Intelligence artificielle: Team Elon Musk ou Mark Zuckerberg? Choisissez votre futur

APOCALYPSE NOW L’intelligence artificielle représente-t-elle un danger ? Les milliardaires de la Silicon Valley Elon Musk et Mark Zuckerberg ne se projettent pas dans le même futur…

Laure Beaudonnet

— 

Mark Zuckerberg (gauche) Elon Musk (droite)

Mark Zuckerberg (gauche) Elon Musk (droite) — Sipa

Quand deux monstres de la Silicon Valley se déchirent sur l’intelligence artificielle (IA) et ses dangers potentiels, le monde se divise en deux. Les dernières déclarations d’Elon Musk, patron sulfureux de Space X, qui a qualifié l’IA de menace existentielle sur notre civilisation lors d’une réunion de l’association des gouverneurs américains, a fait perdre les pédales au monde de la tech et surtout à Mark Zuckerberg. Interrogé par un internaute lors d’un direct sur Facebook, le créateur du réseau social a jugé ces propos « irresponsables ». Il n’en fallait pas plus pour voir les deux figures de l’innovation s’arracher le futur des mains.

Menace potentielle ou amélioration de la vie de l’homme, quel rôle l’intelligence artificielle va-t-elle jouer dans le monde de demain ? Bienvenue dans les utopies futures. Il ne reste plus qu’à choisir son camp.

Elon Musk et le futur dystopique

« Si on attend, il sera trop tard ». On ne pourra pas reprocher à Elon Musk de ne pas nous avoir prévenus… Face aux progrès de l’intelligence artificielle, le milliardaire américano-sud-africain la joue savant maléfique dans un monde manichéen. Son discours apocalyptique a des allures de mauvais films de science-fiction, convoquant plus ou moins directement Isaac Asimov, Philip K. Dick et George Orwell. L’inventeur touche-à-tout a réclamé devant une trentaine de gouverneurs américains d’urgence des textes de loi pour réguler les avancées de l’intelligence artificielle. « L’IA est l’un des rares cas où je pense que l’on doit adopter une régulation préventive. Si on attend le moment où il faudra réglementer de façon réactive, ce sera trop tard. » Prononcés par Elon Musk, connu pour ses positions libertariennes et son rejet de toute forme d’entrave de l’Etat, ces propos font taches.

« Je n’arrête pas de tirer la sonnette d’alarme, mais jusqu’à ce que les gens voient vraiment des robots tuer des personnes, ils ne sauront pas comment réagir, tellement ça leur paraît irréel », a-t-il lancé avant de conclure : « Une fois qu’on aura pris conscience, les gens auront très peur, à juste titre ». Armes autonomes, véhicules intelligents et drones bombardiers… Dès 2015, Le fondateur d’Open AI, qui coordonne la recherche des grands groupes comme Microsoft ou Amazon, alertait sur la menace de l’intelligence artificielle dans une lettre cosignée avec d’autres chercheurs comme le physicien Stephen Hawking.

Le futur version Elon Musk, c’est encore pire que tout ce que vous avez imaginé…

Mark Zuckerberg et la vision angélique du futur

Face à lui, Mark Zuckerberg dispense des arcs-en-ciel magiques aux couleurs des bisounours. A la vision alarmiste du fondateur de la Tesla, le boss de Facebook brosse un futur optimiste et juge « irresponsable » de faire naître des scénarios de fin du monde pour parler de l’intelligence artificielle. A l’écouter, il n’y a rien à craindre et Elon Musk fait office de pourfendeur d’innovations. « Quand j’entends dire que l’intelligence artificielle va faire du mal, je me dis "oui, enfin la technologie peut servir le bien et le mal". Il faut faire attention à la manière dont vous la développez et à la manière dont elle sera utilisée », rétorque-t-il au fondateur de Neuralink, qui travaille pourtant « à relier le cerveau à des circuits imprimés dans le but de fusionner les intelligences humaines et artificielles ». Et de conclure : « Ceux qui font en sorte de ralentir le processus de construction de l’intelligence artificielle, je trouve ça douteux. J’ai du mal à suivre ».

>> A lire aussi : Pourquoi l'image de Zuckerberg ravive les cauchemars des internautes

Dans le futur de Mark Zuckerberg, chacun trouve sa place dans une communauté globale. L’intelligence artificielle (IA) pourra par exemple résoudre le problème de harcèlement en ligne ou la diffusion de vidéo de suicide en direct. « Nous étudions des systèmes qui peuvent analyser des photos et des vidéos et nous signaler celles que notre équipe devrait contrôler. » Et, à terme, ce système pourrait « faire la différence entre des informations sur le terrorisme et de la propagande terroriste. » Celui qui a construit lui-même un assistant personnel intelligent nommé Jarvis croit en un monde meilleur intimement lié à l’IA.

Et vous ? Sur quel futur pariez-vous, un monde où les machines nous veulent du mal ou un monde dans lequel l'intelligence artificielle nous libère?