Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de page
Mieux que le CDI, allons-nous tous devenir des « salariés diversifiés » ?

Mieux que le CDI, allons-nous tous devenir des « salariés diversifiés » ?

ma petite entrepriseDans « Salarié diversifié : la méthode pour entreprendre sans démissionner », Flavie Prévot défend un modèle entre vie d’entreprise et entrepreneuriat.
Youssef Zein

Propos recueillis par Youssef Zein

L'essentiel

  • Dans son livre « Salarié diversifié : la méthode pour entreprendre sans démissionner », l’auteure encourage les salariés à développer une activité entrepreneuriale parallèle à leur emploi.
  • L’auteure souligne l’importance de la gestion du temps et de l’organisation pour mener de front un emploi salarié et une activité entrepreneuriale, tout en maintenant un équilibre vie professionnelle-vie personnelle.
  • Flavie Prévot conseille de commencer avec un investissement minimal, en utilisant des outils et plateformes gratuits.

Lancer son business tout en étant dans la sécurité de son emploi, tel est le pari que défend Flavie Prévot. Dans son livre Salarié diversifié : la méthode pour entreprendre sans démissionner sorti en février dernier, la créatrice de Le Board – un podcast dédié aux solopreneurs et free-lances –, donne des conseils pour les salariés qui souhaiteraient explorer de nouveaux horizons, sans pour autant toucher à leur sécurité professionnelle. A raison d’une routine entretenue et de d’un investissement quotidien, c’est pour elle le moyen de faire face aux crises et de garder des appuis solides.

Des milliers d'offres d'emploi en un clic

Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire votre méthode ?

Je me suis rendu compte qu’il y avait une fausse conception de l’entrepreneuriat dans mon entourage proche. On imagine souvent que pour entreprendre, il faut avoir une idée de génie, créer une start-up et plaquer tout le reste. Cette vision est intimidante et décourageante. Or, il existe d’autres formes d’entrepreneuriat, plus accessibles et progressives, que l’on peut mener en parallèle de son activité salariée.

A ce propos, vous employez le terme de « salarié diversifié ». Pouvez-vous nous en dire plus ? Est-ce que ce mode de travail est compatible avec l’équilibre vie pro-vie perso tant désiré aujourd’hui ?

Le « salarié diversifié » est une personne qui mène de front son travail salarié et une activité entrepreneuriale à côté. L’équilibre vie pro-vie perso est essentiel, mais je crois qu’il est tout à fait compatible avec cette approche. Quand on fait une activité qui nous passionne, on ne voit pas le temps passer. Il s’agit avant tout de trouver une activité qu’on aime, qui nous passionne, et d’y consacrer du temps de manière organisée. Cela peut se traduire par le lancement d’un podcast, d’une chaîne YouTube, ou du conseil.

La newsletter est un modèle de « side-business » qui revient à plusieurs reprises dans le livre. Aujourd’hui, quels sont les plus pertinents ?

Les modèles basés sur la création de contenu médias, comme les podcasts, les vidéos ou les newsletters sont toujours très efficaces. Ils permettent de partager son expertise et de se construire une audience. Le conseil est également une option intéressante, si vous êtes un professionnel reconnu dans votre domaine et que vous avez des compétences spécifiques à offrir. Soit via des conférences ou des écoles, soit en freelance. Aujourd’hui, il ne faut pas hésiter à solliciter l’intelligence artificielle pour trouver des idées. L’IA est une véritable révolution pour les entrepreneurs. Elle peut nous aider à gagner du temps, à automatiser certaines tâches, à générer des idées…

Le livre parle des bénéfices que peuvent avoir les activités diversifiées du salarié sur son travail en entreprise. Comment rassurer un employeur qui serait perplexe à l’idée de voir un employé s’investir dans un projet indépendant ?

C’est un sujet délicat. Certains employeurs peuvent craindre que les projets parallèles empiètent sur le travail principal. Mais je pense que c’est une vision uniquement portée sur le court terme. Un salarié qui développe ses compétences et ses passions à côté de son travail sera plus épanoui, plus performant et finalement plus fidèle à l’entreprise. L’entreprise devrait y voir un avantage. Si vous craignez des réticences, vous pouvez présenter votre projet comme un simple loisir, au moins au début. D’ailleurs, rien ne vous force à en parler dans un premier temps.

Vous parlez de l’importance de la gestion du temps. Comment jongler entre travail, projets et vie personnelle ?

Il faut commencer petit, tester, apprendre et ne pas avoir peur d’échouer. C’est un défi constant et je pense que c’est important de ne pas perdre de vue pourquoi on fait ça… Mais avec de l’organisation, c’est tout à fait envisageable de garder son équilibre. Il est nécessaire de savoir bien gérer son temps et arrêter d’attendre la dernière minute. A ce niveau-là, l’IA permet d’automatiser de nombreuses tâches. Enfin, il ne faut absolument pas oublier de garder du temps pour soi ! C’est impératif.

Comment savoir si l’on fait bonne route et qu’il faut persister, ou au contraire lâcher prise ?

Je recommande de se consacrer à son business au moins une heure par jour, pendant un mois. Histoire de tester son idée. Si passé un mois, vous n’arrivez pas à maintenir cette régularité, il sera difficile de persévérer sur le long terme.

Faut-il avoir des fonds pour lancer son activité ? Quels sont les investissements à absolument éviter ?

L’investissement minimal peut être nul, de nombreux outils et plateformes sont gratuits. Les coûts surviennent généralement lorsque vous commencez à réaliser des ventes. C’est pour cette raison que je déconseille fortement d’investir des sommes importantes, comme 10.000 euros, dans des sites Web ou d’autres infrastructures coûteuses au début. Il est préférable de commencer par des solutions gratuites et de tester le marché.