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« Ça va tourner, c’est sûr »… Est-on trop exigeant avec Arthur Fils ?

Roland-Garros : « Ça va tourner, c’est sûr »… Est-on trop exigeant avec Arthur Fils ?

TENNISComme l’année dernière, Arthur Fils s’est incliné en quatre sets au premier tour de Roland-Garros, cette fois contre Matteo Arnaldi (3-6, 6-4, 4-6, 2-6). Le jeune Français ne semble pas s’affoler. Faut-il le laisser avancer à son rythme ?
William Pereira

William Pereira

L'essentiel

  • Comme l’année dernière, Arthur Fils s’est incliné en quatre sets au premier tour de Roland-Garros.
  • Succès inattendu à Lyon en 2023, victoire sur le Challenger de Bordeaux un an plus tard, le joueur est pourtant très prometteur.
  • Mais n’oublions pas son âge, 19 ans.

Gagner des tournois à la veille de Roland-Garros ne sied guère à Arthur Fils. Succès inattendu à Lyon en 2023, victoire sur le Challenger de Bordeaux un an plus tard, à chaque fois pour le même résultat : une défaite en quatre sets au premier tour aux Internationaux de France.

L’an passé contre Davidovich Fokina, ce lundi contre sa nouvelle bête noire, Matteo Arnaldi. Les deux fois, c’était sur le court Simonne-Mathieu. Les deux fois, il avait recollé à un partout en remportant le deuxième set. Fils a paru s’amuser de la symétrie des événements en conférence d’après défaite.

« « Deux années, exactement le même scénario. Est-ce que j’ai appris de l’année dernière ? Je ne crois pas ! (Rires) Je plaisante. Cela fait deux années que je fais des bons matchs. Je n’en sors pas vainqueur, c’est malheureux, mais c’est comme ça.  » »

La légèreté pourrait agacer si on oubliait l’âge du jeune homme. 19 ans. Finaliste du Masters Next Gen, fin 2023, avec le lot d’espoirs que ça implique. Son début de saison avant l’Open d’Australie incitait carrément au déclic après un automne difficile. Quarts de finale à Hong Kong en prenant un set à Rublev (6-1, s'il vous plaît) avant de rendre les armes, puis demie à Auckland. Premiers espoirs de l’année, premières déceptions avec une défaite au 2e tour face à Griekspoor, à Melbourne. Là aussi, ça sera peut-être pour l’année prochaine. On espère.

La (longue) saison sur terre battue n’incitait pas à l’optimisme

Avant Roland-Garros, les attentes étaient moins élevées. Les premiers pas sur terre battue en Amérique du Sud se sont avérés chaotiques. La suite de la saison rouge, en Europe, était à peine meilleure. Il y a tout de même eu des éclairs comme le succès contre De Minaur à Barcelone.

Sa défaite au tour suivant contre Lajovic était même encourageante pour la suite. Acceptons simplement que cette suite ne s’écrive pas nécessairement à court terme. « Ça va tourner, c’est sûr et certain, poursuit le Français. Est-ce que ce sera l’année prochaine ? Je n’en sais rien. Est-ce que ce sera dans deux ans ? Je n’en sais rien. Est-ce que tu vas me voir encore perdre sur le Simonne-Mathieu au premier tour ? C’est fort probable, c’est comme ça, et on verra ! »

La facilité reviendrait à tomber dans la frustration de ne finalement pas voir éclore un talent précoce français aussi bon qu’Alcaraz ou Sinner. Fils représentait cet espoir qui se refusait à nous. Peut-être s’est-on trompé à son sujet. Peut-être qu’il ne s’agit que d’une question de temps long. Dans les deux cas, le temps des exigences n’est pas encore venu.