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Malgré la rouste prise contre Zverev, Humbert a-t-il passé un cap à Paris ?

Masters 1000 de Paris-Bercy : Malgré la rouste prise contre Zverev, Ugo Humbert a-t-il passé un cap à Paris ?

TennisEparpillé façon confettis en finale du Masters 1000 de Paris-Bercy, dimanche, par un immense Alexander Zverev, Ugo Humbert a montré qu’il avait les armes pour titiller le top 10 et, pourquoi pas, s’y installer un petit moment
Aymeric Le Gall

Aymeric Le Gall

L'essentiel

  • Ugo Humbert n'a pas existé en finale du Masters 1000 de Paris-Bercy, dimanche, face à un Alexander Zverev monstrueux.
  • Malgré tout, le numéro 1 français aura ébloui le public de Bercy durant toute la semaine, avec notamment ce succès de zinzin contre Alcaraz en 8e.
  • Ce parcours peut-il lui servir de déclic afin de viser un peu plus haut (genre une place dans le top 10) la saison prochaine ? Ils sont nombreux à le croire, comme on a pu le constater des les couloirs de Bercy, dimanche.

A Bercy, pour la der des ders (sniff),

La froide logique a été respectée. On pourrait vous dire qu’on est tombé de l’armoire, dimanche, en voyant Alexander Zverev dépecer méthodiquement ce pauvre Ugo Humbert, en finale à Bercy, mais la vérité c’est qu’il y avait peu de chance que cela se passe autrement. Rincé par son parcours du combattant, après trois matchs disputés en trois sets et énormément d’énergie (et d’émotions) laissées sur le chemin, notamment après son exploit XXL contre Alcaraz en 8es, le Messin n’a jamais semblé en mesure d’inquiéter le numéro 3 mondial.

Ce n’est pourtant pas le dernier quand il s’agit de venir chatouiller la plante des pieds de ce qui se fait de mieux sur la planète tennis, lui qui affichait avant ce match un joli ratio de 50 % de victoires en carrière face à des membres du top 10, mais pour parvenir à ne serait-ce qu’inquiéter une machine comme Zverev, il aurait fallu le faire douter d’entrée de jeu, rentrer dans sa tête et laisser le public de Bercy faire le reste. « Je savais que si le public le poussait, ça allait être dur, il fallait donc prendre très tôt les commandes pour éviter ça », a justement expliqué l’Allemand après sa victoire expéditive, en moins d’une heure quinze de jeu.

Le coup de pompe qui ne pardonne pas

Croisé dans les couloirs de Bercy, Guy Forget, vainqueur ici même en 1991, expliquait cet écart de niveau d’un point de vue physique : « on a vu un énorme Zverev aujourd’hui. Or, pour battre un joueur de ce niveau-là en finale, il faut être à bloc. Si on n’a pas le réservoir plein, c’est très difficile et ce n’était pas le cas pour Ugo. » Il aurait fallu marcher sur l’eau comme lors du premier set contre Alcaraz pour espérer faire cogiter Zverev. Mais si la théorie du coup de pompe physique est réelle, ce n’est pas uniquement là-dessus que s’est jouée cette finale. Tout sourire en conférence de presse après sa première finale en Masters 1000, Humbert ne se voilait pas la face.

« Je n’ai pas de regrets, il a été plus fort que moi dans tous les domaines. Physiquement j’ai eu du mal à récupérer de mon match contre Kachanov. Quand je me suis réveillé ce matin, ce n’était pas facile. Dans la tête aussi ça répondait moins aujourd’hui, a-t-il admis. Au service il a été monstrueux en première et il ne m’a rien donné en seconde, alors que d’habitude il peut un peu lâcher. Et côté coup droit, là non plus il ne m’a rien donné. En fait j’ai l’impression que le premier point qu’il me donne, c’est sur le dernier jeu. »

« Il était très stressé »

Selon sa compagne, la joueuse française Tessah Andrianjafitrimo (307e mondiale), Humbert a payé en finale son formidable parcours parisien toute cette semaine : « entre le match d’hier, la semaine, les efforts, le fait de jouer sa première finale de Masters 1000, je pense que physiquement, nerveusement, émotionnellement, même si la tête a envie, à un moment donné le corps a du mal à suivre. Il était très stressé mais il avait envie de tout donner, c’est le principal. »

Pour naviguer à la hauteur d’un loubard comme Sascha Zverev, le chemin à parcourir est encore long, mais cette semaine lui aura permis de confirmer deux, trois trucs. Le principal étant que quand il joue avec ce niveau de confiance et qu’il accepte de prendre des risques, qu’il décide d’agresser son adversaire d’entrée de match, alors Humbert peut, dans les bons jours, regarder à peu près tout le monde dans le fond des yeux.

« Je ne suis pas surpris de me voir à ce niveau-là, d’avoir battu Alcaraz et d’avoir été en finale d’un Masters 1000. Je fais les choses bien, je bosse comme il faut », a-t-il acquiescé. Là où il va lui falloir encore travailler, c’est justement dans les moments où il est un peu moins bien physiquement et/ou mentalement. C’est ce que jugeait Nicolas Mahut au micro d’Eurosport après le match : « quand il est bien, il peut avoir un niveau de jeu extraordinaire mais quand il est un peu moins bien, c’est un peu plus dur de mettre en place son jeu d’attaque flamboyant, il va devoir progresser à ce niveau-là. »

Le top 10 en ligne de mire

A en croire tous ceux qui l’entourent ou le croisent au quotidien sur le circuit, cela ne devrait pas tarder à arriver. Zverev lui-même en convenait, dimanche, micro en main, en s’adressant directement à sa victime du jour : « tout le travail que tu fournis en dehors des courts paye. Je te l’ai dit au filet, tout à l’heure, si tu continues comme ça, je suis sûr que tu en gagneras des tournois comme celui-ci. »

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C’est aussi l’avis de Guy Forget, qui prédit une saison prochaine pleine de réussite pour le garçon aux jambes arquées et au maillot sagement rentré dans le short. « J’adore Ugo, j’adore son jeu et je suis très optimiste pour l’avenir, nous a-t-il confié. Cette défaite n’est qu’une étape dans ce qui va vivre dans les mois prochains. Il y a cette fameuse phrase qui dit : ''je ne perds jamais, soit je gagne, soit j’apprends'', eh bien, ça correspond parfaitement à la situation d’Ugo aujourd’hui. Il est jeune, il est bien entouré avec Jérémy (Chardy, son coach) et tout son staff. Je suis sûr qu’il va nous montrer de belles choses dans les années à venir. »

Et si ce tournoi peut lui servir de déclic, à 26 ans, lui qui atteindra lundi le meilleur classement de sa carrière (14e), alors il n’aura pas tout perdu, bien au contraire. Peut-on même aller jusqu’à dire que cette perf' à Paris va lui permettre de passer un cap et de viser une place bien au chaud dans le top 10 ? Bien qu’elle ne soit pas la plus objective, Tessah Andrianjafitrimo a sa petite idée sur la question : « oui, carrément, ce n’est que le début ! »