Bretagne : A la découverte des fonds marins à bord d’un sous-marin
20.000 LIEUX SOUS LES MERS•Dans le pays des Abers (Finistère), Guénolé Marquier propose de découvrir la richesse et la beauté de la vie sous-marine à bord d’une surprenante embarcationJérôme Gicquel
L'essentiel
- Dans le pays des Abers en Bretagne, une drôle d’embarcation propose aux visiteurs d’explorer les fonds marins comme le commandant Cousteau.
- Cette nouvelle activité à bord d’un semi sous-marin est déjà assez répandue dans les eaux de l’Adriatique et de la Méditerranée.
- « C’est un peu comme partir à la conquête de l’Espace à chaque fois », assure Guénolé Marquier, le capitaine du Spluj.
Il a des airs du Yellow Submarine chanté par les Beatles, sauf qu’il est rouge. Depuis quelques semaines, un drôle d’engin nautique se balade dans les eaux du Finistère, pas très loin de la base secrète de l’Ile-Longue, qui abrite les sous-marins nucléaires français. Bien plus petit et beaucoup moins puissant que ces monstres d’acier, il se prénomme Spluj, qui signifie « plongée » en breton. Car c’est bien une virée sous l’océan que propose ce semi sous-marin à la dizaine de visiteurs qui embarquent à bord.
Longue d’une dizaine de mètres, l’embarcation est un mélange entre un bateau et un submersible, puisque son pont reste à la surface tandis que le reste est immergé sous l’eau, avec de grandes baies vitrées pour profiter de la beauté des fonds marins. Toute nouvelle dans l’Atlantique et la Manche, cette activité nautique connaît déjà un grand succès dans les eaux plus chaudes de l’Adriatique et de la Méditerranée.
Au pied du phare de l’île Vierge, le plus haut d’Europe
Un peu trop d’ailleurs, car le surtourisme a sérieusement détruit les fonds marins, comme en Croatie. « Il ne faut pas s’attendre à voir des choses extraordinaires mais un banc de poissons assez classiques qui nous suivent car le conducteur les nourrit… », commente ainsi un internaute après sa décevante virée sous les mers au pays de Modric. « C’est un peu Disneyland sous l’eau chez eux avec des sirènes, des ruines romaines ou des coffres aux trésors disposés dans l’eau », sourit Guénolé Marquier.
Loin de ce folklore qui aurait fait bondir le commandant Cousteau, cet ancien développeur web et sauveteur en mer à ses heures propose une virée aquatique beaucoup plus authentique et sauvage en Bretagne. Avec comme décor la magnifique côte des Abers, entre l’archipel de Lilia et le phare de l’île Vierge, connu pour être le plus haut d’Europe. Un endroit dont ce passionné de pêche et de chasse sous-marine connaît presque le moindre caillou et qui se révèle un formidable terrain d’exploration à marée basse avec ses eaux calmes. « L’archipel est complètement abrité, donc ça fait un peu comme un lac », indique le capitaine.
Algues, homards et même hippocampes et phoques
Et si les fonds marins bretons ne sont pas la Grande Barrière de corail, la faune et la flore sont tout de même d’une richesse incroyable. « On plonge au cœur du plus grand champ d’algues d’Europe, avec des végétaux de toutes les couleurs et de plusieurs mètres de long, indique Guénolé Marquier. C’est aussi le royaume des homards, des tourteaux, du bar ou de la vieille, un poisson peu farouche ».
Les plus chanceux pourront également observer des hippocampes, une colonie de phoques ou des dauphins au large. « Il y a quelques jours, à la fin de la balade, on a également vu un thon rouge d’environ 200 kilos, c’était le clou du spectacle », assure le commandant du Spluj, qui préfère toutefois être franc avec ses passagers avant chaque excursion. « On n’est pas dans un aquarium mais sur du sauvage, donc on ne voit pas toujours tout à tous les coups », prévient-il.
Sur le ponton extérieur, le spectacle vaut également le coup d’œil avec les goémoniers, les ostréiculteurs et les éleveurs d’ormeaux qui s’affairent dans ce paradis au nord du Finistère. « Je n’aurais lancé cette activité dans aucun autre endroit », reconnaît ce natif du coin, qui s’apprête à connaître un été chargé avec « trois à quatre sorties » programmées par jour. « C’est un peu comme partir à la conquête de l’Espace à chaque fois, sauf que c’est juste là, en face de nous », s’émerveille-t-il, déjà prêt à retourner sous l’eau.


















