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XV de France: Bastareaud, un retour qui ne doit rien à la chance
RUGBY•Le centre toulonnais a beaucoup travaillé pour revêtir à nouveau le maillot bleu...Julien Laloye, à Marcoussis.
Mathieu Bastareaud et l’équipe de France, c’est l’histoire d’un grand malentendu qui dure depuis toujours. Depuis, déjà, que Bernard Laporte a sorti ce nom de son chapeau pour l’emmener en tournée alors que le jeune homme de 18 ans à peine n’avait aucun match pro derrière lui. Depuis, aussi, que le joueur traîne une réputation de casseur de table de nuit jamais vraiment élucidée. Depuis, enfin, que le garçon est soupçonné de gâcher un potentiel colossal par simple fainéantise, un défaut qui fait tâche à ce niveau.
«Maintenant, j’assume ce que je sais faire»
La liste de reproches est longue comme le bras, mais aujourd’hui elle fait sourire le centre toulonnais, banni des Bleus depuis le tournoi 2010: «J’ai grandi, je suis plus mature. Avant j’aurais vécu ce retour comme une revanche, aujourd’hui j’ai envie de prendre du plaisir». Et ne plus se prendre la tête avec son statut de «coffre à ballon» bon qu’à foncer dans le tas où les doutes qu’il a toujours suscités sur le plan de la préparation physique: «Mon jeu, il peut plaire ou pas, mais c’est comme ça, je ne vais pas commencer à vouloir balancer des sautées de 50 mètres pour faire plaisir à tout le monde. J’ai mis longtemps à me convaincre de rester sur ce que je sais faire, mais maintenant je l’assume».
Et pour ceux qui pensent que Bastareaud ne doit son retour qu’au petit faible que Philippe Saint-André a toujours manifesté à son endroit – le sélectionneur avait fait des pieds et des mains pour le faire venir à Toulon quand il entraînait sur la rade - PSA répond que le Toulonnais «a gagné sa place sur l’entraînement de lundi», lors de la fameuse séance en opposition, dont la difficulté, fantasmée ou non, fait le tri entre les éclopés vidés jusqu’à la moelle par les joutes du Top 14 et les résistants. Bastareaud, lui, a fait mieux que résister, grâce à un énorme travail réalisé au RCT depuis un an et demi. Visite d’un laboratoire de biomécanique pour identifier les points à améliorer, 30 kilomètres aller/retour en vélo pour se rendre à l’entraînement chaque jour, une heure de mise à niveau physique quand Wilkinson en est encore au petit-déjeuner, l’international a mis les moyens pour retrouver les Bleus.
«Le travail physique, personne ne me l’a imposé»
Surtout, personne ne l’y a obligé. «J’ai toujours eu du mal avec les choses imposées. Evidemment, je l’ai d’abord vécu comme une contrainte, mais une contrainte que j’ai choisie.» Bastardeaud a choisi, aussi, de laisser son VTT au placard depuis quelques semaines, signe que les vieux démons ne sont pas loin. Ou alors que le Toulonnais est dans la forme de sa vie et qu’il n’a plus besoin d’en faire plus que les autres pour le prouver. On en aura une petite idée dès dimanche face à l’Italie.



















