Les « hommes rongeurs » vont-ils révolutionner les canons de la masculinité ?
beauté•Les « Hot rodent boyfriends » c’est un physique svelte, des traits du visage anguleux et un charme atypique propulsé par le cinéma, la mode et la pop culture cette annéeLéa Zacsongo-Joseph
L'essentiel
- La tendance « Hot rodent boyfriend », incarnée notamment par Mike Faist, Timothée Chalamet et Josh O’Connor, a permis d’établir un nouvel idéal de beauté masculine.
- Plus qu’un simple physique, les « Hot rodent boyfriends » représentent une nouvelle définition de la masculinité influencée par le regard féminin.
- Le cinéma, la mode et les réseaux sociaux ont largement contribué au succès de cette tendance. Certains acteurs « rongeurs » l’ont même embrassée avec humour, en référence aux personnages de dessin animé tels que Stuart Little, Souris City ou Ratatouille.
Avez-vous déjà entendu parler du « Hot rodent boyfriend » ? Aussi connu sous le nom de « Petit ami rongeur sexy », ce type d’homme est en train de conquérir le cœur de tous. Pourquoi ? Parce que des stars comme Mike Faist, Timothée Chalamet, Jeremy Allen White et Josh O’Connor incarnent ce style malgré eux avec leur charme atypique, qui rappellerait celui d’un rongeur.
« Ils ne correspondent pas aux critères de beauté traditionnels, mais ont quelque chose de bizarrement séduisant. Ils sont moins musclés, mais plus beaux, avec des traits anguleux et intrigants », explique Cécile Poignant, experte en tendances socioculturelles. Et contrairement aux apparences, ce phénomène va bien au-delà du physique et ouvre la voie à une nouvelle forme de masculinité.
D’où vient cette tendance ?
L’expression « Hot rodent boyfriend » a vu le jour en avril dernier et a rapidement été adoptée pour définir le nouvel idéal masculin de la pop culture. « Cela a été déclenché par le film Challengers avec Josh O’Connor et Mike Faist. » Le succès de ce film de tennis, qui met en scène un triangle amoureux entre deux hommes et une femme, a propulsé les deux acteurs au rang de sex-symbols grâce à leurs rôles sexy et à l’aspect très mode du film, stylisé en grande partie par la maison de luxe Loewe.
Avec leurs grandes oreilles et leurs nez proéminents, les internautes ont rapidement comparé les acteurs aux souris de Stuart Little, Souris City et Ratatouille, mais il ne s’agissait pas ici de se moquer, plutôt d’aduler. D’autres icônes du moment comme Timothée Chalamet ou Jeremy Allen White étaient ajoutées à la catégorie par leurs fans.
« Ces garçons sont populaires sur les réseaux sociaux, ils sont partout, mais ils sont aussi le visage de marques internationales très puissantes, ce qui aide à donner de la visibilité à cette tendance et à lui donner encore plus de poids », ajoute l’experte en évoquant Jeremy Allen White, égérie Calvin Klein, ou encore Josh O’Connor et Mike Faist, invités au Met Gala par Loewe un mois après le succès de leur film.
Tout comme la précédente tendance des « goldens retrievers boyfriends », qui incarnaient le petit ami bienveillant, cette nouvelle vague va au-delà du physique et incarne « une masculinité embrassant le côté féminin », selon Cécile Poignant.
Une nouvelle forme de masculinité
Car cette tendance s’est surtout « définie par un regard féminin », explique Cécile Poignant. Plus sensible et intelligent dans l’imaginaire commun, l’homme rongeur est « séduisant, spirituel, fragile, débraillé ». Il correspond à un idéal féminin de l’homme et à une masculinité saine.
« Depuis vingt ans, beaucoup de recherches ont été faites sur la nouvelle masculinité. On parle d’émotion, de remise en question. Les réseaux sociaux permettent de parler de sujets tabous, de sexualité plus complexe, comme dans le film Challengers avec son trio. Cela encourage un éloge de la vulnérabilité. La masculinité est redéfinie par rapport à la transformation du féminin. C’est une évolution perpétuelle », analyse la spécialiste en tendances socioculturelles.
« Timothée Chalamet, par exemple, a des silhouettes plus minces, moins puissantes, mais toujours séduisantes. Cela montre une masculinité embrassant le côté féminin, avec des gestes de tendresse, de vulnérabilité, de spiritualité, sans perdre leur identité masculine. » Ce contraste avec une masculinité toxique, souvent liée à une extrême virilité, redéfinit les traits de la masculinité idéale.
« L’équivalent féminin serait des femmes embrassant le masculin sans perdre leur féminité. C’est une vision plus complexe de la sexualité et des relations. Les deux genres évoluent ensemble. Cela donne aux hommes plus de liberté d’expression et de diversité dans les stéréotypes. C’est un passage vers une masculinité plus fluide et une esthétique extérieure différente de la norme », conclut la spécialiste.
Même si la tendance des « hommes rongeurs » peut sembler offensante au premier abord, elle a su faire rire les acteurs à l’origine du mouvement. Certains, comme Josh O’Connor, ont même partagé leur amour pour Rémy de Ratatouille, à qui ils sont comparés, alimentant davantage la tendance.


















