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Comment écrire une bonne lettre de motivation à l’IA (sans se faire choper)

Comment écrire une bonne lettre de motivation à l’IA (sans se faire choper) ?

candidature assistéeL’IA devient un instrument incontournable dans la rédaction de lettres de motivation, ce qui n’est pas au goût de tous les recruteurs
Youssef Zein

Youssef Zein

L'essentiel

  • LinkedIn annonce l’arrivée de son service permettant de rédiger des lettres de motivation avec l’aide de l’intelligence artificielle.
  • Même générées par IA, il est important de bien relire les lettres de motivation pour éviter les contresens ou un ton inadapté car les recruteurs les voient d’un mauvais œil.
  • Si le recours à l’IA est découvert par le recruteur, mieux vaut l’assumer plutôt que se cacher.

Les flemmards peuvent continuer à « flemmer » en paix : LinkedIn vient de lancer une intelligence artificielle pour générer des lettres de motivation à partir de son profil. Pour l’instant, l’IA est uniquement disponible en anglais, mais elle ne devrait pas tarder à manier la langue de Molière. Une nouveauté qui fait suite à l’étude du réseau social parue en janvier 2024, dans laquelle on apprenait qu’un Français sur deux (47 %) trouvait la recherche d’emploi décourageante. Depuis le lancement de ChatGPT en novembre 2022, beaucoup de petits malins ont vu dans l’IA une aubaine pour déléguer les tâches rébarbatives : résumés de documents fastidieux, recherche d’information mais aussi la rédaction de lettres de motivation.

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Un gain de temps considérable, pour les étudiants Parcoursup comme les actifs en recherche d’emploi. Mais qui n’est décidément pas au goût de tous : selon un article de Slate paru en avril, cette utilisation a tendance à agacer les RH. « Le risque principal est de voir sa candidature écartée, car les recruteurs sont de plus en plus sensibles à la question de l’IA et à son recours massif dans les lettres de motivation », pouvait-on lire. Il faut donc redoubler de vigilance pour passer entre les mailles du filet. Car aussi utile et impressionnante soit-elle, l’IA n’a pas encore la plume de Proust. Pour ne pas s’attirer les foudres d’un RH à l’affût, quelques ajustements s’imposent.

Maîtrise de la langue imposée

Désolé, il n’existe pas de « prompt » (NDR : les instructions que vous commandez à l’IA) magique, qui va vous sortir la lettre de motivation qui tue en quelques secondes. Konexio, une société d’aide à l’insertion sociale & professionnelle via le numérique, forme à la rédaction de lettres de motivation par IA. Antoine Blanc, chargé de mission suivi et impact dans l’organisme, est convaincu que la maîtrise du français, suivie de quelques retouches, sont essentielles : « Par défaut, le style de l’IA est identifiable entre mille. Soit les lettres de motivation sont trop joviales, soit elles sont trop pompeuses. » Une bonne relecture va donc de soi, pour ne pas rendre une déclaration d’amour incohérente au service RH de l’entreprise que vous visez.

On a d’ailleurs demandé à GPT d’écrire une lettre de motivation, puis de la relire avec des yeux de RH intransigeant. Le résultat est sans appel : De son propre aveu, l’IA reconnaît que la lettre est « redondante », « superficielle », « sans personnalité » et que le langage employé est « démodé ». Le bot poursuit en proposant une version retravaillée, les défauts susmentionnés en moins. Parfois, il vaut mieux persévérer.

Jouer franc-jeu

L’autre priorité est à la sincérité : « Il faut produire quelque chose qui vous ressemble », affirme Antoine Blanc. « En relisant, vous devez vous assurer que vous serez capable d’assumer et de défendre chacun des points de la lettre. » Mais si vous avez suivi le podcast Postule de 20 Minutes, vous le savez sûrement déjà.

Sa recommandation de transparence ne s’arrête pas là. Si malgré tout, vous vous faites griller, le représentant de Konexio est d’avis qu’il ne faut pas « se cacher » et assumer ce coup de pouce numérique. Car tous les recruteurs n’ont pas fait de l’IA leur némésis. D’après LinkedIn France, « l’IA leur permet aujourd’hui de faire moins de tâches fastidieuses et de passer plus de temps en entretien. » Fais ce que je dis, mais pas ce que je fais ?