VIDEO. Lyon: L’Asul Volley lance une étonnante campagne de «crowdfunding» sous forme de «nouveau départ»

VOLLEY Dans l’anonymat du bas de Ligue B après avoir vécu une demi-finale de Ligue A en 2015, l’Asul Lyon Volley vient d’ouvrir une campagne de financement participatif mardi…

Jérémy Laugier

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Les joueurs de l'Asul Lyon Volley ont conclu cette saison de Ligue B à la huitième place, comme en 2016-2017.
Les joueurs de l'Asul Lyon Volley ont conclu cette saison de Ligue B à la huitième place, comme en 2016-2017. — Jocelyne Dominique/Asul Lyon Volley
  • Deux ans après sa relégation en Ligue B, l’Asul Lyon Volley a dû réduire son budget de 1,3 million d’euros à 850.000 euros et son effectif de 14 à huit joueurs professionnels.
  • Afin de tenter d’impulser une nouvelle dynamique pour ce sport ayant du mal à se faire une place à Lyon, l’Asul a lancé mardi sa première campagne de « crowdfunding ».
  • L’objectif est à la fois de « mieux structurer le club » à long terme et de « fédérer tous les amateurs de volley » de la région lyonnaise.

Le crowdfunding a donc aussi sa place dans le sport professionnel. Reléguée en Ligue B en 2016, l’Asul Volley vient depuis d’enchaîner deux saisons décevantes (8e) dans l’antichambre de l’élite. Une trajectoire tranchant avec sa passionnante demi-finale de Ligue A perdue in extremis (2-3), il y a tout juste trois ans contre Paris. Le club lyonnais a donc décidé de lancer mardi sur le web sa première campagne de financement participatif.

L’Asul Lyon Volley annonce « vouloir réagir et diversifier ses sources de financement en faisant notamment appel à des apports privés ». « Nous cherchons à garder le volley parmi les sports de haut niveau à Lyon », précise le président du club Krassimir Todorov, qui redoute « une baisse mortelle pour nous » de la subvention allouée par la Ville de Lyon pour la prochaine saison, sans vouloir détailler les montants en jeu.

« Dans le monde du volley, il faut souvent faire avec les moyens du bord »

Avec 850.000 euros de budget, dont 30 % dédiés au centre de formation, l’Asul est assez loin de son budget lui ayant permis de se qualifier pour un quart de finale européen en 2015-2016 (quasiment 1,3 million d’euros). « On n’a pas su capitaliser sur cet élan et le dépôt de bilan d’un partenaire investissant 150.000 euros nous a alors notamment fait mal », se souvient Krassimir Todorov. Cette période à 14 joueurs professionnels est aujourd’hui révolue. L’Asul ne compte plus que huit pros dans son effectif (complété par 10 jeunes).

Capitaine de cette équipe et présent sur la vidéo accompagnant la campagne, Martin Jambon reconnaît avoir été « surpris de devoir passer par cette démarche ». « Mais si ça peut nous aider à motiver des sponsors privés et plus globalement nous offrir une visibilité, tant mieux, confie le joueur de 28 ans. Dans le monde du volley, il faut souvent faire avec les moyens du bord. En France, seules des villes de taille moindre comme Poitiers et Tours vivent avant tout pour ce sport. »

Plus de 5.000 euros récoltés en une journée

En une journée, l’Asul a récolté plus de 5.000 euros (une soixantaine de donateurs) et a indiqué un objectif… de 100.000 euros d’ici mi-juillet. Quelle que soit la réussite de ce premier crowdfunding asuliste, le club n’envisage pas d’investir l’argent récolté dans le recrutement d’un joueur supplémentaire pour 2018-2019.

« Cette campagne marque notre démarche de transformation au niveau structurel, précise Krassimir Todorov. Il nous faut renforcer notre secteur marketing, pérenniser notre centre de formation et améliorer notre accueil au petit Palais des sports. L’idée de ce nouveau départ, c’est de fédérer tous les amateurs de volley de la région lyonnaise. » Les rêves d’une véritable installation sur le long terme en Ligue A pourraient donc passer par ce surprenant financement participatif.