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COCORICOLe Coq Sportif se rêve en phénix du Made in France

Le Coq sportif : Le retour gagnant d’une marque Made in France

COCORICOMarque de sport emblématique, l’équipementier fondé en 1882 a perdu de ses couleurs au fil des années et attend beaucoup des Jeux de Paris 2024 pour se relancer
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Les Jeux olympiques représentent une formidable opportunité pour l'équipementier officiel de la délégation française.
Les Jeux olympiques représentent une formidable opportunité pour l'équipementier officiel de la délégation française. - Revelli Beaumont / Sipa / Sipa
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Le Coq sportif équipera les athlètes français aux Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024. Depuis mars 2020, Paris 2024 a décidé de travailler main dans la main avec la célèbre marque tricolore, qui a remporté un appel d’offres parmi quinze autres sociétés, dont Lacoste. « Ce partenariat récompense l’expertise et le savoir-faire technique de l’équipementier, partenaire historique du sport français depuis plus de cent ans », avait déclaré, à l’époque, le comité dans un communiqué. L’entreprise auboise doit ainsi livrer 1,5 million de pièces (incluant les dotations et les pièces commercialisées) aux athlètes français et à leur staff technique pour leurs tenues de représentation – portées sur les

podiums, lors des cérémonies ou des visites officielles –, d’entraînement, et de compétition de plus de 60 disciplines olympiques et paralympiques (judo, skateboard,

gymnastique, para-athlétisme, rugby-fauteuil, etc.). « Quelle cohérence et quelle joie pour la marque auboise, équipementière depuis toujours du sport français », a réagi la

marque au gallinacé.

Retrouvailles

Une décision qui signe les retrouvailles du Coq sportif avec les Jeux, puisqu’il a accompagné sans interruption et tous sports confondus des champions tricolores pendant pas moins de six décennies – de 1912 à 1972. Ces dernières années, le Coq avait le football (les maillots de l’AS Saint-Étienne ou de la Fiorentina), le vélo (les maillots jaunes, verts et à pois pour le Tour de France), le judo et même le rugby : la firme auboise était « l’habilleuse » des joueurs du XV de France lors de la Coupe du monde, du 8 au 28 octobre. Après une conjoncture difficile, notamment en raison d’un effondrement de ses ventes, conséquence de la pandémie de Covid-19 et de l’inflation, la marque textile bleu-blanc-rouge attend beaucoup des Jeux de Paris 2024 pour se relancer.

Difficultés

Dans un article paru le 7 juillet, le quotidien L’Équipe expliquait que Le Coq sportif « aurait du mal à honorer ses engagements » à quelques mois de la compétition : « Nombre de fédérations ne valident pas les prototypes proposés par l’équipementier, ce qui compromet encore un peu plus les délais de fabrication, même si les quantités de tenues à fabriquer ne sont pas toujours forcément énormes. » La société n’aurait par ailleurs pas non plus honoré tous ses paiements au Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques (Cojo). Contacté par People at Work, le Coq sportif assure au contraire qu’il « n’aura aucun problème à honorer ses engagements » : « Aujourd’hui ce sont plus de 85 % de produits validés (matières et “ft”) sur les 1.110 modèles à développer. 120 testings pour les soixante disciplines concernées. » Sur la question du dépôt de bilan auquel la marque aurait « échappé discrètement », selon un article de L’Informé daté du 4 septembre, la marque française reconnaît certes qu’elle a « subi les répercussions de la crise du Covid-19 et de la guerre en Ukraine ». Mais elle a également augmenté de 70 % le nombre de ses employés au cours des cinq dernières années, qui s’élève actuellement à 172 personnes, tient-elle à souligner.

Relocalisation, extension, production

Le Coq sportif s’est d’ailleurs appuyé sur sa désignation comme équipementier des athlètes français pour accélérer sa relocalisation en France. Le 23 juin dernier, la marque inaugurait ainsi l’extension de son siège historique à Romilly-sur-Seine, dans le département de l’Aube, où elle rapatrie la plupart de ses activités depuis treize ans. Pour un montant de 13,5 millions d’euros, ce bâtiment éco-conçu de plus de 3.300 m2, en verre et en métal, lui permet ainsi de doubler sa surface de production et d’embaucher 30 personnes par an sur les deux prochaines années. Ces créations d’emploi se feront dans les domaines du textile, de la confection, du prototypage et du modélisme. Le coq gaulois mise également sur son centre de formation.

Made in France

Ces dernières années, le groupe familial mise sur un retour au Made in France en piochant la plupart de ses fournisseurs (tricotage, broderie, teinture, etc.) dans la filière textile locale, près de Romilly-sur-Seine. C’est dans cette petite commune de 15.000 habitants, à 50 km au nord de la préfecture auboise, que le Coq sportif a vu le jour, en 1882, de la volonté d’Émile Camuset, bonnetier de profession et passionné de sport, qui rêvait d’équiper tous les athlètes avec des produits de qualité. « Sans le savoir, il pose les fondations d’une marque qui deviendra mythique au fil des épopées sportives qu’elle accompagnera. Cent quarante ans plus tard, Le Coq sportif est connu et reconnu pour son savoir-faire en matière de vêtements, de chaussures et d’accessoires de sport », peut-on lire sur le site Internet du groupe. Dès les années 1930, la société devient le fournisseur officiel du football, du basket, du rugby et de l’athlétisme français. Elle devient une marque déposée en 1950, deux ans après la création du premier logo dessiné par Roland Camuset, le fils d’Émile. La marque a ainsi accompagné la naissance d’événements et d’entités sportifs majeurs (CIO en 1984, Jeux olympiques en 1986, Fédération française de rugby en 1903, premier Tour de France en 1903, etc.). C’est

également avec le coq sur le maillot que l’Italie s’est offert un troisième titre de championne du monde de football en 1982, ou que Yannick Noah a remporté Roland-Garros l’année suivante. Le Coq sportif est d’ailleurs surnommé « la marque des Tricolores » puisqu’elle a équipé les délégations françaises lors des premiers Jeux olympiques de Stockholm en 1912 et ce jusqu’en 1972, à Munich. La marque perd peu à peu de sa superbe dans les années 1980, après son rachat par Adidas et lors de la fermeture de son site historique à Romilly-sur-Seine en 1988. Le gallinacé a alors quasiment déserté les stades au profit des boutiques tendances. Mais le Coq reprend très vite du poil de la bête lorsqu’il est racheté en 2005 par un fonds d’investissement.

suisse, Airesis, à hauteur de 70 %. Le marché mondial de la chaussure et des vêtements de sport est alors en pleine croissance. Le groupe mise sur une stratégie inédite pour se développer : nouveaux ambassadeurs tricolores (Yannick Noah, Jean-Pierre Rives, Sébastien Loeb ou Frédéric Michalak), nouvelle communication, retour à Romilly-sur-Seine après vingt ans d’exil, et développement du Made in France. Ces dernières années, la marque au gallinacé a décidé de s’engager davantage pour la réduction de son impact environnemental. Toutes les machines de couture de l’usine historique sont ainsi alimentées grâce à des panneaux solaires. Le groupe a également déclaré qu’il se passait désormais de toute substance plastique dans la conception de ses baskets. Il a lancé une nouvelle collection végétale de deux modèles – Gaia et Terra – avec des matériaux tels que des résidus de grains de café ou de raisins : « Notre mot d’ordre : aller vers une chaussure plus naturelle tout en réduisant la distance avec nos fournisseurs et usines de fabrication. »

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Cet article est réalisé par People At Work et hébergé par 20 Minutes.

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