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Pourquoi vous devriez (vraiment) fayoter auprès de vos ex-collègues

Pourquoi vous devriez (vraiment) fayoter auprès de vos ex-collègues

on s'ajoute sur linkedin ?Les « soft skills » gagnent du terrain, jusqu’à devenir des qualités essentielles pour vos embauches
Youssef Zein

Youssef Zein

L'essentiel

  • KANNY est une start-up qui permet d’ajouter à son CV des recommandations d’anciens collègues anonymes, dans le but de mettre en avant ses soft skills.
  • Le réseau d’anciens collègues est précieux pour rester en contact et avoir accès à des opportunités, car le marché du travail est de plus en plus focalisé sur les compétences relationnelles et émotionnelles.
  • La crise du coronavirus, en isolant les gens, a renforcé chez les recruteurs cette recherche de lien social et de profils avec de l’intelligence émotionnelle.

En entreprise, « bien faire son travail » ne suffit pas. Plus que jamais, le savoir être est au centre de l’équation. Kanny, une start-up fraîchement fondée aux Etats-Unis, illustre bien ce phénomène. Elle permet de joindre à son CV des recommandations d’anciens collaborateurs, anonymisés et sélectionnés sur son réseau LinkedIn. Sur le principe, c’est une sorte de « lettre de recommandation horizontale ».

L’objectif ? Mettre l'accent sur ses soft skills, devenus précieux aux yeux des employeurs. En mai dernier, nous vous expliquions que les IA n’étaient pas près de nous remplacer au boulot, tant elles en sont dépourvues. Par cette notion désormais omniprésente, il faut comprendre toutes les compétences liées à « l’intelligence émotionnelle » : l’esprit d’équipe, l’autonomie, l’écoute active, la communication orale…

« Les compétences relationnelles seront de plus en plus au centre de l’évolution des carrières individuelles », annonce Aneesh Raman, cadre de LinkedIn. D’aucuns diraient que ces « compétences douces » ont pris le pas sur la qualité du travail fourni. Et dans ce monde du travail focalisé sur l’humain, vos ex-collègues sont de précieux alliés.

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La magie du réseau

Reid Hoffman, cofondateur de LinkedIn, écrivait dans son livre The Alliance : Managing Talent in the Networked Age que le réseau d’anciens collègues « constitue l’étape logique permettant de maintenir une relation de confiance, d’investissement et d’avantages mutuels à une époque où l’emploi à vie n’est plus la norme. »

William Desplanques, directeur du développement RH au sein du cabinet de conseil Anthea, note cette tendance et invite d’abord à ne pas se forcer la main et à « rester en priorité en contact avec les collègues avec qui l'on s'entend bien, que ce soit via LinkedIn ou en gardant les numéros de téléphone. Ce réseau peut donner accès à des opportunités professionnelles. » La bénédiction et les bons mots de vos anciens collègues peuvent faciliter grandement votre recherche d'emploi.

« Aujourd’hui, le potentiel du candidat s’exprime majoritairement par ses soft skills », constate Guillaume Colein, cofondateur et directeur du cabinet de recrutement Victoire. Pour les mettre en avant, il ne faut pas seulement compter sur vos anciens collègues ou de jolis mots sur votre CV : « J’invite les candidats à donner les coordonnées de leur ancien supérieur hiérarchique pour qu’il soit joint par le recruteur. A l’oral, on a un sentiment bien plus sincère qu’avec une lettre de recommandation », poursuit Guillaume Colein.

Un besoin de fidéliser et de créer du lien

A bien des égards, la crise du coronavirus a bousculé nos habitudes professionnelles. Pour William Desplanques, le confinement a été un déclencheur de cette chasse aux compétences douces : « Cet isolement contraint, suivi par l’avènement du télétravail, pousse les entreprises à recréer du lien social et à chercher des profils qui ont de l’intelligence émotionnelle. »

Guillaume Colein observe que le besoin de fidéliser des collaborateurs plus volatils qu’autrefois est à prendre en compte : « Depuis au moins trois ans, de nombreux secteurs sont en tension. Côté employeur, ces soft skills s’imposent pour faire la différence. » La création de Kanny est d'ailleurs une réponse à cette nécessité : « Tout est parti de ma frustration face au manque d’informations fiables sur l’indicateur le plus important de la réussite d’un candidat et de sa bonne intégration au sein d’une entreprise : son caractère », observe Sean Vassilaros, son cofondateur. Autant dire qu’il vaut mieux réfléchir deux fois avant de poser un lapin à ses collègues pendant la pause déj