Paris : « Il y a eu Yannick Noah et maintenant il y a moi ! »… Vincent Milou remporte la Street League à Roland Garros
skateboard•Le Landais a remporté, samedi, la célèbre compétition de skateboard, organisée pour la première fois à Roland Garros, et qui réunissait les meilleurs riders de la planèteThibaut Chevillard
L'essentiel
- Le Français Vincent Milou, 28 ans, a remporté samedi l’étape parisienne de la Street League, une série de compétitions organisée aux quatre coins de la planète. Aurélien Giraud, le tenant du titre, n’a pas réussi à se qualifier pour la finale.
- « Je repars à vélo chez moi avec le trophée, c’est un rêve de gamin qui se réalise ! Et en plus à Roland Garros, c’est un truc de fou. il y a eu Yannick Noah et maintenant, quelque part, il y a moi ! », a confié Vincent Milou en conférence de presse.
- Chez les femmes, la compétition a été remportée par la japonaise Aoi Uemura, 16 ans. Elle termine devant l’Australienne Chloé Covell, gagnante de l’épreuve l’an passé, et une autre Japonaise, Yumeka Oda.
A Roland Garros,
Pow pow pow ! Mais quelle ambiance de malade ! Les gradins du court Philippe-Chatrier étaient pleins à craquer ce samedi. Et, pour une fois, ce n’est pas pour assister à un match de tennis. Environ 10.000 spectateurs étaient présents à Roland-Garros pour encourager les meilleurs skaters et skateuses de la planète qui participaient à l’étape parisienne de la Street League, une série de compétitions organisées aux quatre coins de la planète.
Le public français a fait un boucan d’enfer pour supporter ses deux chouchous. Le lyonnais Aurélien Giraud, le tenant du titre, qui a été éliminé dès les qualifications. Et le Landais Vincent Milou, 28 ans, qui a, en début de soirée, remporté l’épreuve, en devançant les cinq autres sportifs qualifiés pour la finale dans la catégorie homme. Milou a, tout au long de la journée, enchaîné les gros tricks (les figures) sur les modules du skatepark construit pour l’occasion et peints couleur terre battue. Un sans-faute.
« C’est un rêve de gamin qui se réalise ! »
Yuto Horigome, le double champion olympique japonais, est, lui, passé complètement à côté de sa finale. Très en forme, la légende américaine Nyjah Huston, 3e aux JO de Paris, a bien failli décrocher un nouveau titre. Mais au final, Vincent Milou devance de quelques points le brésilien Giovanni Vianna et le japonais Sora Shirai.
« Je repars à vélo chez moi avec le trophée, c’est un rêve de gamin qui se réalise ! Et en plus à Roland Garros, c’est un truc de fou. Il y a eu Yannick Noah et maintenant, quelque part, il y a moi ! », sourit le champion français de la discipline, 4e aux JO de Tokyo en 2020 et 2e aux X-Games en 2022. « On ne pourra jamais comparer les JO et la Street League à Roland-Garros, c’est 1.000 fois plus fort et plus intense ici », assure Vincent Milou. « Les gens viennent pour le skate, ils aiment ça. Les JO, c’est un public plus large. Ici, ce sont des passionnés qui viennent partager un moment avec nous. »
« Le public français, c’est dingue »
Il faut dire que, par moments, l’ambiance était bouillante, comme lors d’un match de l’OM au stade Vélodrome. « C’est l’épreuve de la Street League la plus incroyable qu’il n’y ait jamais eue ! », insiste Vincent Milou. « Au Brésil, c’était déjà fou. Mais le public français, c’est dingue, je n’avais jamais vu ça. L’atmosphère était unique. Le stade est magnifique, les lumières sont supers belles, le skatepark hyper bien pensé, avec ses couleurs. C’était ultra-motivant pour tout le monde. Ça avait un côté unique et spécial. Skater ici, c’était magnifique. Et d’avoir du monde qui te supporte, ça aide. C’était une journée incroyable. J’ai passé des mois assez durs avant la compétition. Je ne savais même pas si j’allais la faire. Alors ça m’a fait du bien de skater avec le sourire, de me sentir bien, d’avoir mes potes ici, d’être à la maison. »
Vincent Milou rentre désormais dans le club très fermé des vainqueurs d’une épreuve de Street League. « Il le mérite tellement, c’était son moment, souffle Giovanni Vianna. Il est souvent en finale, souvent deuxième, donc gagner en plus dans ton pays, avec la pression, c’est énorme. » Très populaire auprès des plus jeunes, le Landais a signé de nombreux autographes ce samedi. « J’espère que ma façon de skater donnera envie aux kids de skater dans la rue et pour le plaisir. Je n’ai pas commencé le skate pour gagner une compétition, ça n’a jamais été le but dans ma vie. » Et la suite ? « Je vais déjà profiter de ce moment, et après on verra ! »
Un niveau de fou chez les filles
Chez les femmes, la compétition a été remportée par la japonaise Aoi Uemura, 16 ans. Elle termine devant l’Australienne Chloé Covell, gagnante de l’épreuve l’an passé, et une autre Japonaise, Yumeka Oda. Le niveau des skateuses finalistes était juste monstrueux ! Elles ont prouvé, s’il fallait encore le faire, que ce sport n’est plus réservé qu’aux garçons.


















