Roland-Garros : « Quelle aventure ! » Alizé Cornet fait ses adieux au tennis avec classe et sans regrets
Foutu pollen•Alizé Cornet a terminé sa carrière sur une défaite 6-2, 6-1 face à Zheng Qinwen. Elle n’éprouve aucun regret et retient son quart de finale à l’Open d’Australie, en 2022. « Le miracle de fin de carrière »William Pereira
À Roland-Garros,
Contrairement à Rafael Nadal face à Zverev, on n’osera pas dire que le dernier match d’Alizé Cornet à Roland-Garros « s’est joué à pas grand-chose ». Zheng Qinwen était hors de portée de la Française, et, l’image de sa carrière, celle-ci aurait « voulu faire plus ». Nous aussi, on aurait aimé la voir un peu plus longtemps aujourd’hui et aller plus loin sur l’échelle de son potentiel, en apparence illimité à son arrivée sur le circuit, à seulement 15 ans.
Deux décennies et six titres plus tard, il faudra se contenter d’un petit trophée reçu des mains d’Amélie Mauresmo et Gilles Morretton sur le Chatrier. Une formule revient sans cesse dans la bouche de la joueuse : « quelle aventure ! » Un livre qu’elle accepte de fermer, « fière » d’elle et en paix avec ce qu’elle a pu accomplir. Le plafond de verre brisé en Grand Chelem il y a deux ans à Melbourne, où elle a atteint les quarts de finale pour la seule fois de sa longue carrière, n’y est pas étranger.
« « L’Australie, ça a été très émouvant pour moi. Les victoires contre Serena Williams (trois de suite en 2014) étaient évidemment importantes. Mais atteindre le quart de finale derrière lequel je courais depuis quinze ans en battant Halep dans la canicule australienne, ça m’a submergé d’émotions. J’avais déjà 32 ans, c’était le miracle de fin de carrière. L’histoire était belle. » »
Et maintenant ? A quoi pourra bien ressembler le second acte « effrayant » d’une vie programmée dès les premières années pour le tennis ? Alizé Cornet l’ignore. « Je me suis pas projetée si loin. Là, j’étais projetée sur le fait de bien finir Roland-Garros. J’ai du mal à imaginer un quotidien normal. Je suis une travailleuse dans l’âme. J’aime ça. Ces routines de travail, de physique… Cette discipline devient presque addictive, je n’ai pas envie de m’en détacher complètement parce que mon hygiène de vie est bonne. »
« J’aimerais que l’on retienne qu’Alizé Cornet se battait jusqu’au bout »
Avant de planifier sa nouvelle vie, Cornet aura besoin de digérer les émotions qui l’ont submergée au moment de la diffusion de la vidéo en son honneur sur l’écran du court central. Sa première impression, sur la balle de match perdue de Zheng ? « Sur le moment, je ne ressens pas grand-chose. Juste : ''ah j’ai perdu mon match ça me saoule'', se marre-t-elle. Emotionnellement j’ai réussi à gérer mon match jusqu’au bout. On ne peut pas tout réaliser d’un coup, sinon le cerveau imploserait. »
Classe, la Française a eu un mot sympa pour les journalistes, dont elle retiendra « la bienveillance », histoire de « partir sur une bonne note » pour sa dernière conférence de presse. Alizé Cornet partira avec l’image de l’honnêteté qu’elle souhaitait refléter jusqu’au bout. « J’aimerais que l’on retienne qu’Alizé Cornet était une joueuse entière qui a partagé ses émotions durant toute sa carrière, et qui se bat jusqu’au bout. Qui est une passionnée de son sport, prête à tout pour gagner et qui peut mourir pour ça. On m’aime ou on me déteste pour ça. »


















