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Pourquoi le singe Punch rend fou les humains ?

Vidéos à gogo et zoo qui croule sous les visites… Pourquoi le singe Punch rend fou les humains ?

singeriesSur les réseaux sociaux, le petit singe Punch cristallise toute l’attention. Abandonné par sa maman, il se réconforte avec une peluche et fait craquer les Internautes du monde entier
Abandonné par sa mère, ce bébé singe ne quitte plus sa peluche
Fiona Bonassin

Fiona Bonassin

L'essentiel

  • Punch, un bébé macaque de sept mois abandonné par sa mère dans un zoo japonais, est devenu une star sur les réseaux sociaux. Le petit singe s’accroche constamment à une peluche Ikea que les soigneurs lui ont donnée pour compenser l’absence maternelle.
  • L’engouement massif pour Punch s’explique par notre empathie accrue envers les primates qui nous ressemblent.
  • L’histoire de Punch connaît une fin heureuse avec son acceptation progressive par le groupe de macaques, ce qui ravit les internautes et a doublé la fréquentation du zoo.

Il s’appelle Punch, il a tout juste sept mois mais il porte déjà sur ses petites épaules de singe une triste histoire. Abandonné à la naissance par sa mère, le macaque grandit seul dans le zoo d’Ichikawa, au Japon. Il doit alors s’intégrer au groupe de son espèce, sauf que les autres singes ne l’accueillent pas vraiment à bras ouverts. Pour qu’il ait la présence d’une maman et une personne à câliner, les soigneurs décident de lui donner une peluche Djungelskog, celle que l’on vend chez Ikea à 14,99 €.

C’est à partir de ce moment que le bébé macaque commence à faire fondre le cœur de tous les humains avec sa peluche qu’il ne lâche jamais. Depuis quelques jours, ce petit pensionnaire du zoo a littéralement pris d’assaut Internet. Des dizaines de millions de vues sur TikTok, des hashtags comme #HangInTherePunch qui tournent en boucle et des comptes sur X s’occupent de relayer les dernières informations sur son quotidien. Pendant que Punch s’accroche à sa peluche comme à une bouée, les réseaux sociaux explosent.

« Mettez un petit porcelet dans la même situation… Vous allez être beaucoup moins émus. »

« Il y a personne qui ne fait rien pour mon petit singe d’amour ? S’il vous plaît sortez-le de là-dedans. Si ça continue je vais poser un arrêt maladie pour Punch », c’est avec humour que la créatrice de contenu Nassaakz explique comment le quotidien du petit animal influe sur sa vie. La jeune femme n’est pas la seule à vouloir une vie plus belle pour le macaque. Sur TikTok, des centaines de vidéos montrent des jeunes gens en train de célébrer chaque nouvelle actualité sur sa vie quotidienne : une amitié naissante, une bagarre de gagnée ou ses premiers. « On est aussi des primates, donc on fait forcément un peu un amalgame avec ce singe. D’autant plus qu’on voit qu’il est particulièrement adorable et que ça attire chez nous des émotions très maternantes, un fort attendrissement » note la journaliste Yolaine de la Bigne, spécialiste des intelligences animales qui ajoute qu'« avec sa peluche, il nous fait penser à ce qu’on a été nous-mêmes, comme sont nos enfants ou nos neveux. On s’identifie donc complètement, encore plus que si c’était un chaton ou autre chose. Il a vraiment des attitudes de bébé. » Une identification mise en relief par les réseaux tels que X et TikTok, on nous offre un récit « émotionnel et immédiatement compréhensible par le plus grand nombre. À cela s’ajoute le rôle des réseaux sociaux et autres plateformes numériques. Les contenus qui suscitent des émotions fortes, notamment négatives comme la tristesse ou l'indignation, génèrent davantage de réactions et sont donc plus visibles. L’émotion devient un moteur de diffusion. » explique Marie Sutter, spécialisée dans les relations homme-animaux et diplômée en éthologie et en anthropozoologie.

Sur ces plateformes, certains vont même jusqu’à comparer Punch à leurs propres traumas d’enfance ou à leur solitude post-rupture. D’autres y voient une métaphore de 2026 : un monde où tout le monde se sent un peu rejeté, un peu à la marge, et cherche désespérément du réconfort tant l'actualité peut être tragique. Des ressentis exacerbés par le fait que les singes nous ressemblent, ce qui va créer un lien dans nos sentiments vis-à-vis de Punch comme l’observe également la spécialiste du monde animalier, « l’empathie chez les animaux et les animaux humains, elle est plus importante quand la ''victime'' nous ressemble. C’est pour ça qu’on va avoir tendance à être émus par ce petit animal parce qu’il nous ressemble. Par contre, vous mettez un petit porcelet dans la même situation, vous allez être beaucoup moins émus. » juge Yolaine de la Bigne. De son côté, Marie Sutter ne croit pas au principe de se reconnaître dans l'histoire de Punch, « En revanche, l'animal mobilise des thèmes universels : solitude, exclusion, besoin d’appartenance, recherche de protection... Nous sommes, comme les macaques, une espèce sociale. Chez nos espèces, l'intégration au groupe est essentielle/vitale et structure les apprentissages et la survie. »

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« C’est le bonheur comme un film Walt Disney »

Des semaines que l’on admire presque en direct le petit Punch vivre sa vie de singe solitaire. On applaudit quand il se fait des copains, on souffre quand des grands macaques lui font la misère. Mais on voit surtout que le primate va bien, qu’il arrive à vivre sans sa maman, après avoir galéré pendant des mois et que par extension le

monde animalier peut être positif loin des terribles chiffres sur les disparitions de nombreuses espèces, « Symboliquement, l'attachement de Punch à une peluche active chez nous une compréhension intuitive : on ne s’émeut pas seulement d’un animal “mignon”, mais d’un jeune primate isolé à la recherche de sécurité et de réassurance » s'émeut Marie Sutter. Aujourd'hui l'histoire a une fin heureuse, ce qui n’est pas sans rappeler les belles histoires de notre enfance, « J’ai vu que ça y est, il était accepté par le groupe. Donc en plus cette histoire se termine bien, c’est le bonheur comme un film Walt Disney » sourit la journaliste. L’emballement autour de Punch a attiré les hommes véreux que sont Andrew et Tristan Tate, deux influenceurs poursuivis pour des affaires de viol et de traite d’êtres humains. Pour faire encore plus d’argent, ils ont proposé d’acheter le singe pour 250.000 dollars. Une offre immédiatement rejetée par le zoo qui compte bien le garder.

Faut-il condamner le zoo qui profite de la situation pour ce faire un énorme coup de pub ? Les visites ont doublé le week-end dernier, avec des gens qui viennent spécialement pour voir « le petit singe à la peluche ». Yolaine de la Bigne tempère : « Je préfère que les gens aillent dans un zoo, parce qu’au moins, c’est prévu pour ça, on peut le protéger. Si ce petit était dans une forêt quelconque, les gens se seraient précipités et auraient saccagé toute la forêt, pour essayer de le retrouver. C’est souvent ce qu’il se passe » souffle l’experte. Mine de rien, dans ce février 2026 un peu gris, voir un petit singe câliner une peluche qui ressemble à sa maman, cela fait du bien au moral et c’est déjà ça de gagné.