L'entraîneur de l'OM, Elie Baup, le 2 septembre 2012 à Marseille.
L'entraîneur de l'OM, Elie Baup, le 2 septembre 2012 à Marseille. - K.Villalonga / SIPA

Alexandre Pedro

Entre Elie Baup et l’Olympique de Marseille, l’histoire a débuté comme un mariage de raison. L’union un peu forcée entre un entraîneur en rupture de banc depuis trois ans (et mis en examen pour une affaire d’escroquerie aux allocations chômage) et un club au bord de la dépression après sa rupture avec Didier Deschamps. Trois mois plus tard, le mariage presque forcé a viré à l’idylle amoureuse. Six victoires en six matchs, l’OM caracole en tête de la Ligue 1 et réalise un parcours pas vu depuis l’AS Monaco en 1960.

«Il a mis du bonheur dans le groupe»

Mais que peut bien cacher sous sa casquette le nouvel entraîneur olympien pour transformer une équipe moribonde (10e la saison dernière) en machine à gagner? Sa réussite actuelle, Baup l’explique aussi par cette parenthèse forcée dans son métier d’entraîneur. «J’ai passé toute ma vie sur les terrains, et cette pause en tant que consultant m’a servi, confie-t-il à RTL.  J’avais la tête dans le guidon à faire près de 600 matchs. Là, j’ai eu la chance de commenter la Ligue des champions d’assister à des entraînements, de parler avec des entraîneurs et des joueurs. J’ai compris qu’il ne fallait jamais perdre de vue la simplicité, qu’il faut avant tout donner de la simplicité aux joueurs. J’étais parfois très axé sur la récupération du ballon, l’aspect défensif, en oubliant l’essentiel qui est le plaisir de marquer des buts.» Peut-être, mais son OM brille aussi par sa solidité défensive (un petit but encaissé).

Le plaisir, le champion de France 99 avec Bordeaux l’a transmis à un vestiaire alors divisé entre pro-Deschamps et pro-José Anigo, directeur sportif frondeur rentré dans le rang depuis. «Il a mis du bonheur dans le groupe et de la joie, c'est ce qui manquait un peu», salue le milieu Mathieu Valbuena. A défaut d’importer du talent de l’extérieur (la faute à la rigueur économique décrétée par l’actionnaire principale, Margarita Louis-Dreyfus), Baup a remis en selle des Gignac, Cheyou, Kaboré plus vraiment en odeur de sainteté avec son prédécesseur.  Son entraîneur adjoint, Franck Passi vante ses talents de psychologue «Elie a énormément observé et a effectué beaucoup d’entretiens individuels et joué sur le côté revanchard du groupe.»

L’union fait la force

Des paroles donc, mais aussi des actes. Comme partout où il est passé, Baup a très vite dégagé une équipe type (seulement 17 joueurs utilisés en championnat) et en bon pragmatique adapté un schéma tactique taillé pour les qualités de son équipe; un 4-2-3-1 dont il ne dévie pas.  Pour l’instant, son tour de force est de ne perdre personne en route. Même déclassé comme doublure d’André-Pierre Gignac, Loïc Rémy accepte ainsi son sort sans broncher. 

«Tout le monde a compris que pour continuer l'aventure et être performants, il faut rester unis, prévient le technicien. Non seulement nous n'avons pas le choix, mais en plus nous avons envie de rester uni.» Dans un club qui a toujours avancé aux conflits,  la performance est presque aussi remarquable qu’aligner six victoires de suite en championnat.