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4 Français sur 5 qualifiés en 8es à Bercy, qu’est-ce donc que cette diablerie ?

Master 1000 de Paris-Bercy : Quatre Français sur cinq en 8es, mais qu’est-ce donc que cette diablerie ?

INJOUABLESEn attendant le match d’Arthur Cazaux contre Ben Shelton en night session, les Français ont de nouveau brillé ce mardi avec quatre qualifications sur cinq possibles en 8es de finale
Aymeric Le Gall

Aymeric Le Gall

L'essentiel

  • Les Français ont vécu un mercredi de folie du côté de Bercy, avec pas moins de quatre qualifications en 8es sur les cinq possible, en attendant le match de Cazaux contre Shelton.
  • La cuvée de l'an passée avait accouché d'une piquette immonde, avec sept Français sur huit éliminés dès le premier tour.
  • Serait-ce l'effet « der des ders » du tournoi du côté de Bercy, avant le déménagement à Nanterre l'an prochain ? Possible, mais pas seulement.

Quand ils arrivent en ville, tout le monde change de trottoirs, ils ont l’air moins fragiles et ils font peur à voir. Qui ça, qui ça ? On ne parle pas là des loubards chers à feu Daniel Balavoine mais bien de nos tennismen français qui se baladent gaiement sur les cours de l’Accor Arena de Bercy depuis le début de semaine. Après le 5/8 du premier tour, et malgré la défaite en guise d’adieu de Richard Gasquet, nos Frenchies ont frôlé le sans-faute ce mardi lors des 16es de finale du Master 1000 de Paris-Bercy.

En attendant le dernier match du soir entre Arthur Cazaux et Ben Shelton, seul notre balanceur de parpaings préféré, Giovanni Mpetshi Perricard, a pris la porte de sortie ce mardi. S’il avait bien commencé en remportant le premier set au tie-break - what else ? –, « GMP » a semblé émoussé par sa grosse semaine victorieuse à Bâle, face à un Karen Khachanov qui aura réussi l’exploit de prendre un service (et un service seulement) au « servebot » lyonnais.

Une journée de boulot (pas) comme une autre pour nos Frenchies

A part ça, la journée avait parfaitement commencé avec la victoire d’Arthur Rinderknech contre Alex Michelsen, rapidement imité par ses petits copains Arthur Fils (tombeur facile de Struff), Ugo Humbert (victorieux de l’Américain Marcos Giron) et Adrian Mannarino, renversant contre Zizou Bergs après la perte de la première manche. Quatre Français qualifiés pour les 8es de finale sur les cinq en lice, ça faisait un moment qu’on n’avait pas vu ça ne nos propres yeux à Bercy, un lieu où il ne fait habituellement pas bon parler français et manger de la baguette.

L’an passé, les Français avaient carrément signé le plus beau gadin de l’histoire, avec un seul représentant au deuxième tour et plus aucun en 8e - pour la deuxième fois seulement depuis 1990 - après la défaite d’Ugo Humbert contre Zverev. Puisqu’on ne peut pas s’empêcher de tout théoriser, comment lire ces performances rayonnantes cette année ? Faut-il y voir un lien avec le prochain déménagement du tournoi du côté de la Défense-Arena, à Nanterre ? Interrogé sur le sujet, Arthur Fils invalide la théorie de la nostalgie transcendantale.

« Je ne pense pas trop au fait que c’est la dernière ici, à Bercy. C’est sûr que c’est un tournoi incroyable mais je pense qu’à la Défense ça sera tout aussi bien. Mais ça fait toujours plaisir de bien jouer ici, je me sens bien, comme à la maison. » Le concernant, il faut plus voir dans ce joli début de parcours les signes d’un gros travail invisible à l’entraînement.

« Je bosse beaucoup depuis le début de l’année pour ce genre de match. Je passe pas mal de temps sur le terrain, en salle de gym. On bosse beaucoup pour pouvoir garder un niveau de jeu assez élevé, un niveau physique assez élevé pendant tout un match. Ça se ressent. Même si c’est le dernier tournoi de l’année, que je tire un peu la langue, au final, c’est là où je me sens le mieux. »

Manna is back

En réalité, chaque joueur a ses propres explications. Quand Ugo Humbert dit juste se sentir en feu - « Quand je joue comme ça, je sais que tout est possible » - Adrian Mannarino parle, lui, d’un basculement mental après sa grosse blessure au pied lors du Masters 1000 de Miami.

« J’ai pensé que ce serait une histoire de quelques semaines, mais ça a pris plusieurs mois avant que je puisse de nouveau courir normalement. J’étais apte à jouer cet été, mais j’ai perdu beaucoup de matchs en trois sets. Sur le terrain, j’avais des pensées négatives car je pensais que ça n’allait pas se goupiller dans mon sens. Même en arrivant ici, c’était très moyen, mais ça a l’air de se passer pas trop mal. En tout cas, j’arrive à jouer sans trop penser à mon pied ou à mon genou, qui sont les deux problèmes récurrents que j’ai eus cette année. J’espère que ça va continuer comme ça. »

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Pourvu que ça dure au-delà des 8es

Reste qu’avec quatre joueurs en 8es (et peut-être cinq si Cazaux réussit l’exploit de taper Shelton mercredi soir), on va commencer à croire en notre bonne étoile, nous qui avons mangé pas mal de bouillie ces dernières années. L’heure du caviar a sonné. Ça ne sera pourtant pas facile pour tout le monde, et notamment pour l’ami Humbert, opposé à Carlos Alcaraz au prochain tour. Mais le Messin veut croire en la folie de Bercy, celle-là même qui avait permis à Hugo Gaston de renverser l’étoile montante du tennis espagnol il y a trois ans.

« C’est le genre de match que j’adore jouer, je n’ai pas peur de jouer les meilleurs, je suis capable de les battre. L’ambiance, je n’attends que ça. Je vais essayer d’emporter le public avec moi, qu’il me pousse comme jamais, a-t-il promis en conférence de presse. J’avais vu son match contre (Hugo) Gaston (défaite au deuxième tour 6-4, 7-5, en 2021). J'aimerais bien qu’ils soient aussi chauds. C’était incroyable, ce match ! Ils avaient réussi à le faire complètement dégoupiller. » Ce n’est plus le même Alcaraz, ni le même public, que l’on trouve d’ailleurs un peu trop frileux à notre goût cette année, mais les montagnes sont faites pour être renversées.