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Rafael Nadal de retour pour une dernière danse, peut-on croire au miracle ?

Brisbane : Rafael Nadal de retour pour une dernière danse, à quel point peut-on croire au miracle ?

tennisL’Espagnol, après quasiment une année entière sans jouer, effectue son retour à la compétition ce dimanche à Brisbane, dans l’espoir de s’offrir une dernière belle saison sur le circuit
Nicolas Camus

Nicolas Camus

L'essentiel

  • Rafael Nadal, qui n’a plus joué depuis le 18 janvier dernier à cause d’une blessure à la hanche, effectue son grand retour ce dimanche à l’occasion du tournoi de Brisbane.
  • L’Espagnol (37 ans) a prévenu, il ne sait pas dans quel état physique il sera ni s’il pourra retrouver son niveau de tennis, mais en tout cas il s’est donné les moyens de réussir son dernier tour de piste.
  • Tout le monde en réalité au printemps, pour la saison de terre battue et des adieux en bonne et due forme au tournoi de Roland-Garros, qui l’aura fait roi.

L’année 2024 n’a même pas encore commencé qu’elle nous offre déjà un cadeau auquel on n’osait plus croire. Même l’annonce du principal intéressé, il y a un mois, n’avait pas totalement réussi à nous convaincre. A cet âge-là, avec de tels antécédents, on n’est jamais sûr de rien. Mais non, ce n’était pas qu’une illusion, Rafael Nadal est bien présent à Brisbane ce dimanche, pour son grand retour à la compétition à 37 ans après quasiment une année entière hors circuit.

On avait quitté l’Espagnol la tête basse et la démarche brinquebalante, le 18 janvier dernier, rincé en trois sets par l’Américain Mackenzie McDonald au deuxième tour de l’Open d’Australie. Ce n’était plus le pied le problème, ni le genou ou l’épaule, mais la hanche, meurtrie par une inflammation au niveau du tendon du psoas-iliaque. Une première opération, puis une seconde en juin, laissaient planer le doute. L’image de Rafa sur son lit d’hôpital à une date où on avait l’habitude de le voir en train de souffler ses bougies tel un monarque à Roland-Garros avait presque résigné tout le monde.

Incertitude

Oui mais voilà, l’homme aux 22 titres du Grand Chelem ne voulait pas quitter le grand monde comme ça, sur une civière. Et puis il a encore envie de jouer, tout simplement. Même si ce sera compliqué d’atteindre à nouveau les sommets auxquels il a si souvent goûté, il en a bien conscience. « Je ne gagnerai pas plus de tournois du Grand Chelem que Novak [Djokovic], mais j’aurai la chance de m’amuser à nouveau », disait-il ainsi mi-novembre, alors que son retour commençait à se préciser.

On ne l’imaginait pas, de toute façon, amasser encore deux ou trois tournois majeurs pour se relancer dans la course au GOAT. Pour tout dire, une montée en puissance progressive jusqu’à un parcours épique à Roland-Garros à la fin du printemps suffirait amplement à notre bonheur – et à celui de beaucoup certainement –, histoire de clore comme il se doit une odyssée unique Porte d’Auteuil, commencée en 2005. « L’opération qu’il a subie ne peut pas lui permettre de revenir à ses capacités physiques d’avant, elle vise avant tout à lui apporter un peu de confort à court terme, explique le docteur Arnaud Clavé, chirurgien orthopédiste, spécialiste notamment de la hanche. Après, le résultat est imprévisible. »

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Rafael Nadal, le premier, n’a aucune idée de ce que cela va donner une fois de retour sur le court. « Il y a de nombreuses possibilités : que ce soit ma dernière année, que ce ne soit qu’une demi-année, que je ne puisse finalement pas y arriver, disait-il encore le mois dernier. Ce sont des choses auxquelles je n’ai pas la capacité de répondre pour le moment. » Mais une chose est sûre, il a travaillé d’arrache-pied pour gagner le droit d’y croire.

Le 18 décembre, enfin rassuré sur le fait que son poulain soit en état de partir en Australie, Carlos Moya revenait sur le site de l’ATP sur le processus de guérison et de retour (très) progressif de Rafa au tennis. « Un chemin vraiment tortueux », disait l’Espagnol, qui a pris la suite de l’oncle Toni en 2017. « Après l’opération, on ne l’a pas vu pendant un mois et demi car il est parti en vacances. Il faisait sa rééducation du mieux possible. Et puis, fin août, on a recommencé à s’entraîner mais légèrement : vingt minutes, deux jours par semaine. L’amélioration était très lente. Parfois, il fallait faire une pause, puis s’y remettre. On était très prudent. Au début, c’était évidemment très difficile, surtout quand on voyait qu’il ne progressait pas du tout. »

« Il est en forme »

Mais il n’est pas dans la nature de Rafa d’abandonner en cours de route, on l’a bien compris au fil des années avec ce fou furieux revenu de 13 blessures importantes dans sa carrière, depuis la toute première au coude en 2003. « Progressivement, on a augmenté le volume et l’intensité, mais toujours en suivant un plan prudent. Il a encore fallu parfois ralentir, faire une pause. Mais c’est le processus pour une blessure de cette gravité, avec un joueur qui n’a plus 20 ans, poursuivait Carlos Moya. Petit à petit, on a réussi à progresser. Les problèmes se sont progressivement résolus, et maintenant il est quasiment prêt. »

Un constat apparemment partagé par Gabriel Debru, Arthur Fils et Richard Gasquet, les trois Français qui ont pu taper la balle avec le Majorquin ces dernières semaines. « Il est en forme, en train de travailler vraiment très sérieusement, et d’après ce que j’ai compris, il n’a pas trop perdu au niveau physique », glisse dans un sourire Philippe Weiss, qui s’occupe des intérêts des deux derniers nommés. Sous-entendu, ça a tapé fort et ces petites séances d’entraînement n’avaient rien d’une balade de santé face à joueur en pente douce vers la retraite, les pantoufles à portée de main.

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Si Nadal revient, ce n’est pas pour rien. Fils a passé un peu plus d’une semaine dans l’académie de Nadal au Koweit, puis Gasquet lui a succédé pour quelques jours, cette fois à Majorque.

Le Français, qui n’a plus pris un set à l’Espagnol en match officiel depuis l’ère jurassique, a remporté deux manches sur trois lors d’une séance épique de 3h15, signe qu’il y a un peu de boulot, quand même. « C’est compliqué de savoir s’il va gagner Roland-Garros à nouveau. Je n’en ai aucune idée, a témoigné le Ritchie dans l’Equipe. . Tu ne peux pas savoir jusqu’où ça va mener. Personne ne le sait, lui-même ne le sait pas. Ce que je sais moi, c’est qu’il se donne la chance de pouvoir rejouer au plus haut niveau et x’est super pour le tennis. C’est Nadal ! Il n’y a plus personne comme lui sur le circuit. On a besoin qu’il revienne, qu’il choisisse le moment où il va arrêter. Et qu’il fasse encore des matchs dont il a le secret, qu’il montre ce pour quoi c’est une légende du tennis. »

Au matin de son retour, il faut bien avoir en tête que le défi est immense. « Ça aurait quelqu’un d’autre que Nadal, j’aurais dit que ça ne servirait à rien de reprendre la raquette, insiste le docteur Clavé, qui a opéré de nombreux sportifs de haut niveau. Là on est sur un profil complètement hors normes, donc on peut espérer, même si la probabilité qu’il puisse revenir à son plus haut niveau est faible, voire quasi nulle. Après, sur quelques matchs, quelques tournois, il va réussir à briller. Il va compenser son déficit physique par d’autres choses, son envie, son mental extraordinaire. » Comme il l’a toujours fait, en réalité.