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Un an après les JO, la Phryge est toujours dans le cœur des Français
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JO de Paris 2024 : « C’est l’un des symboles les plus intenses de notre pays », la Phryge toujours adorée des Français

Un an après les Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, la Phryge, la mascotte officielle, n’a pas disparu des radars. Certains en ont même fait des collections
Clio Weickert

Clio Weickert

L'essentiel

  • Après avoir été moquées de longs mois, les Phryges, mascottes des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, devenaient l’été dernier les superstars de la compétition.
  • Un an après, les Phryges ont-elles été oubliées des Français ?
  • Ventes constantes auprès des fabricants officiels, nostalgie intacte auprès des particuliers, passions dévorantes dans quelques familles… Il semblerait que les mascottes continuent de vivre leur vie bien après les Jeux.

Elle nous a fait fondre avec sa petite bouille, son regard plein de malice et son sourire désarmant. Elle nous a fait rire, aussi, avec ses facéties, son sens indéniable du rythme et sa joie à toute épreuve. Plus forte que Léon Marchand et Pauline Ferrand-Prévot réunis, la Phryge, superstar des JO de Paris, a conquis nos cœurs.

Un amour tel que les produits dérivés de la mascotte des Jeux olympiques et paralympiques se sont arrachés pendant plusieurs semaines. En septembre 2024, trois millions de peluches à son effigie avaient été fabriquées, mises sur le marché et en grande partie vendues, s’invitant ainsi dans les salons des Français et trônant fièrement sur leurs cheminées.

Mais qu’en est-il un an après ? Le train-train quotidien, la lassitude et la fin de la parenthèse enchantée auraient pu avoir raison de la Phryge. Certains lui avaient même prédit un avenir funeste et l’espérance de vie d’un simple flirt d’été… Mais ce n’est pas vraiment ce qui s’est passé.

« On en vend encore »

La mascotte a poursuivi sa route bien après la ferveur des Jeux. « Jusqu’à décembre, nous en avons vendu à tel point que nous avons réalisé une petite édition spéciale de Noël. Parce que l’engouement était là », confirme le service de presse de Doudou et Compagnie, l’une des deux entreprises (avec Gipsy Toys) détentrices de la licence officielle.

Un an après, le fabricant nous indique avoir vendu plus de deux millions de mascottes à leurs distributeurs, contre 1.430.000 en septembre de l’année dernière. Parmi les grands succès, les bonnets mais aussi les peluches – dont certaines en made in France –, le top des ventes.

« On en vend encore. Tous les jours, il y a au moins une, deux, trois pièces qui sont vendues sur notre site, précise également l’enseigne, qui écoule les stocks restants. Il y a quinze jours, il y a eu une journée où, pour la première fois, on n’en a exceptionnellement pas vendu. C’est quand même fou. »

En parallèle, la vie de certaines petites mascottes n’a pas été un long fleuve tranquille. Quelques-unes ont été remisées à la cave, sur des brocantes, des magasins de seconde main ou encore des sites de revente en ligne. On en retrouve ainsi une poignée sur Vinted ou encore sur leboncoin, où « les Français ont principalement mis en vente leurs Phryges – ou objets dérivés comportant le mot-clé "Phryge" – entre juillet et décembre 2024, avec un pic d’annonces en décembre », nous indique le service de presse du site. Ce mois-là, leboncoin recensait environ 500 nouvelles annonces de ce type.

L'évolution des nouvelles annonces de Phryge sur leboncoin entre juillet 2024 et juillet 2025.
L'évolution des nouvelles annonces de Phryge sur leboncoin entre juillet 2024 et juillet 2025.  - leboncoin

Mais la tendance s’est essoufflée passé Noël. « Les dépôts d’annonces ont ensuite nettement ralenti à partir de janvier 2025, signe que les particuliers ont sans doute choisi de conserver ces souvenirs symboliques des Jeux plutôt que de s’en séparer », analyse leboncoin.

« Un symbole drôle, un peu fou, rempli de sens… et d’émotion »

Il faut dire que certains – les grands comme les petits – ont développé un attachement tout particulier à ces mascottes, en témoignent les nombreuses réponses que nous avons recueillies après notre appel à contributions. Parmi eux, il y a Guillaume, 45 ans.

« Ma Phryge en peluche trône toujours sur mon canapé ! Et tout le merchandising acheté l’an dernier est toujours d’actualité à la maison », nous explique-t-il. La mascotte lui rappelle notamment « la liesse populaire » et « l’élan de fraternité » qu’il a ressenti pendant les JO. « C’est aussi le souvenir d’un moment émouvant et qui ne reviendra peut-être jamais », écrit-il.

« Un an après, toujours autant fan des Phryges ! Et ma fille, n’en parlons pas ! Sa chambre est un musée en l’honneur de cette jolie mascotte et des JO de Paris 2024 en général ! Elle les adore toujours autant et les bichonne quotidiennement ! », abonde encore Céline.

La nostalgie est l’une des raisons principales évoquées par nos lecteurs pour expliquer leur amour pour la Phryge. « C’est un produit d’émotion et un produit souvenir », souligne pour sa part l’entreprise Doudou et Compagnie.

Certains y voient aussi des symboles « d’unité et d’amusement » ou encore « la joie » et « la légèreté » associées à cet été.

« Le vrai basculement, c’est la cérémonie d’ouverture des Jeux paralympiques à la Concorde. J’y étais. Et quand j’ai vu toutes les Phryges jouer à la marelle, danser, faire 1,2,3 soleil sur scène… J’ai eu un moment de grâce », raconte Louis, un vingtenaire qui possède trois doudous Phryges (olympique, paralympique, supportrice), un mug, un porte-clés et un set de table. Il ajoute : « La Phryge, pour moi, c’est tout ça à la fois : un symbole drôle, un peu fou, rempli de sens… et d’émotion. »

Sans oublier leur design original et leur minois adorable. « En 2024, je n’en avais pas envie. Et cette année, lors d’un vide-grenier, un enfant en vendait une et je n’ai pas su résister ! Je n’imaginais pas repartir sans cette jolie frimousse et finalement sans aucune trace de cet événement ! Ma Phryge adoptée est maintenant dans mon atelier et chaque fois que je la regarde, j’ai le sourire et une dose de bonheur », confie Anne-Sophie, 53 ans.

« Peu importe ce que les autres pensent »

L’amour se transforme parfois en passion dévorante. C’est le cas de Céline, une enseignante en maternelle de 50 ans, fan des Jeux et même porteuse de la flamme. « J’ai énormément d’objets autour des JOP qui sont sur mon bureau ou ailleurs ! J’ai des tee-shirts Phryges que je mets régulièrement, des peluches que j’accroche parfois à mon sac JO, un porte-clés, une petite sculpture Phryge, des tasses, des pin’s, une Phryge à paillettes, des chapeaux, des jeux et affichages que j’avais mis dans ma classe », énumère-t-elle. Par ailleurs, en plus des deux petites peluches – baptisées Andy et Oli – qui sont devenues les mascottes de ses élèves, les Phryges l’ont accompagnée dans de nombreuses activités physiques et pédagogiques.

Il y a aussi Cyril, 40 ans, qui s’est lancé de son côté dans une « énooorme [sic] collection ».

Une partie de la collection de Cyril.
Une partie de la collection de Cyril.  - Cyril B.

« Elles sont partout à me regarder avec leur adorable bouille et leurs grands yeux bleus. Sur mon bureau, à côté et sur mon lit, dans mes tiroirs… Et peu importe ce que les autres pensent. Parce que les Phryges, c’est d’abord l’un des symboles les plus intenses de notre pays, qui dépasse les simples valeurs du sport », estime ce grand fan.

Dans certains foyers, les mascottes des JO sont même devenues des membres à part entière de la famille, comme chez ce couple de trentenaires, « heureux parents d’une fratrie de 7 Phryges ».

« Nous y sommes très attachés. Elles nous rappellent les JO que nous avons vécus avec passion à Paris et leur bouille tellement craquante nous empêche totalement de les ranger dans un placard. Nous leur avons même donné un petit nom à chacune et, pour l’hiver, je leur ai tricoté des écharpes », raconte Louise, 28 ans.

Enfin, chez Anaïs, dont la famille possède une dizaine de Phryges, dont une d’un mètre de hauteur, les mascottes les suivent même jusqu’au bout du monde.

« Elles nous accompagnent dans nos sorties culturelles, sportives et nos voyages : elles sont parties au Japon voir le musée des JO, à Berlin découvrir le stade olympique pour le festival Lollapalooza, elles nous ont accompagnés voir le Tour de France, assister au concert de Stray Kids au stade de France, et prochainement, nous les emmèneront à Amsterdam et à Londres. Nous documentons leurs sorties par des photos que nous partageons en famille », précise Anaïs.

Les deux Phryges d'Anaïs au Musée olympique du Japon, à Tokyo.
Les deux Phryges d'Anaïs au Musée olympique du Japon, à Tokyo.  - Anaïs F.

Pour cette jeune femme de 29 ans, les Phryges « représentent une part de la France » qu’ils emmènent en voyage. « Et lorsque celle-ci nous accompagne sur le territoire, c’est un morceau des JO qui revit le temps d’une sortie », ajoute-t-elle. A quand une Phryge présidente de la République ?