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Les salons inclusifs adaptent leurs massages à toutes les physionomies

Mal à l’aise dans les salons de massage ? Ces espaces bien-être sont peut-être faits pour vous

Body positifDécouvrez ces salons de massage qui consacrent leur service au confort des clients LGBTQI+, gros, poilus ou porteurs de handicap, souvent négligés par le monde du bien-être
Léa Zacsongo-Joseph

Léa Zacsongo-Joseph

L'essentiel

  • Yann Croizé, fondateur de la Maison Bergamote, a créé son propre salon de massage après avoir été victime de discrimination en raison de son orientation sexuelle.
  • Le but de la Maison Bergamote est de garantir un traitement respectueux et bienveillant pour tout le monde, gros, poilus, etc.
  • Yann Croizé encourage d’autres propriétaires de commerces à suivre son exemple et demande aux grandes enseignes de beauté et bien-être de faire des efforts en faveur de l’inclusivité.

«Se faire masser devrait être une expérience agréable, sans jugement ni mépris », atteste Yann Croizé, fondateur et masseur de la Maison Bergamote à Paris. « En tant que personne transgenre, les espaces de soins ne sont pas conçus pour moi », pensait Noé. Les salons de massage traditionnels ne s’adressent pas à tous les publics, regrette-t-il. J’y ai déjà été victime d’agressions verbales, et les masseurs interprétaient toujours les douleurs pour lesquelles je venais me faire masser comme étant liées à ma transidentité. »

Noé fréquente désormais le salon Soft Spot. Tout comme la Maison Bergamote, c’est un salon de massage LGBTQI+. Tous les deux situés à Paris, ces salons se distinguent par leur approche axée sur le bien-être de chaque client, indépendamment de leur apparence ou de leur identité.

Leur objectif, c’est de contrebalancer les établissements traditionnels qui semblent privilégier une clientèle féminine, souvent blanche, mince, aisée et cisgenre. Ces salons, fondés par des membres de la communauté LGBTQI+, veillent avant tout à ce que tout le monde s’y sente bien, mais surtout bienvenu.

Le bien-être pour tous et toutes

« Quand j’entends des clients me dire qu’ils se sont déjà fait refuser dans des instituts ou des salons parce qu’ils sont transgenres, je me dis qu’il y a un problème dans le secteur », s’indigne Yann Croizé. « Mon salon est ouvert aux personnes LGBTQI+, mais aussi aux personnes en surpoids, ou qui ne s’épilent pas, ou qui portent un handicap, ou atteintes de psoriasis ou de troubles neurodéveloppementaux avec des besoins spécifiques. Je propose des massages à tous, sans poser de questions indiscrètes, et ça attire aussi des clients alliés hétérosexuels qui se sentent plus à l’aise dans mon salon que dans un institut classique », raconte Yann Croizé qui a été le premier, en 2021, à ouvrir un tel salon en France.

« Dans la communauté LGBTQI+, on accorde une assez grande importance aux thérapies. Mais il y a quand même un tabou autour du corps, parce que c’est quelque chose de très délicat. Alors je me suis dit qu’il était nécessaire d’avoir un espace où le bien-être du corps est possible, surtout quand tu es LGBTQI+ et que ton rapport au corps est difficile », témoigne Gwen, fondatrice de Soft Spot. Lesbienne et masculine, elle désire répondre à un besoin dont la communauté LGBTQI+ n’a pas encore conscience. Avec ses massages personnalisés, elle accompagne chacun de ses clients lors de séances de 45 minutes à 1h30. « Mes massages s’adressent à toutes ces personnes qui n’ont jamais été vraiment à l’aise à l’idée d’aller dans un salon. »

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Un massage comme les autres, un accueil extraordinaire

Depuis 2021, Yann Croizé offre différents types de massages pour le dos, les pieds, les mains, voire tout le corps. Pour s’assurer que ses clients se sentent à l’aise, il commence par leur demander de remplir un formulaire pour comprendre leurs besoins et déterminer quelles parties du corps ils veulent faire masser. Avant chaque séance, il prend quinze minutes pour expliquer comment se passera le massage afin d’éviter toute surprise.

De son côté, Gwen adopte une approche plus personnalisée. Elle adapte ses massages en fonction des besoins de chaque client, qui n’a qu’à choisir la durée de la séance. Tout comme Yann, elle discute avec ses clients pour savoir quelles parties du corps ils veulent ou ne veulent pas faire masser.

« Je trouve qu’il y a une grande différence dans la façon dont on est accueilli, raconte Noé. Chez Soft Spot, Gwen est très attentive et sait comment nous mettre à l’aise. Ses massages sont bien plus adaptés à chacun, et l’ambiance est chaleureuse, ce qui détend immédiatement ». Noé a essayé à la fois les salons de massage traditionnels et LGBTQI+ en tant qu’homme transgenre, il préfère infiniment les seconds.

Les autres salons doivent s’améliorer

« J’ai des clients qui ont déjà pleuré de joie après un massage. C’était la première fois qu’on les traitait dignement », confie Yann Croizé, surnommé affectueusement Tata Bergamote (clin d’œil au nom de son salon). Il souhaite étendre sa méthode axée sur la considération du client à l’échelle nationale et souligne que de nombreux progrès restent à accomplir dans le secteur du bien-être et de la beauté. Tout comme Gwen avec Soft Spot, il encourage les masseurs et les salons à faire des efforts pour être plus inclusifs. Afin de rendre ses services accessibles au plus grand nombre, il a même mis en place une caisse de solidarité pour les personnes LGBTQI+ en situation précaire, tout en maintenant des tarifs fixes. « J’espère que des entreprises comme Yves Rocher, Marionnaud, etc., prendront exemple sur nous et feront des efforts en faveur de l’inclusivité », conclut-il.

Dans le même esprit, Gwen a instauré une journée avec des tarifs flexibles. « Malheureusement, pour l’instant, je suis dans un espace qui n’est pas accessible en fauteuil, mais le handicap ne devrait pas être une contre-indication au massage. Je masse également les personnes en situation de handicap », déclare Gwen, qui reste en quête d’amélioration. En France, moins de dix salons de bien-être et de beauté déclarent accueillir ouvertement les personnes queers, en surpoids ou en situation de handicap.

Maison Bergamote

11, rue Stephenson, Paris 75018

Massages de la tête aux pieds, du visage, ou du dos. Vous avez l’embarras du choix à partir de 70 euros dans le salon de massage LGBTQI+ ou à prix libre pour les plus précaires.

Le Soft Spot

60, rue Victor-Hugo, Levallois-Perret (Hauts-de-Seine)

Salon de massage dédié au repos et au soin communautaire qui propose des massages de 45 à 120 minutes, entre 50 et 130 euros. Certains mercredis, des massages à prix libre sont proposés.

Queer Chevelu

A Bagnolet, Seine-Saint-Denis (à contacter sur Facebook pour plus d’informations)

Coupes de cheveux à prix libre pour lutter contre les tarifs genrés, la transphobie, le racisme.