C’est quoi « le sac analogique », ce nouveau it-bag que les cool girls s’arrachent pour… arrêter de scroller
déconnecté•Il est en tissu, ne ressemble pas à grand-chose, mais est pourtant considéré comme le it-bag de ce début d’année. Le « sac analogique » fait des émules, non pas pour son style inimitable, mais pour les pépites qu’il renfermeChristelle Pellissier
L'essentiel
- Le « sac analogique » est une trend lancée par la créatrice de contenu Sierra Campbell, qui propose de transporter dans un sac des activités manuelles pour se détourner de son smartphone.
- Cette idée a rencontré un grand succès sur les réseaux sociaux avec des centaines de milliers de vues, alors que 42 % des Français considèrent passer trop de temps devant leurs écrans.
- Selon David Sax, auteur du livre The Revenge of Analog, « nos téléphones ont tout ce dont nous pouvons rêver, nous avons donc besoin d’une alternative pour combler ce vide ».
Pas besoin d’être sur liste d’attente pour se procurer le it-bag de l’année 2026. Il n’est ni en cuir grainé, ni associé à une princesse monégasque ou britannique, et encore moins griffé d’une grande maison de luxe. A vrai dire, son esthétique n’a rien à voir avec sa popularité. Ce n’est pas le contenant mais le contenu qui séduit sur les réseaux sociaux, où il cumule déjà des centaines de milliers de vues. Et le comble, justement, c’est qu’il est destiné à lutter contre… le scroll intempestif et l’infobésité.
Il s’agit du « sac analogique » (« analog bag » en anglais), comme baptisé par Sierra Campbell, créatrice de contenu à l’origine de cette tendance. Qu’il prenne la forme d’un tote bag, d’un véritable sac à main, ou d’un sac de sport - peu importe son allure - ce it-bag d’un nouveau genre contient tout le nécessaire pour se détourner de son smartphone. « Voici ce que j’utilise pour rester loin de mon téléphone », lance la tiktokeuse dans une vidéo.
Un sac au contenu bien spécifique
Et de déballer le contenu dudit sac à main : des mots croisés, un pull à tricoter, un appareil photo instantané, une boîte d’aquarelles, un agenda… Bref, toutes sortes d’activités manuelles destinées à passer le temps dans un café ou les transports en commun, par exemple, dans lesquels le scroll intempestif est devenu la norme. « Une excellente façon de lutter contre la dépendance à la technologie et vous rendre votre vie », conclut la jeune femme.
Rien d’extraordinaire, diront certains. Si ce n’est que la vidéo a été vue et revue, partagée une multitude de fois, et qu’elle a clairement emporté l’adhésion du public - au moins des socionautes. « J’adore cette idée. La technologie est censée n’être qu’un outil, et elle doit rester à sa place », commente un abonné. « Oh ! Nous avons toujours ces activités pour nos enfants mais je n’ai jamais pensé à le faire pour moi-même », affirme une autre. Pour certains, les réflexes ont la vie dure : « Ok ! Mais comment j’apprends à faire toutes ces activités sans mon téléphone ? », peut-on lire.
Un hobby pour lâcher son téléphone
D’après le dernier baromètre du numérique*, 42 % des Français considèrent passer trop de temps devant leurs écrans pour un usage personnel, et un quart de la population affirme même y passer plus de 5 heures par jour. Autant de temps perdu, qui n’est pas consacré à des passe-temps plus créatifs ou constructifs, comme le regrette Sierra Campbell sur les nombreuses vidéos consacrées depuis aux « sacs analogiques ». Pas étonnant si l’on considère que le smartphone permet aujourd’hui de tout avoir à portée de main, sans se poser de questions.
« L’idée que l’on puisse tout simplement s’asseoir en position du lotus et entrer dans un état de béatitude méditative est totalement irréaliste pour la grande majorité d’entre nous », explique le journaliste David Sax, auteur du livre The Revenge of Analog : Real Things and Why They Matter, à The Guardian. Lequel prône l’idée de remplacer cette habitude par une autre, comme le fait Sierra Campbell avec ses « sacs analogiques ». « Nos téléphones ont tout ce dont nous pouvons rêver, nous avons donc besoin d’une alternative pour combler ce vide », ajoute-t-il.
La créatrice de contenu, comme nombre d’autres utilisateurs, partage désormais régulièrement des activités à fourrer dans son sac pour se détacher des technologies. A priori, un simple bouquin peut amplement se substituer au temps passé sur les écrans - pas besoin donc de scroller intempestivement sur son compte pour y découvrir de nouvelles activités.
*Le baromètre a été réalisé par le CREDOC, auprès d’un échantillon représentatif de 4.066 personnes de 12 ans et plus, interrogées par téléphone et en ligne.



















