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Dans la rue, sur nos vêtements et dans notre déco… Pourquoi le teckel est partout ?
Depuis des années, le teckel envahit les réseaux sociaux. Ce petit chien séduit de nombreux Français, mais aussi des créateurs de mode et de décorationFiona Bonassin
L'essentiel
- Le teckel connaît un succès fulgurant en 2025, devenant omniprésent dans la mode, la décoration et sur les réseaux sociaux, avec une hausse des inscriptions au registre LOF de 4.654 en 2023 à 5.065 en 2024.
- Cette popularité croissante se manifeste dans les rues avec des événements comme la Paris Sausage Walk qui rassemble désormais plus de 2.000 chiens.
- Le succès du teckel s’explique par son esthétisme ludique qui correspond au souhait des marques de privilégier les formes organiques en réaction à l’hyper-minimalisme.
Alerte mignonnerie maximale : en 2025, le teckel, cette saucisse sur pattes aux yeux de velours, s’incruste partout, comme un invité surprise qui refuse de partir. Sur les podiums, il inspire des sacs Alaïa en forme de chien, dans nos dressings, il se glisse sur les barrettes de Coucou Suzette et à la maison, il trône en bougie ou en néon. Exit le labrador banal, place au dachshund star qui fait fondre toutes les générations.
Une invasion canine qui ne date pas d’hier. Dès les années 1930, il posait chez Picasso en muse poilue, et Andy Warhol en faisait son chouchou dans les années 1960. Aujourd’hui, il y a aussi le poids des réseaux sociaux. Ils permettent de donner une visibilité folle à ce chien joueur à l’esthétisme rêvé pour tous les créateurs.
Tendance sur les réseaux et dans les rues
Dans les rues françaises, le teckel est de partout. Dans le neuvième arrondissement parisien, Justine balade Hector plusieurs fois par jour, « il demande beaucoup d’attention et de promenade, explique la jeune femme de 35 ans, je l’ai adopté il y a huit ans, bien avant que les réseaux sociaux en fassent une icône de mode. » Hanaé a adopté Winnie il y a quelques mois, la jeune Lyonnaise avoue que son algorithme TikTok a joué dans son choix, « je voulais adopter un chien depuis plusieurs années, et je voyais beaucoup de teckels dans les vidéos qui m’étaient proposées. J’ai donc pris des renseignements sur la race et les élevages et j’ai sauté le pas ». A l’image de Justine et Hanaé, Iris Mittenaere et Charles Leclerc ont eux aussi succombé à cette race. Signe de ce succès depuis deux ans, 4.654 chiens de cette race populaire étaient inscrits au registre LOF (Le Livre des origines français) en 2023 contre 5.065 en 2024.
Sa popularité croissante, notamment sur les réseaux sociaux ou dans le milieu de la mode se retrouve dans la rue avec des évènements comme la Paris Sausage Walk. Virginie Sido, maman de deux teckels et de l’évènement rêvait « de faire une balade dans un endroit joli dans Paris avec tous ces chiens. En 2018 pour la première, il y avait 137 teckels avec leurs maîtres. Dès le départ, cette marche, je voulais qu’elle ait un sens. Et donc, j’avais besoin de faire connaître l’association des Teckels sans doux foyer. L’évènement est donc solidaire et caritatif, et ça, j’y tiens énormément. » Pour cette édition, Virginie Sido s’attend à rencontrer plus de 2.000 chiens saucisses. Mais le côté tendance de son chien fétiche la dérange un peu, « les jeunes gens qui veulent adopter des petits teckels, je leur dis, ''réfléchissez bien, est-ce que vous êtes prêts à l’assumer ? Son bien-être, le fait qu’il ne soit pas seul, qu’on ne le laisse pas toute la journée à la maison ?'' Il faut aussi assumer d’un point de vue financer parce qu’il peut y avoir des soins et des opérations » rappelle l’amoureuse des animaux. L’adoption d’un chien quelle que soit sa race doit être très réfléchie et ne pas devenir une impulsion dictée par la mode.
Dans la mode et la déco un seul mot d’ordre : S’AMUSER
Toutefois, l’organisatrice de l’évènement comprend que les teckels plaisent, « c’est un chien très repérable, avec un fort caractère et aussi il existe beaucoup de variétés avec cette race du coup tout le monde à son petit préféré ». Outre son omniprésence dans la rue, l’esthétisme du teckel se retrouve dans la mode et la déco. On le retrouve sur les vitrines des concept-stores, imprimé sur des sacs, brodé sur des pulls, transformé en doudou ou en vase. En quelques années, ce petit chien allemand au corps allongé est devenu bien plus qu’un animal de compagnie poussé par le souhait des marques de privilégier les formes organiques et ludiques, en réaction à l’hyper-minimalisme des années précédentes. « Sur notre site nous avons à peu près 600 produits et la pince teckel. C’est le numéro 1 depuis plusieurs années. Je pense que la force, entre guillemets, de ce design-là, c’est qu’il reprend la couleur un peu de bases des pinces à l’ancienne, avec les écailles de tortue marron. Donc elle est un peu discrète et effectivement l’espèce de mode autour de ce chien nous a servi. » confie la créatrice de Coucou Suzette, Juliette Mallet.
Si le teckel séduit autant, c’est aussi parce qu’il incarne une certaine joie de vivre. Dans un contexte social et politique souvent anxiogène, il ramène un peu d’humour et de tendresse dans nos intérieurs comme sur nos vêtements. Sa silhouette maladroite, presque caricaturale, provoque le sourire. « Ce chien a quand même un côté un peu rigolo par rapport aux autres chiens. Le fait qu’il soit long, ça le rend particulier et puis marrant à dessiner. C’est graphique. Nous, on l’a décliné sur une règle hyper longue, un peigne, on a fait des petites barrettes, des parapluies, on a fait aussi une carafe teckel qu’on a sortie l’an dernier. La vidéo sur Instagram qui montre ce produit, ça a été une des vidéos les plus virales aussi de tous nos posts, ça a vraiment intéressé beaucoup de gens » se souvient la boss des pinces à cheveux.
Notre dossier AnimauxSur Google Trend, qui analyse les recherches des utilisateurs du moteur de recherche, toutes les demandes avec les mots « teckels » et « dachshund » connaissent une hausse qualifiée de « record ». Derrière l’effet de mode, le succès du teckel peut dire quelque chose de notre rapport à la différence et à la douceur. À une époque où l’on célèbre les singularités, ce petit chien longiligne loin des gros toutous, est devenu un emblème rassurant.



















