Bordeaux : «Je cherche de la constance», Lucas Pouille se relance (enfin) avant Roland avec une victoire en Challenger

TENNIS En grande difficulté depuis plusieurs semaines, le Français a remporté le tournoi de la Villa Primrose

Clément Carpentier

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Lucas Pouille remporte le premier Challenger de sa carrière à Bordeaux.
Lucas Pouille remporte le premier Challenger de sa carrière à Bordeaux. — NICOLAS TUCAT / AFP
  • Lucas Pouille s’est imposé au Challenger de Bordeaux ce dimanche.
  • Venu pour retrouver la victoire dans une période compliquée, il a réussi son pari.
  • Le Français va devoir maintenant confirmer à Madrid, Rome et surtout Roland Garros dans quelques semaines.

Parfois, le tennis ne tient à rien du tout. A une simple balle de match. Demandez à Lucas Pouille. En (très) grosse difficulté depuis sa demi-finale à l’Open d’Australie en début d’année (cinq défaites d’affilée au premier tour), le Français a failli passer à la trappe dès le premier tour du Challenger de la Villa Primrose mardi dernier à Bordeaux. Ça aurait vraiment fait tache. Au final et cinq victoires plus tard, il a fini par soulever le trophée dimanche face au jeune Suédois Mikeal Ymer (6-3, 6-3) : « C'est le premier titre en Challenger de sa carrière… C’est atypique mais c’est très bien », s’amuse Loïc Courteau, son entraîneur avec Amélie Mauresmo.

Lucas Pouille a parfaitement maîtrisé sa finale à Bordeaux.
Lucas Pouille a parfaitement maîtrisé sa finale à Bordeaux. - NICOLAS TUCAT / AFP

Pas vu dans un tournoi de deuxième division du circuit ATP depuis 2016, « le pari de redescendre d’un niveau pour simplement gagner des matchs est totalement gagnant », savourait le Nordiste. Une victoire qui lui permet surtout de sortir de sa spirale négative : « C’était vraiment le plus important. C’était l’idée en venant ici. On sait comment ça se passe dans le tennis, ce n’est pas une question de niveau de jeu, il fallait juste sortir de ce moment un peu compliqué pour moi. » « Peu importe la dimension du tournoi, il fallait gagner ! Il y a tellement peu de marge entre les joueurs que ça se joue beaucoup dans la tête », confirme son coach. Et c’est peut-être le déclic qu’il manquait à Lucas Pouille. En tout cas, son clan l’espère.

Le test Coric dès mardi à Madrid

Maintenant, l’objectif est simple : confirmer et monter encore en régime d’ici Roland Garros. Et il va être servi puisque dès mardi, il retrouvera le Croate Borna Coric (15e mondial) au premier tour du Masters 1.000 de Madrid, un joueur qu’il avait battu en Australie : « Ça va être un vrai test. Il va encore falloir se focaliser sur l’attitude, la bagarre. Aujourd’hui, je cherche de la constance mais j’ai hâte d’y être », affirme-t-il.

Loïc Courteau, lui, observe que « des choses se mettent en place petit à petit. Son jeu devient de plus en plus agressif. Il y a encore un peu de hauts et de bas mais les bas sont de moins en moins importants donc c’est très positif pour la suite. » A 25 ans, trouver de la constance reste le plus grand défi pour le 28e joueur mondial, capable du meilleur comme du pire, ce début d’année est venu le rappeler à tout le monde. Cette bonne semaine bordelaise demande donc rapidement confirmation.

Roland Garros ? « C’est loin, très loin »

Mais en revanche ne lui parlez pas de Roland Garros : « Oulaaaaa, c’est loin, très loin ! Il y a déjà deux gros tournois [les Masters 1.000 de Madrid et Rome]. Après, dans trois semaines, il sera temps d’y penser. » L’année dernière, il n’avait pas fait mieux qu’un troisième tour à la Porte d’Auteuil mais pour l’instant c’est donc loin d’être sa préoccupation. Comme le répète Loïc Courteau : « Le principal, c’est de tout donner et puis, on verra bien où ça le mènera… » Alors pourquoi pas une bonne surprise à Paris ? Avec Lucas Pouille, on ne sait jamais…