raconte le directeur sportif de la course, David Castera. Je sais que les pilotes s’en servent et qu’ils arrivent à comprendre la logique du tracé. J’essaie de les surprendre mais c’est parfois un peu compliqué parce que l’on a des obligations administratives à respecter, on ne peut pas aller n’importe où.»

A ce petit jeu, tout le monde ne possède pas les mêmes arguments. Là où les concurrents modestes doivent se coltiner photos par photos les différents tronçons de la course, les écuries plus richement dotées bénéficient d’outils plus sophistiqués. «Je sais que des teams de pointe ont développé des choses qui leur permettent de bien préparer la spéciale, décrit Hervé Lavergne. Dans certaines équipes, j’ai déjà vu des gens passer plusieurs heures sur les ordinateurs avec le roadbook à côté d’eux.» Et gagner de précieuses secondes le lendemain.