Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de page
Arrêtez tout ! Les Labubu seraient déjà démodés

Les poupées Labubu seraient déjà démodés

fin de hypeObjet recherché et fantasmé par de nombreux jeunes, le Labubu serait bientôt démodé. Coup dur pour les fans. Mais pas de panique on connaît déjà la future tendance
Fiona Bonassin

Fiona Bonassin

L'essentiel

  • Les Labubu, petites créatures aux allures de lapins démoniaques vendues par la marque chinoise Pop Mart, connaissent un déclin après avoir dominé les réseaux sociaux et le marché des collectionnables.
  • Le succès des Labubu s’explique par trois facteurs selon Alexandre Boissenot : « la ''gamification'', on crée un jeu car on ne sait pas ce qu’on peut avoir dans la boîte, la rareté du produit sur le marché primaire et via des produits secrets et la viralité qui n’est même pas organisé par la marque mais par les clients eux-mêmes. »
  • Malgré le déclin des Labubu, le phénomène des objets de collection devrait perdurer car les adultes ont ce besoin et l’argent pour s’acheter des figurines.

Les Labubu sont morts, vive les Labubu ! Ces petites créatures vendues par la marque chinoise Pop Mart, aux yeux ronds et aux allures de lapins démoniaques, ont littéralement envahi nos fils Instagram et TikTok mais aussi nos sacs à main. Des porte-clés, aux vitrines de magasins et sur les marchés du monde entier - avec les « Lafufu », les célèbres contrefaçons - ils sont partout, brandis comme le Graal par les amateurs de tendances et les collectionneurs. Mais voilà, toutes les bonnes choses ont une fin. Ces monstres, qu’on nous a vendus comme l’accessoire ultime de 2025, seraient sur le point de rejoindre le cimetière des hypes éphémères.

Depuis plusieurs mois, certaines éditions limitées, vendues moins de 20 euros en France à leur sortie, atteignent aujourd’hui des sommes bien plus élevées. Mais l’engouement s’essouffle. L’action de Pop Mart, cotée à Hong Kong, a perdu plus de 20 % de sa valeur depuis fin août. Forbes annonce même que le fondateur de la marque, Wang Ning, a perdu près de 6 milliards de dollars en moins d’un mois. Catastrophe pour la milliardaire qui ne pointe plus qu’à la 14e place des plus grandes fortunes de Chine. Snif.

L’effet Labubu

Les Labubu, nés de l’imagination de l’artiste hongkongaise Kasing Lung, ont débarqué dans une société qui adore les objets à collectionner. « Aujourd’hui on expose nos collections et on en est fiers, explique Alexandre Boissenot, responsable Cartes à collectionner et figurines chez EBay. On a fait une étude et on remarque que dans leur vie, 80 % des Français ont déjà eu une collection, 40 % l’ont continué et une personne sur quatre a déjà collectionné des figurines. » Avec leurs looks mi-anges mi-démons, ils ont tapé dans l’œil des amateurs de pop culture. Il faut dire que le timing chez Pop Mart était parfait : en pleine ère post-Covid, où l’on cherche tous un peu de réconfort, ces figurines aux couleurs pastel et aux designs malicieux offrent aux consommateurs la possibilité de se différencier. C’est d’ailleurs comme ça que Clément Prat à commencer à collectionner tout un tas de figurines.

« « Pendant le premier confinement j’ai voulu me réapproprier mon lieu de vie et ça a commencé par le souhait de décorer mon appartement. J’ai donc acheté mes premiers Funko Pop pour affirmer ma personnalité, explique le féru de Marvel et One Piece. Avec les Labubu et les autres collections, on va exposer son objet chez soi ou sur soi et montrer que l’on appartient à un groupe. » »

Ajoutez à cela des collaborations avec des géants de la pop culture comme Coca-Cola et une présence massive sur les réseaux sociaux, et voilà : les Labubu ont trouvé la recette magique pour vendre en masse. « On parle même d’un ''effet Labubu''. Pour expliquer ce succès il faut prendre trois facteurs : la ''gamification'', on crée un jeu car on ne sait pas ce qu’on peut avoir dans la boîte, la rareté du produit sur le marché primaire et via des produits secets et la viralité qui n’est même pas organisé par la marque mais par les clients eux-mêmes. » explique Alexandre Boissenot.

Et maintenant, on achète quoi ?

Mais toutes les bonnes choses ont une fin. Même si les produits sont toujours aussi rares dans les magasins, une stratégie de vente organisée par Pop Mart, les prix de certaines éditions limitées, autrefois stratosphériques, commencent à stagner, voire à baisser. Les éditions basiques se revendent de moins en moins chers et surtout, les posts sur les réseaux sociaux sont moins présents qu’il y a plusieurs mois en arrière. Le grand fan des collections, Clément Prat pense que « le Labubu est éphémère. Mais le phénomène de la blind box va perdurer car certains acheteurs cherchent une dose de dopamine avec la surprise à chaque ouverture ou même ne vont jamais ouvrir les boîtes. »

Notre rubrique Tendance

Du côté d’EBay, l’analyse est la même. « Pour l’avenir je pense que les tendances seront les blind box et les collaborations entre les franchises », ajoute Alexandre Boissenot. L’avenir des collections devrait être radieux, les adultes ont ce besoin et l’argent pour s’acheter des figurines pour « décorer leurs maisons avec des objets de collection en espérant qu’ils prennent de la valeur dans le temps », ajoute l’expert. Et si vous lisez cet article, il est temps d’aller fouiller vos placards à la recherche de produits Diddl à revendre. La souris est de retour dès le 1er octobre dans les magasins. « On a vu un pic de recherche et de mise en ligne de produits Diddl et qui vient de partout dans le monde. » annonce Louise Benzrihem, chargée de mission pour la plateforme eBay. Mais dépêchez-vous, la tendance sera forcément très éphémère…