VIDEO. Bordeaux: Confiance, points, reprise... Pourquoi Pouille et Tsonga s'alignent en Challenger?

TENNIS L'un doit remonter au classement, l'autre espère enfin retrouver le chemin de la victoire

Clément Carpentier

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Jo-Wilfried Tsonga et Lucas Pouille sur les courts de la Villa Primrose à Bordeaux.
Jo-Wilfried Tsonga et Lucas Pouille sur les courts de la Villa Primrose à Bordeaux. — Clément Carpentier / 20 Minutes
  • Jo-Wilfried Tsonga et Lucas Pouille font leur entrée au Challenger de la Villa Primrose ce mardi après-midi.
  • Les deux hommes, ex-numéros 5 et 10 mondiaux, sont en manque de matchs.
  • Le premier revient de blessure, le second n’a plus gagné une rencontre depuis sa demi-finale à l’Open d’Australie.

Lundi 29 avril. 11h. Jo-Wilfried Tsonga et Lucas Pouille font leur entrée sur les courts 1 et 2 de la Villa Primrose pour une session d’entraînement. Certains se précipitent entre les deux terrains pour prendre des photos et immortaliser le moment. Ce n’est pas tous les ans que deux des meilleurs joueurs français, ex-numéros 5 et 10 mondiaux, s’alignent sur le challenger bordelais. Pour « Jo », c’est même une première. « Pour l’instant, le pari de changer de calendrier (de la troisième semaine de mai à la première) est gagnant », savoure Jean-Baptiste Perlant.

Cette année, son tournoi ne se retrouve pas en concurrence avec le Masters 1.000 de Rome mais seulement avec deux ATP 250, Munich et Estoril. « Le contexte est beaucoup plus favorable pour attirer ce genre de joueurs » pour l’organisateur. Et dire que Richard Gasquet avait lui aussi donné son accord avant finalement de repousser son retour à la compétition après sa blessure à l’aine (hernie inguinale). Mais attention, Jo-Wilfried Tsonga et Lucas Pouille ont également chacun de bonnes raisons de s’aligner sur la terre battue girondine.

Tsonga chasse les points…

Douze ans. Cela faisait douze ans que le Manceau n’avait plus disputé un challenger ! Autant dire une éternité. Mais au fond, ce n’est pas une surprise de le retrouver là. Après une année 2018 quasiment blanche à cause de nombreuses blessures (genou, abdominaux, adducteurs…) et un début de saison 2019 compliqué où il a annoncé être atteint de drépanocytose (maladie génétique du sang qui peut entraîner de la fatigue et des douleurs aux os), Jo-Wilfried Tsonga a chuté au classement (101e mondial cette semaine). Il chasse donc les points. Et peu importe où.

« Il est dans une phase de reprise où il a besoin de jouer, d’enchaîner les matchs et les victoires pour remonter à l’ATP. Ici, on essaie de le mettre dans les meilleures dispositions », explique Jean-Baptiste Perlant. Par le passé dans la même situation, cela avait souri à Gasquet et Monfils, vainqueurs du tournoi en 2010 et 2013. « Vu la qualité du tableau ici, c’est comme si c’était un ATP 250. C’est un gros tableau. Je n’ai pas l’impression que ça change de d’habitude. Débuter face à Viktor Troicki (vainqueur de Nicolas Mahut), ça aurait pu arriver en Grand Chelem, en Masters Series », rappelle-t-il modestement dans Sud Ouest.

… Et Pouille la confiance !

En revanche, celui qu’on n’attendait pas à la Villa Primrose, c’est bien le demi-finaliste de l’Open d’Australie. Lucas Pouille, 32e mondial, aurait pu disputer les tournois de Munich et Estoril sans problème avec son classement mais il a choisi Bordeaux. Alors comment Jean-Baptiste Perlant a-t-il fait pour le convaincre ? « Après sa défaite à Monte-Carlo il y a 15 jours, j’ai envoyé un petit texto à Amélie (Mauresmo, sa coach) pour lui dire qu’il était le bienvenu et j’ai finalement eu un retour positif. Je pense que c’est le joueur mieux classé que l’on ait eu en 12 éditions. »

Pas encore au fond du seau, le Français est sérieusement dans le creux de la vague. Depuis l’Australie, il reste sur deux forfaits (Acapulco et Rotterdam) pour cause de virus et surtout cinq défaites au premier tour (Montpellier, Indian Wells, Miami, Monte-Carlo et Barcelone). Ça pique.

« Il est vraiment en manque de confiance, il cherche à vite retrouver le chemin de la victoire pour se rassurer et il est prêt à redescendre d’un niveau pour ça. En plus, il sait qu’il y a un environnement stable et sain à Bordeaux (il fut quart de finaliste en 2015) » pour le directeur du tournoi. Voir Tsonga et Pouille au Challenger de la Villa Primrose est donc un échange de bons procédés. Et chacun espère passer un ou deux tours. Sportifs comme organisateurs.