Contre les douleurs, le stress et les insomnies, la cryothérapie ne laisse pas le corps de glace
Bien dans sa peau (3/3)•« 20 Minutes » a testé pour vous la cryothérapie, un séjour dans l’armoire à grand froid qui vous envoie à -130°C. Brrr !Gilles Durand
L'essentiel
- Après 50 ans, si on se réveille sans avoir mal nulle part, c’est qu’on est mort. Fort de cet adage rappelant que la santé est un bien précieux à surveiller, inutile d’attendre d’être quinquagénaire pour expérimenter, quand le budget le permet, certaines thérapies complémentaires associées au bien-être.
- Selon Jean-Philippe Wagner, médecin cancérologue spécialiste de la douleur, « il existe dans le monde environ 450 pratiques de santé considérées comme non conventionnelles en France ».
- Faute de temps, 20 Minutes n’en a testé que trois, des « thérapies énergétiques », basées sur la lumière, le son et le froid. Et juste après Noël, ça fait du bien.
Même pas froid. Dans notre tour des thérapies complémentaires qui font du bien, 20 Minutes a fait une halte dans l’armoire à frimas pour tester une température de -130°C. Vous avez bien lu ! On vous raconte l’expérience ultime durant laquelle on a quand même gardé nos chaussettes et notre slip et enfilé une paire de gants.
« La cryothérapie, ce n’est pas que pour les sportifs, ni uniquement pour faciliter la récupération », lance Raphaël Mannanteuil, gérant du centre de bien-être Esprit cryo, à Lille qui a ouvert en mai 2021. Il s’agit d’un des 400 centres de cryothérapies qui existent en France. Une activité en plein essor censée traiter le stress, les insomnies, les rhumatismes, les douleurs musculaires ou articulaires…
« Le ressenti n’a rien à voir avec le froid humide »
C’est une maladie qui a mené ce Nordiste de 52 ans vers cette thérapie. « En 2020, on m’a décelé une calcification cervicale et les médicaments ne parvenaient pas à atténuer suffisamment la douleur », raconte-t-il. Une chute de moto plus tard, un kiné lui propose une séance de cryothérapie. « Vingt minutes après la séance, je ne ressentais plus de douleur et les bienfaits ont duré deux semaines », poursuit-il.
De quoi s’intéresser de plus près à ce soin particulier qui a vu le jour dans les années 1970. « Dans les pays nordiques, soigner avec le froid est une tradition ancestrale », assure-t-il encore. Mais l’évolution, c’est de produire du froid sec à base d’azote. « Le ressenti n’a rien à voir avec le froid humide d’un bain glacé à 0°C par exemple, on est plutôt sur une brise fraîche », ajoute-t-il.
Alors que se passe-t-il quand notre corps reçoit cette variation de température qui n’a rien de naturel ? « Le cerveau se sent agressé par le choc thermique. Il se met en protection et demande au flux sanguin d’accélérer pour réchauffer le corps, indique Raphaël Mannanteuil. Le sang se charge en globules blancs et rouges. Musculairement parlant, on se sent mieux. Le phénomène crée des anti-inflammatoires naturels qui soulagent les douleurs. Et c’est bon pour la peau. »
Piétiner pour résister
Pour nous convaincre des bienfaits, le gérant évoque aussi « une personne de 89 ans souffrant d’arthrose qui vient régulièrement ». « C’est le Noooord ! », pourrait s’exclamer feu Michel Galabru, comme dans Bienvenue chez les ch’tis.
Mais la pratique n’est pas sans risque. Rien d’anodin à exposer son corps à des températures aussi basses. Et, même si elle n’est pas encadrée par les autorités de santé, le centre se doit de mettre en garde les clients sur certaines contre-indications (épilepsie, problèmes cardiovasculaires, tumeurs, grossesse, pacemaker, entre autres) et quelques éventuels effets secondaires (brûlures ou céphalées par exemple). Une décharge est d’ailleurs signée à cet effet.
Ce n’est pas sans une certaine appréhension qu’on entre, pour la première fois, dans le caisson envahi de fumée d’azote. La séance dure trois minutes maximum. La première minute, la température descend jusqu’à -130°C. Jusque-là, tout va bien. Ensuite, le froid commence à griffer les mollets et les cuisses.
La technique pour résister, c’est de piétiner et surtout de ne pas crisper les épaules. Coraline Rigault-Turek, la collaboratrice de Raphaël Mannanteuil, vous fait la conversation pour voir passer le temps plus vite. Une fois sorti, hormis la satisfaction du défi accompli, les effets sont immédiats avec sensation de revitalisation, comme si un petit feu de cheminée vous chatouillait les entrailles. Gare à l’endormissement d’ailleurs.


















