Le groupe Partouche espère bien donner son nom au Grand stade Lille Métropole inauguré le 17 aôut 2012.
Le groupe Partouche espère bien donner son nom au Grand stade Lille Métropole inauguré le 17 aôut 2012. - m.libert / 20 minutes

A Lille, F.L.

Sa parole dans les médias est rare. Alors quand il s'exprime, Isidore Partouche ne le fait jamais par hasard. Interrogé cette semaine dans L'Express, le fondateur du groupe Partouche, spécialisé dans les casinos, a reconnu pour la première fois avoir transmis à la communauté urbaine de Lille (LMCU) une offre de 2,5 millions d'euros (par an) pour obtenir le naming du Grand stade de Lille. Une proposition restée sans réponse. Ce qui a le don d'énerver l'entrepreneur. «Si on ne me donne pas une bonne raison expliquant pourquoi nous n'avons pas été retenus, le groupe Partouche arrêtera le mécénat du Losc dans très peu de temps : le maillot, la pub, tout», menace t-il dans les colonnes de l'hebdomadaire.

Un départ de Partouche, sponsor maillot et propriétaire de 40 % de la société Socle, actionnaire majoritaire du Losc (87 %), serait très préjudiciable pour le club nordiste. Sauf que le coup de gueule du patriarche du groupe de casinos est surtout destiné à mettre la pression sur LMCU, en charge de trouver un mécène pour donner un nom au Grand stade. «J'ai bien reçu sa lettre faisant état d'une proposition de 2 millions d'euros et non de 2,5», rectifie Pierre de Saintignon, conseiller délégué à LMCU en charge du dossier naming. «Mais si je n'ai pas répondu, c'est que ce débat sur le naming répond à des questions économiques liées à des négociations confidentielles. Cela n'appelle pas de commentaire. Mais ça ne veut pas dire que son offre n'est pas respectable», poursuit un élu qui n'a pas envie de créer de polémique.

Si l'offre de Partouche est pour l'instant insuffisante par rapport au minimum de 3,3 millions d'euros espérés par LMCU, les choses pourraient évoluer. «J'essaie de tenir l'objectif que nous nous sommes fixés. Mais je n'ai jamais insulté l'avenir. A l'impossible, nul n'est tenu», reconnaît Pierre de Saintignon. Car la crise économique pourrait bien obliger la communauté urbaine à revoir ses prix à la baisse. «Ils ne trouveront pas à ce prix», assure d'ailleurs Isidore Partouche. L'entrepreneur, en froid avec la mairie lilloise, qui lui a préféré en 2006 le groupe Barrière pour l'exploitation du casino de la ville, réclame désormais un appel d'offres pour l'attribution du naming. «Je n'en vois pas l'intérêt. L'accord qui a été signé attribue à LMCU le rôle de choisir le nom du stade», répond Pierre de Saintignon, qui aimerait boucler le dossier d'ici la fin de l'année. Un temps qui, paradoxalement, tourne pour l'instant en faveur de Partouche, le seul candidat déclaré.