Axelle Lemaire répond aux questions des internautes
Axelle Lemaire répond aux questions des internautes - AL

[Le chat est terminé]

Merci à tous pour vos questions! Désolé de ne pas avoir pu répondre à toutes. Je partage avec vous le constat que le champ à couvrir est très large: le numérique, ce n’est pas que de la technique!

Ca tombe bien, c’est une priorité du président de la République et du gouvernement. Manuel Valls le disait hier en Conseil des ministres: Avec la transition écologique et la réformer des territoires, le numérique doit être le sujet central de l’action du gouvernement.

Et maintenant, je retourne dans l’hémicycle pour défendre le projet de loi sur l’économie sociale et solidaire, au nom de Valérie Fourneyron. Merci et rendez-vous la prochaine fois!

 

Benoit: Pensez-vous que la demande du CSA de réguler Internet soit envisageable?

Je ne suis pas favorable à une transposition de la régulation audiovisuelle à l’Internet. Les objectifs poursuivis par les interventions du CSA sont louables: préserver la diversité culturelle, le pluralisme démocratique, l’enfance. Mais il faudra réfléchir à des outils nouveaux, adaptés, qui respectent la liberté d’expression et de création. C’est un sujet qui sera au coeur de mes discussions avec Aurélie Filipetti, que je voie très prochainement.

Frederic: Que pensez-vous de l’affaire Netflix?

Netflix a fait le choix de s’installer au Luxembourg. On peut le regretter, mais c’est son choix. En effet, le droit européen nous laisse peu de leviers en la matière: les acteurs audiovisuels du numérique sont libres d’opérer depuis le pays de leur choix. Nous serons vigilants toutefois à ce que Netflix respecte bien le droit français. A nous de garantir l’attractivité de notre pays, de s’assurer que nos industries culturelles soient reconnues internationalement et prennent le virage numérique. 

Antoine: Quand est-ce que l’apprentissage de la programmation informatique fera partie des programmes obligatoires à l’école élémentaire?

C’est une des clés pour que les prochaines générations maîtrisent leur environnement numérique.

Apprendre la programmation, permet de dépasser la simple sensibilisation au numérique et de se rendre compte qu’on peut modifier les smartphones qu’on utilise, qu’on peut réaliser des films, qu’on peut créer des jeux. On apprend l’anglais, le chinois, il faut apprendre à coder!

C’est une brique essentielle de la créativité, comme le collage ou le découpage… Faire du code c’est un outil au service d’un projet scientifique, artistique ou pédagogique.

Aujourd’hui ce n’est pas dans les programmes mais j’aimerais par exemple que le temps périscolaire permette ce genre d’ateliers un peu partout en France. Un collectif s’est d’ailleurs créé récemment pour cet objectif: «Code Junior». Il existe déjà des initiatives au niveau local, soutenues par des associations et des entreprises prêtes à investir. J’espère qu’elles se démultiplieront à l’échelle nationale.

Jauinfo: Le gouvernement compte-t-il faire pression pour accélérer les déploiements ADSL dans les communes de petite et moyenne taille?

Je porte le plan France THD (Très Haut Débit), lancé l’année dernière par le président de la République. C’est le plus grand chantier d’infrastrastructure du quinquennat, comme dans le passé l’électrification ou les réseaux ferroviaires. 

Le but est d’apporter, au delà du type de technologie choisi, du THD sur l’ensemble des territoires, en priorité dans les zones les moins bien desservies aujourd’hui à l’horizon 2023. 

Priorité est donnée au déploiement de la fibre optique, mais nous mobilisons l’ensemble des technologies pour que personne ne soit laissé pour compte. Le numérique pour tous, ça commence par le numérique partout!

torp: Est-il prévu d'encourager les logiciels libres, au moins dans les administrations, pour éviter de payer des millions d'euros en licences?

Bonjour à tous! Ravie de participer à ce chat, c’est mon premier depuis ma prise fonction! 

Dès septembre 2012, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault avait adressé des orientations dans une circulaire, demandant aux ministres de favoriser l’usage des logiciels libres dans l’administration.
 
C’est un vrai levier d’économies pour l’Etat. Ma collègue Marylise Lebranchu, en charge du dossier réforme de l’Etat au sein du gouvernement, encourage aussi fortement les administrations à y recourir. Et je partage les valeurs défendues par les promoteurs du logiciel libre.

---------------------------------

Présentation du chat:

Axelle Lemaire est depuis le 9 avril la nouvelle secrétaire d’État au Numérique du gouvernement Valls. Rattachée au ministère de l’Economie d’Arnaud Montebourg, cette ex-députée des Français d’Europe du nord succède à Fleur Pellerin, bénéficiant au passage d’un champ d’action élargi.

La Franco-Canadienne de 39 ans doit notamment se soucier des questions relatives au développement de l’économie numérique, entre autres sur «les infrastructures, les équipements, les services et les usages numériques», et veiller «au développement des entreprises et des acteurs français du numérique», selon le Journal officiel.

Quels sont les projets d’Axelle Lemaire pour la France? Compte-t-elle développer l’open data? Comment se positionne-t-elle dans le débat sur la «neutralité du Net»? Quid de l’arrivée de Netflix? Comment réformer le financement pour faire de la France une «start-up République»?…

Mots-clés :