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Le basketteur américain Jason Collins fait sensation en annonçant son homosexualité

Le basketteur américain Jason Collins fait sensation en annonçant son homosexualité

ETATS-UNISIl s'agit du premier athlète US majeur en activité à faire son coming-out...
Philippe Berry

Philippe Berry

De notre correspondant aux Etats-Unis

«Je suis un pivot NBA de 34 ans. Je suis noir. Et je suis gay.» Dans une longue tribune publiée dans Sports Illustrated, le basketteur américain Jason Collins brise la loi du silence qui règne dans tous les vestiaires de la planète, de la Ligue 1 jusqu'à la NBA. «Je n'avais pas l'intention d'être le premier athlète en activité ouvertement gay dans un sport majeur américain, mais je suis heureux d'amorcer la conversation», écrit-il.

Du football américain au basket, en passant par le baseball et le hockey, aucun athlète américain professionnel n'avait jusqu'ici publiquement annoncé son homosexualité pendant sa carrière. Le Britannique John Amaechi avait attendu sa retraite NBA avant de devenir un ambassadeur de la cause gay dans le sport, et Brittney Griner était, elle, encore à la fac.

Collins explique que «le moment est venu» car il est actuellement un «free agent» (sans club), et que son coming-out n'affectera donc aucun coéquipier. Il dit avoir été motivé par son désir de participer à la gay pride de Boston, en juin prochain. Jason Collins, qui a joué dans six équipes en douze ans, s'est d'abord confié à sa tante, une juge de San Francisco, qui s'en doutait depuis longtemps. Son frère jumeau, en revanche, est resté «abasourdi».

Soutien des autres joueurs

Jusqu'à présent, le sport US pratiquait tacitement la loi du «don't ask, don't tell». Mais comme chez les militaires, les mentalités évoluent, et le témoignage de Collins a immédiatement été salué par Bill et Chelsea Clinton comme un jour «historique» pour la communauté LGBT. Surtout, le joueur a reçu le soutien de joueurs vétérans de la NBA.

«Fier de @jasoncollins34. Ne cachez pas qui vous êtes à cause de l'ignorance des autres», tweete Kobe Bryant.

« Proud of @jasoncollins34. Don't suffocate who u r because of the ignorance of others #courage #support #mambaarmystandup #BYOU — Kobe Bryant (@kobebryant) April 29, 2013  »



«L'heure a sonné. Respect maximum», réagit Steve Nash.

« The time has come. Maximum respect. RT @baron_davis: I am so proud of my bro @jasoncollins34 for being real. ... tmi.me/TGSBh — Steve Nash (@SteveNash) April 29, 2013  »



«Je suis fier de mon frère qui est enfin lui-même», se félicite encore Baron Davis.

« I am so proud of my bro @jasoncollins34 for being real. #FTheHaters bit.ly/12J9el5 — Baron Davis (@Baron_Davis) April 29, 2013  »



Une longue route

«Je n'aime pas les gays. Cela ne devrait pas exister dans ce monde ou aux Etats-Unis, donc non, je n'aime pas ça.» Il y a presque dix ans, le basketteur Tim Hardaway avait choqué avec sa tirade homophobe. Depuis la ligue a adopté une politique stricte, punissant notamment les insultes homophobes comme «faggot» («pédale», ndr) d'une amende pouvant aller jusqu'à 100.000 dollars.

Du côté des observateurs conservateurs, l’éditorialiste Ben Shapiro a ironisé sur le coming-out: «Jason Collins est un héros parce qu'il est gay? Nos standards de l’héroïsme ont bien changé depuis la Normandie», tweete-t-il.

« So Jason Collins is a hero because he's gay? Our standard for heroism has dropped quite a bit since Normandy. — Ben Shapiro (@benshapiro) April 29, 2013  »



L'intéressé, lui, sait que même en 2013, ses potentiels futurs coéquipiers auront de nombreuses questions. La plus taboue: celle du vestiaire. «J'ai pris un paquet de douches en douze ans. Mon comportement n'a jamais été un problème jusqu'à présent et il ne le sera pas à l'avenir», écrit le joueur.