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Garagiste, un métier qui paye, mais en panne de candidats
emploi•Malgré un fort besoin, les garages ont bien des peines à recruter des jeunesYoussef Zein
L'essentiel
- La profession de garagiste souffre d’une pénurie de main-d’œuvre, avec 21.000 postes à pourvoir actuellement en France.
- Pourtant, les conditions financières sont avantageuses pour les jeunes diplômés, avec des salaires de départ entre 1.800 et 2.300 euros nets après un CAP.
- Ce manque de popularité du métier, lié à l’image de la profession, touche l’ensemble des métiers manuels.
Ça ne bouchonne pas pour poser un CV au garage. 21.000 postes de garagistes sont à pourvoir en France, selon le dernier décompte de l’Association nationale pour la formation automobile. Rien de nouveau sous le soleil : en 2022, un document de Pôle emploi (aujourd’hui France Travail) indiquait que le métier de mécanicien était dans le top 10 des professions où les difficultés de recrutement étaient les plus élevées. Une situation qui ne va pas sans poser problème chez les automobilistes. En France, aujourd’hui, il faudrait compter en moyenne une quinzaine de jours pour obtenir un rendez-vous chez le garagiste, d’après un article RMC de mars dernier.
Si Les jeunes ne sont pas franchement désireux de mettre les mains dans le cambouis, ce n'est pas à cause du salaire. Plutôt bien lottie, la rémunération en en sortie de CAP va de 1.800 à 2.300 euros nets. Des montants bien plus hauts que les paies des métiers à un niveau d’études égal, au SMIC ou proches de celui-ci.
La mauvaise réputation des garages
Mais quoi alors ? En creusant un peu, ce manque d’attractivité peut s’expliquer par la mauvaise image de la profession et sa politique de prix jugée trop opaque. C’est précisément pourquoi des structures comme la plateforme en ligne Fixter voient le jour. Son objectif ? Organiser entièrement en ligne la maintenance de sa voiture auprès des meilleurs garages des environs/alentours. De la récupération de la voiture à sa livraison après réparation. Son cofondateur, Frédéric Dermer, confirme que cette pénurie de bras vient d'abord d'un souci d’image : « Le métier est très méconnu et souffre d’une mauvaise réputation. D’après un sondage (NDR : Speedy/CSA, 2017), 43 % des Français ont peur de se faire arnaquer en allant chez le garagiste. La filière gagnerait en popularité à se montrer plus transparente sur ses grilles tarifaires, par exemple. » A l’heure de la démocratisation des véhicules électriques, la nécessité de toujours plus se former peut repousser des aspirants mécaniciens : « Aujourd’hui, les garagistes ont un niveau de technicité bien supérieur à autrefois. Ils ont l'obligation d'obtenir des certificats sur les risques d’électrocution ».
Mais cette panne du réservoir à jeunes s’inscrit dans un déficit plus global d’attractivité des métiers manuels. Chose que pointait déjà dans nos lignes Fabrice Attelann, Responsable des formations Opérations et du CFA technique Fnac Darty : « De plus en plus de jeunes privilégient les filières longues plutôt que celles professionnalisantes. Ils tiennent à leur équilibre entre la vie professionnelle et personnelle, et la réparation implique de se réveiller très tôt. » L’argent a beau être le nerf de la guerre, il reste certainement d’autres réglages à peaufiner pour inciter les jeunes à monter à bord.


















