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Cochonou, Krys, FDJ… Le bob publicitaire est-il devenu stylé ?
Bob à fêtes

Tour de France : Cochonou, Krys, FDJ… Le bob publicitaire est-il devenu stylé ?

Objet de toutes les convoitises lors du passage de la caravane, le bob publicitaire ne serait-il pas devenu l’accessoire de mode frais par excellence ?
Anne Demoulin

Anne Demoulin

L'essentiel

  • Cochonou, FDJ United, Kris… Les bobs publicitaires s’arrachent lors du passage de la caravane du Tour de France.
  • Preuve de sa désirabilité, ce goodies se retrouve sur les plateformes comme Le Bon Coin ou Vinted.
  • Longtemps jugé ringard, le bob publicitaire ne serait-il pas devenu l’accessoire stylé de l’été ?

Le bob est la star de l’été sur la Grande boucle ! Tout a commencé en 1951 avec le bob Ricard. « C’est l’accessoire textile iconique du Tour de France », rappelle Frédéric-Alexandre Don, directeur général de l’agence Tapis Rouge, spécialiste des objets et goodies publicitaires.

Certains n’hésitent pas à se battre pour en récupérer… notamment celui d’une célèbre marque de charcuterie. « Le public du Tour (est) prêt à tout pour le bob Cochonou », titrait déjà en juillet 2019 nos confrères suisses de La Tribune de Genève.

Créé en 1999, ce bob « mythique, rigolo et iconique », selon Frédéric-Alexandre Don, s’est imposé comme le chouchou du public. Preuve de sa hype ? Il a servi de couvre-chef à l’actrice hollywoodienne Salma Hayek lors de la 7e étape du Tour.

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Qui aurait imaginé un destin aussi glamour pour un bob en vichy rouge surmonté de l’énorme logo d’une marque de saucisson ? Alors, le bob publicitaire, décliné au gré des motifs et des représentations graphiques des différents partenaires du Tour de France, serait-il devenu stylé ?

Une « arme » de visibilité massive

Plus d’une personne sur deux se déplace sur le bord des routes du Tour de France pour tenter de glaner l’un des goodies distribués par la trentaine de marques présentes au sein de la caravane publicitaire. Tee-shirts, porte-clés, gourdes, magnets et autres jetons de caddie ont pour objectif de faire grimper la notoriété des annonceurs.

« Les bobs distribués sont hyperappréciés, c’est un produit très populaire », constate Frédéric-Alexandre Don. Preuve de cet engouement du grand public, Krys a, pour la première fois, consacré un véhicule à son bob bleu et blanc, qui ouvre le cortège de sa caravane. « C’est notre goodies porte-étendard. C’est un bon support publicitaire déjà parce qu’il est porté et visible », se félicite Mathieu Gueguen, responsable événementiel pour Krys, en charge du Tour de France.

« Le bob, ce sont les vacances, le week-end, le moment de détente. Le bob a aussi une utilité puisqu’il protège du soleil », souligne le patron de Tapis rouge. « Le bob évoque l’été et les vacances. Il est ludique et crée une association positive avec la marque », confirme Antoine Aubriet, responsable événementiel chez FDJ United.

Quand une marque distribue un bob sur les routes du Tour de France, « le récipiendaire associe le nom de la marque à du bien-être, aux vacances, au bonheur. Qu’est-ce qui est plus fort que ça en termes publicitaires ? », abonde Frédéric-Alexandre Don.

Un accessoire écoresponsable

L’enjeu majeur pour l’organisation du Tour de France ces dernières années consiste à diminuer l’empreinte carbone de l’épreuve. ASO, la société organisatrice du Tour, a mis en place un plan de réduction et d’amélioration des goodies qui vise à réduire l’usage du plastique et à ne plus laisser le bord des routes jonché de déchets. « Si certains objets en plastique ont mauvaise presse, le bob avec son coton est inattaquable », souligne Frédéric-Alexandre Don.

« Avec ce chapeau, fabriqué en coton 100 % recyclé, poursuit cette démarche, FDJ United limite donc son empreinte environnementale », abonde Antoine Aubriet. Même son de cloche chez Krys : « Ce goodies, 100 % coton, permet d’être dans les clous d’un point de vue RSE. Et en donnant envie aux gens de le porter et de le ramener chez eux, on s’assure d’avoir un goodies utile et réutilisable ».

Un accessoire au design soigné

Pour que le bob soit porté et ramené à la maison, il doit être désirable. « En tant qu’annonceur, si vous mettez de manière outrancière votre logo pour qu’il puisse être vu, vous avez la possibilité que les gens ne veulent pas le mettre », avertit Frédéric-Alexandre Don.

Les marques cherchent donc l’équilibre entre logo bien en vue et design qui claque. « Cela a été un vrai sujet chez nous », confie Mathieu Gueguen. Au départ, Krys a lancé un bob bleu avec un énorme logo. « On s’est rendu compte qu’il n’était pas beaucoup porté. Il suffisait qu’une autre marque passe et le bob était remplacé », poursuit-il. Après de nombreux échanges en interne, la marque d’optique décide alors « d’accepter d’avoir moins de visibilité immédiate, au profit d’un design un peu plus sympa et stylé ».

Un objet collector

Le bob Krys cuvé 2025, c’est un imprimé all-over aux couleurs de la marque avec plein de petits éléments iconographiques (un cœur, des étoiles, un cocktail, un petit arc-en-ciel, etc.) et le logo de la marque, plus discret. « On y gagne, parce qu’il est beaucoup plus apprécié, d’autant qu’il est millésimé. On propose un nouveau design chaque année, il y a un côté collector », se réjouit le responsable événementiel de Krys.

Preuve de leur désirabilité, les bobs distribués sur la caravane du Tour se retrouvent sur les plateformes comme Le Bon Coin ou Vinted, parfois à des prix exorbitants. « Enormément de gens collectionnent des objets du Tour. C’est la quatrième année qu’on le fait en version collector. ça commence à se savoir… Une logique de collection commence à se mettre en place », se réjouit Mathieu Gueguen.

« Ce n’est pas un objet du quotidien pour le coup, mais un collectionnable. Le bob des bénévoles des JO a beaucoup buzzé, mais au final, un an plus tard, on ne le retrouve pas trop sur les têtes alors qu’il était désiré partout », lance d’emblée Dinah Sultan styliste chez Peclers Paris, une agence de conseil en tendances.

La vedette des festivals de musique

Le bob publicitaire est-il devenu un accessoire de mode stylé ? S’« il y a un vrai travail stylistique pour traduire en effet un peu une ambiance chaque saison, salue l’experte. On ne porte pas pour autant son bob Cochonou dans la rue ou pour faire ses courses. » Même constat chez Krys. « Je ne vais pas vous mentir, c’est rare qu’on le voit dans la rue », remarque Mathieu Gueguen.

Le bob publicitaire n’est pas remisé pour autant. Il s’affiche fièrement dans les événements festifs et populaires. « On est hyperfiers de le voir reporter dans les festivals de musique », constate Mathieu Gueguen. Et Dinah Sultan d’expliquer : « C’est un objet porteur de second degré et d’autodérision. On ne va pas les porter de façon premier degré comme un élément à part entière d’une tenue, mais la Gen Z s’en est beaucoup emparée comme un signe d’identification de groupe. Un bob des JO ou du Tour de France, c’est un signe d’appartenance qui dit : “J’étais là”. C’est vraiment un marqueur de souvenirs. »

Transgénérationnel et très français

A l’instar de l’engouement pour les collections textiles de Lidl, porter un bob publicitaire symbolise « le triomphe de la culture populaire en réaction à trop de luxe arrogant », estime Vincent Grégoire, directeur de création chez Nelly Rodi, agence de conseil experte en prospective dans le secteur des industries créatives. « Il y a vraiment le fait de vouloir se réemparer des codes un peu désuets ou perçus comme ringards dans les nouvelles générations. Ces bobs de marques recollent avec l’ADN populaire du bob », analyse Dinah Sultan.

« Le bob publicitaire raconte une histoire de souvenir, de dixième degré, de fun… Il évoque cette authenticité populaire avec ce côté détourné, un peu transgressif et un peu ironique. Il porte des valeurs très French Touch, justement au moment où il y a un sentiment de globalisation, d’uniformisation, de standardisation des tendances », considère Vincent Grégoire.

Désuet, ringard, connoté, mais assumé, le bob publicitaire, s’il n’est pas au sens strict stylé, est sans nul doute l’accessoire hype des soirées festives de l’été !