Euro 2024 : Polémiques, clins d’œil, hommages… Les maillots se racontent
style•L’Euro 2024 commence ce vendredi en Allemagne. Avant même le début de la compétition, les maillots de certaines équipes ont déjà retenu l'attentionClio Weickert
L'essentiel
- L’Euro 2024 commence ce vendredi, en Allemagne.
- Avant même le début de la compétition, des maillots officiels de certaines équipes ont fait parler d’eux, à l’image de celui de l’Angleterre ou encore de la Belgique.
- Hommages, clins d’œil, polémiques… « 20 Minutes » vous propose un petit passage en revue des maillots marquants de cette édition.
Quel est le point commun entre Tintin, des carreaux de faïence portugais et l’Euro 2024 ? Allez, on est sympa, on vous donne la réponse : les maillots. Cette année, les équipementiers ont redoublé d’imagination pour saper les joueurs des différentes équipes en lice.
Notamment pour l’Allemagne, qui donnera le coup d’envoi de la compétition ce vendredi à 21 heures, face à l’Ecosse en match d’ouverture. L’équipe de la Mannschaft arborera-t-elle ses fameuses tuniques rose bonbon qui ont fait s’étouffer certains de ses supporters particulièrement fragiles ?
Polémiques, audacieux ou tout simplement réussis, « 20 Minutes » vous propose de passer en revue les maillots les plus marquants de ce championnat.
France : Cocorico ?
Pour cet Euro 2024, une grande tendance semble se dessiner à travers les tuniques : le rétro. Comme l’explique le journaliste Gil Baudu, fondateur du studio Voig et créateur du podcast « Maillot Football Cool », certaines tenues sont « truffées de références et de clins d’œil au passé, à la fois à d’anciens maillots historiques et iconiques des sélections mais aussi au passé historique ou culturel des pays concernés ». Et la France en est le parfait exemple.
Bye bye le bleu nuit des maillots précédents, les joueurs porteront cette année un bleu roi pétant, « typique du drapeau français », souligne l’expert. Le tout surmonté d’un col en liseré bleu blanc rouge, inspiré des tuniques portées par les Bleus lors de la coupe du Monde 1966. « C’est la première fois que l’équipe de France va reporter un col de cette inspiration-là », précise Gil Baudu. Et ce n’est pas le seul voyage dans le temps.
Vous le voyez le gros coq doré sur la poitrine ? Les connaisseurs (ou les nostalgiques), penseront tout de suite à Michel Platini et au match mythique de « La nuit de Séville » en 1982. « L’équipe portait un maillot bleu avec un coq à peu près aussi gros que celui-là, explique le journaliste. A partir de 1984 il était beaucoup plus petit. C’est la première fois en quarante ans qu’il redevient énorme. » En espérant que cela ne leur porte pas le mauvais œil.
L’Espagne : Le « classique classe »
Du rouge, du jaune or, aucun doute, nous sommes bien chez nos voisins espagnols. Un maillot facilement reconnaissable et particulièrement épuré cette année. « Il n’y a pas de fioritures, c’est ultra-classique mais il reprend tous les codes et les couleurs traditionnelles de la "rojigualda" (le surnom du drapeau espagnol) », analyse Gil Baudu. Sans oublier le célèbre blason apposé sur le cœur. Aucune prise de risques pour la Roja, saluons tout de même une certaine élégance dans l’ensemble. « C’est un classique classe », acquiesce le journaliste.
L’Angleterre : La croix de la discorde
C’est une tout autre paire de manches chez les Anglais, même si de prime abord, rien ne saute aux yeux. La tunique domicile est relativement classique : du blanc, du bleu. « C’est un retour au maillot plus traditionnel de l’Angleterre par rapport au précédent qui avait des dégradés avec du bleu turquoise assez flashy », note Gil Baudu. On retrouve également le blason historique qui donne son surnom à l’équipe (les « Three lions »). Jusque-là, tout va bien. Pour comprendre ce qui agace nos voisins, il faut changer de point de vue.
Vous la voyez cette petite croix en haut du col ? Il s’agit de la fameuse croix de Saint-Georges, à un détail près : traditionnellement rouge sur fond blanc, Nike a pris la décision de la pimper avec un dégradé de bleus, de rouges et du violet. Une hérésie pour certains. « Ça fait beaucoup jaser en Angleterre, c’est touchy, il y a des réactions politiques de tous bords », commente Gil Baudu. De Rishi Sunak, le Premier ministre, à ses opposants, les Travaillistes, beaucoup ont estimé qu’il ne fallait pas toucher aux symboles nationaux.
La réponse de Nike ? « L’équipementier a réagi en disant que c’était une référence discrète aux tenues d’entraînement portées par les Anglais lors de la coupe du Monde 1966 », relate le journaliste. Soit leur seul titre. De bon augure pour cet Euro ?
Pays-Bas : On prend les mêmes et on recommence ?
On vous voit venir : orange, encore et encore de l’orange. « On a un peu l’impression de voir toujours le même parce que le maillot des Pays-Bas est historiquement orange, la couleur du pays », reconnaît Gil Baudu. Du déjà-vu, donc ? « Oui et non, répond l’expert. On est sur un orange beaucoup plus vif par rapport au précédent, qui était plus pâle. » Mais ce n’est pas tout.
« L’autre référence, c’est ce col et ces manches avec des liserés foncés. Ils rappellent un peu un maillot porté par les Pays-Bas à la coupe du Monde 1978 et leur deuxième finale de coupe du Monde consécutive », précise-t-il.
Allemagne : Le vilain méchant rose
Il y a d’abord eu le scandale du flocage du maillot domicile allemand et ce chiffre 4 évoquant l’insigne nazi des SS (un design revu depuis). Puis il y a eu la polémique du maillot away ( « extérieur ») de l’équipe de la Mannschaft… En cause ? La couleur choisie par l’équipementier Adidas. « Ce rose a beaucoup fait parler », explique Gil Baudu, qui déplore les « réactions hallucinantes » que la tunique a suscitées. Mais que reproche-t-on à ce rose bonbon ?
Ce « n’est pas une couleur pour le foot », a estimé le quotidien Bild, l’un des journaux les plus lus en Allemagne. Un avis partagé par certains supporters de l’équipe qui ont même lancé le hashtag #TrikotDerSchande ( « maillot de la honte ») pour faire part de leur effroi, rapportait en mars le magazine ELLE, pointant du doigt le « discours conservateur, viriliste et homophobe » derrière tout cela.
De son côté, le sélectionneur allemand Julian Nagelsmann a quant à lui salué la « décision courageuse » d’Adidas « d’apporter un peu de couleur » à ce maillot. Vous l’aurez compris, un débat navrant.
Italie : Le maillot porte-drapeau
Que nous réserve le maillot domicile de la Squadra Azzurra ? Du bleu, évidemment. « C’est la couleur du maillot de l’Italie depuis 1911 », ajoute Gil Baudu. Sur leurs épaules, les joueurs de l’équipe italienne arboreront aussi des liserés verts, blancs et rouges, emblématiques du pays.
« C’est quelque chose de différent par rapport aux précédents maillots, note notre expert. On remet les drapeaux sur le devant de la scène. Comme l’Allemagne [la tunique domicile], l’Espagne… On remet en avant les couleurs traditionnelles et historiques des maillots des sélections mais aussi des drapeaux des pays. » Grosse tendance du moment, donc.
Belgique : Tintin sur la pelouse
Pas la peine de vous faire un dessin pour la Belgique : un haut bleu ciel et son petit col blanc, un short marron… Vous l’aurez deviné, le maillot away des Diables rouges a directement été inspiré de l’emblème national qu’est Tintin. « Il faut savoir que Piet Vandendriessche, le directeur exécutif de l’Union belge de football est un grand fan », précise Gil Baudu.
Et ce n’est pas la première fois que l’équipe fait un clin d’œil à sa culture. « C’est un phénomène assez récent. Lors de l’Euro 2016, elle a porté un maillot qui rappelait celui de l’équipe nationale cycliste. A la coupe du Monde 2022, c’était un maillot aux couleurs du festival Tomorrowland », énumère le journaliste. C’est incontestablement la tenue la plus réussie de cet Euro, non ?
Portugal : Le patrimoine culturel à l’honneur
Que vous évoque ce motif du maillot away du Portugal ? Les amoureux du pays reconnaîtront d’emblée les azulejos, la fameuse faïence qui orne notamment de nombreuses devantures. Une partie du patrimoine portugais que Nike a décidé de mettre en valeur sur les joueurs de la sélection. Un choix plutôt original. « C’est la première fois que le Portugal arbore un maillot comme ça. En général, il est rouge avec des liserés verts », explique Gil Baudu.
Il poursuit : « C’est un peu la même démarche que la Belgique, avec cette logique de faire rayonner le pays à l’international en utilisant une référence artistique ou culturelle ». A quand des petites Tour Eiffel ou des baguettes sur le maillot des Bleus ?



















