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A quoi sert un ami imaginaire ?

Mais pourquoi certains enfants ont-ils un ami imaginaire ?

l’homme invisibleTandis que le film « Blue et Compagnie » actuellement au cinéma parle d’une petite fille qui voit les amis imaginaires, on a aussi voulu en savoir plus sur ces drôles de copains
Claire Frayssinet

Claire Frayssinet

Dans Blue et compagnie, Bea découvre un jour qu’elle peut voir les amis imaginaires de tout le monde. Un thème récurrent au cinéma avec des représentions très variées de ces amis imaginaires. Si on aurait envie de partager une bonne bière avec Ted dans le film éponyme ou de serrer dans les bras le ballon Wilson de Tom Hanks dans Seul au monde, on pourrait qualifier d’amitié toxique l’ami de Donni Darko ou encore Tony dans Shining.

Heureusement, dans la plupart des cas, dans le monde réel, on peut vraiment compter sur son ami imaginaire nous explique Léa Didier, psychologue clinicienne et psychanalyste : « « L'ami imaginaire a d'abord un rôle gratuit, de jeu, de pur plaisir, il donne l'occasion d'inventer, de scénariser des situations. Il permet aussi d'apprivoiser l'humour et la tendresse, de s'entraîner dans les relations sociales et de se sentir protégé ».

D’ailleurs l’ami imaginaire est très courant dans la petite enfance poursuit Léa Didier : « L’ami imaginaire est très fréquent chez les enfants entre 2 et 6 ans et peut perdurer jusqu’à la préadolescence. Il peut aussi prendre la forme d’un doudou, d’une peluche, d’un Playmobil, tout objet que l’enfant dote de capacités réflexives et amicales ».

Notre lectrice Anne, 61 ans, nous raconte « Pendant plusieurs années, jusqu’à mes 5 ans environ, j’avais une toute petite copine qui habitait sous mon maillot. Elle tenait dans ma main et je pense que je ne l’ai présentée qu’à ma maman. Je lui racontais ce qui m’occupait. Etant enfant unique j’avais besoin de partager des choses sûrement ». L’ami imaginaire n’est pas l’apanage des enfants uniques, il est présent dans tous les types de fratrie et dans tous les milieux.

Et les parents dans tout ça ?

Les parents peuvent être déconcertés par cette présence invisible. La psychologue se veut rassurante et n’incite pas les parents à se comporter comme si cet ami imaginaire faisait partie de la vie de la famille : « S'il en a l'envie, un adulte peut de temps en temps s'adresser à l'ami imaginaire dans le cadre du jeu mais l'intégrer comme un membre de la famille est plus problématique car c'est aussi son rôle d'aider de temps en temps l'enfant à faire la différence entre le réel et l'imaginaire ».

Et l’omniprésence de l’ami imaginaire doit-elle amener parfois à s’inquiéter ? « Dans la plupart des cas, l'ami imaginaire apporte du plaisir à l'enfant dans le cadre d'un jeu. Mais si on sent que cet ami rend l'enfant triste ou le déstabilise, qu'il est « méchant » ou qu'il crée un surplus d'exigence envers l'enfant, il est alors important de s'interroger et de comprendre si l'enfant a besoin d'aide pour apaiser les enjeux qui l'encombrent ».