Roland-Garros: Tsonga en demie, c'est bien, mais c'est quoi la suite?

TENNIS Le Français semble avoir posé les bases pour durer...

A Roland-Garros, Nicolas Camus

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Jo-Wilfried Tsonga à la sortie du court après sa défaite en demi-finale de Roland-Garros contre Wawrinka, le 5 juin 2015.
Jo-Wilfried Tsonga à la sortie du court après sa défaite en demi-finale de Roland-Garros contre Wawrinka, le 5 juin 2015. — KENZO TRIBOUILLARD / AFP

C’est vrai, vendredi, à chaud, tout le monde était déçu que Jo-Wilfried Tsonga n’ait pas saisi l’opportunité d’accrocher cette finale. Mais, déjà, les discours étaient tournés vers l’avenir. Car le Français a réalisé un parcours que seuls quelques illuminés avaient imaginé. Arrivé en ayant jamais gagné plus de deux matchs d’affilée en 2015, il a tout de même sorti sans sourciller les numéros 4 et 5 mondiaux.

Impossible de dire aujourd’hui s’il a gâché une dernière occasion de décrocher un tournoi du Grand Chelem ou s’il a posé les jalons d’une deuxième partie de carrière triomphante. On ne sait pas si c’est notre côté cocardier qui parle ou simplement les ondes dégagées par le Manceau sur cette quinzaine, mais on a clairement envie de pencher pour la deuxième solution. Et on n’est pas les seuls.

« Ces ajustements, ce sont les quelques points qui le séparent du "big four" »

« Sur ce qu’il a montré, il aura de nouvelles chances, j’en suis persuadé, attaque la capitaine de l’équipe de France de Coupe Davis, Arnaud Clément. Je connais sa déception parce que je sais qu’il voulait aller encore plus loin, on peut compter sur lui. » On peut aussi compter sur ses coachs, Nicolas Escudé et Thierry Ascione, pour éviter la même baisse de tension qui avait suivi sa dernière apparition à ce niveau.

Après sa demie à Roland en 2013, Tsonga n’avait pas vu plus loin que le deuxième tour à Wimbledon et n’avait pas vu du tout l’US Open, blessé au genou. Si on ne peut présager de rien avec le corps du Manceau, la ligne à tenir est claire. « Beaucoup de choses m’ont plu, dans son attitude, le jeu qu’il a exprimé, le plaisir qu’il a pris sur le terrain, mais on ne va pas se satisfaire de ça », assure Escudé.

Jo-Wilfried Tsonga sort de ce Roland avec quelques garanties. A 30 ans, sa nouvelle approche des matchs semble prendre corps, petit à petit. « Je l’ai trouvé clairement changé, note le DTN, Arnaud Di Pasquale. S’il arrive à tenir ça toute la saison ça va être un autre Jo. Il va continuer à prendre conscience de son potentiel, à mieux jouer. Toutes ces petites choses, ces ajustements, ce sont les quelques points qui le séparent du "big four" aujourd’hui, je suis convaincu de ça. »

C’est l’impression que donne aussi l’intéressé, même quelques minutes après sa défaite. « Le sentiment qui prédomine déjà est de me dire que ça avance. Je suis de retour au plus haut niveau et je suis pressé d’attaquer la suite. Je ne vais pas m’arrêter là, en tout cas je l’espère. J’espère tenir le coup, jouer plus et répéter ce genre de situation pour, peut-être une fois, essayer de passer. »

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La suite, c’est donc, après quelques examens médicaux pour un truc dont il « ne peut rien dire pour l’instant » - alors qu’Ascione soulignait juste avant qu’il « n’avait mal nulle part » -, la saison sur herbe. « Jo aime bien le gazon, s’y sent bien, y a eu de bons résultats par le passé [un quart et deux demies à Wimbledon entre 2010 et 2012], souligne Escudé. Il va falloir continuer sur le chemin tracé pendant cette quinzaine. »

Il y a aussi ce quart de finale de Coupe Davis à jouer face à la Grande-Bretagne, du 17 au 19 juillet. « Pour nous c’est fabuleux. Retrouver Jo comme ça avec de belles victoires, c’est important. Il en avait besoin et nous aussi. C’est un vrai vrai plus », apprécie Lionel Roux, l’entraîneur des Bleus. Tout le monde est donc finalement très content. En priant pour que, cette fois, ça dure.