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Ces expériences de jobs étudiants qui ont (souvent) laissé des traces

Animateur, plongeur, gardien… Ces expériences de jobs étudiants qui ont (souvent) laissé des traces

Votre vie, votre avisOn a demandé à nos lecteurs de nous raconter leurs pires expériences d’été. Au programme : sueur, stress et journées interminables
Youssef Zein

Youssef Zein

Pendant que certains se dorent la pilule, d’autres ne vont pas laisser leur alarme réveil prendre la poussière. Que ce soit pour financer leur parcours post-bac ou mettre un peu de côté, de nombreux étudiants renoncent aux vacances d’été et enfilent le bleu de travail.

Mais entre les promesses (ou non) de « petit job sympa » et la réalité du terrain, il y a parfois un fossé. Les secteurs qui recrutent des jeunes sont rarement les plus faciles. De la restauration à l’animation, en passant par la manutention ou l’aide à la personne, ces jobs ne sont pas des parties de plaisir. Une chose est sûre : ces boulots laissent en tête des souvenirs tenaces… Voire des cicatrices.

On vous a demandé de faire part de ces pires expériences pros. Vos réponses ont beaucoup en commun : du stress, de l’ennui et des gestes répétés.

Le travail à la chaîne

La répétitivité est revenue un certain nombre de fois dans vos témoignages. Faire le même geste en boucle ne vous a pas laissé indifférents. Xavier se souvient d’interminables réparations de clés : « J’ai passé des jours entiers à rectifier des milliers de clés de voiture avec une machine emporte-pièce à air comprimé. C’était répétitif, bruyant, et je ne voyais jamais le bout du travail. »

Parfois, la répétitivité du geste a tourné au traumatisme musculaire, comme nous le raconte Grégory : « Pour une mission intérim, je me suis retrouvé à coller un autocollant sur des éthylotests, huit heures par jour, debout, sans interruption. Trente ans plus tard, je ressens encore le geste dans mes mains. »

Si certains ont pu être marqués à vie par des gestes répétés des milliers de fois, d’autres font part d’un ennui. Lilian, gardien en déchetterie, n’a plus senti les heures passer : « Sans smartphone, en plein soleil, sans visiteurs et sans aucune distraction. » Pour couronner le tout, l’odeur de compost qui fermentait sous la chaleur n’arrangeait rien : « J’avais l’impression que le temps s’étirait à l’infini », poursuit-il.

Un management de fer

Qui dit première expérience, dit premier contact avec la hiérarchie professionnelle. Entre supérieurs et jeunes pousses, le courant ne passe pas forcément. Grégory l’a appris à ses dépens, lors de son petit détour par la case restauration.

Il pensait faire la plonge avec ses potes : ils ont vite déchanté, coincés dans un enfer en cuisine. « J’ai bossé dans le resto des parents d’un ami. Le père était tyrannique, il criait pour un rien. L’ambiance était invivable. On a fini par fuir au bout de quelques jours », se rappelle-t-il.

Un contact humain perturbant

Certains jobs d’été mettent le contact humain au premier plan, pas toujours de la manière douce. Jean, embauché comme aide-soignant dans une maison de retraite, n’a pas fait long feu : « J’ai vu entre 20 et 30 corps nus, des personnes âgées entre 80 et 90 ans… Il fallait les laver, leur nettoyer les fesses. C’était tellement éprouvant qu’on a démissionné au bout de deux semaines. »

L’animation est un des secteurs qui donne le plus de travail aux jeunes. Elle permet de rencontrer de nouveaux publics, parfois très inattendus. Détenteurs du BAFA (brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur en accueils collectifs de mineurs) ou non, de nombreux étudiants occupent leurs vacances à animer des colonies de vacances et autres centres aérés. Alain a pu s’en rendre compte, à ses 17 ans : « En 1977, j’étais animateur dans un centre où l’on gardait des jeunes enfants vietnamiens, réfugiés après la guerre. Dès qu’un avion passait, ils fuyaient vers la forêt, terrifiés. Il fallait souvent les chercher, les rassurer… Ce n’était vraiment pas simple. »

Ces jobs, rarement choisis, sont souvent formateurs. Une parenthèse entre deux années d’études, qu’on n’oublie pas de sitôt… Pour le meilleur comme pour le pire.