XV de France : Les Bleus se méfient d’une équipe italienne « blessée » et « revancharde »
RUGBY•Fabien Galthié et les joueurs tricolores ont tenté de démonter l’idée d’un dernier match du groupe A de la Coupe du monde de rugby joué d’avance, vendredi (21 heures) au Parc OL, malgré la raclée (17-96) subie par l’Italie contre les All BlacksJérémy Laugier
L'essentiel
- Le XV de France va disputer vendredi (21 heures), au Parc OL de Décines, son dernier match de poule de la Coupe du monde de rugby contre l’Italie.
- Au vu de la raclée subie par les Azzurri la semaine passée face aux All Blacks (17-96), le suspense ne semble guère présent pour cette rencontre, supposée déboucher sur un choc France-Afrique du Sud en quart de finale.
- Pour autant, Fabien Galthié et ses joueurs ont insisté sur la méfiance que leur inspirait la bande à Ange Capuozzo, qui les a régulièrement contrariés dans le Tournoi des VI Nations.
A Limonest (Rhône),
On ne s’imaginait pas un instant voir les joueurs du XV de France se succéder, ce mercredi au pôle culturel de Limonest (Rhône), pour annoncer à la presse leur envie de battre dans deux jours l’incroyable écart du match All Blacks-Italie (96-17, + 79). Rassurez-vous, le mode prudence/vigilance +++ a été activé puisque durant une heure de conférence de presse avec Fabien Galthié et cinq titulaires de ce dernier match du groupe A de la Coupe du monde de rugby, la perspective du choc des quarts de finale contre l’Afrique du Sud n’a jamais été mentionnée. Mathématiquement parlant, ce France-Italie de vendredi (21 heures), au Parc OL de Décines, est certes « un huitième de finale » puisqu’une défaite (même avec bonus) éliminerait les Bleus (si la Nouvelle-Zélande fait le boulot jeudi contre l’Uruguay).
Dans les faits, il est juste inimaginable de voir la meilleure équipe française possible (hors Dupont, évidemment forfait) s’effondrer contre des Azzurri à ce point massacrés par les All Blacks la semaine passée. Mais personne ne s’est évidemment approché de ce niveau de confiance-là (en apparence) côté XV de France. « On se doute que les Italiens ne vont pas montrer le même visage que contre les Néo-Zélandais, a d’emblée prévenu Charles Ollivon, capitaine vendredi à Décines. Ça va être un tout autre match contre nous. Nous sommes certains qu’ils mettront un autre niveau d’engagement. Il y aura beaucoup moins de plaquages manqués de leur côté [33 sur 125 tentés face aux All Blacks], c’est une évidence. On a un peu lu ce qu’ils ont dit dans la presse : ils vont tout donner pour ce match éliminatoire. C’est un match qui va taper fort contre eux ! »
Le souvenir d’un fébrile succès à Rome en février
Charles Ollivon donne habilement un coup de main aux équipes marketing de la FFR en (sur)vendant ainsi ce qui ne s’apparente vraiment pas à une affiche en puissance, au regard des forces en présence. On peut sans surprise compter sur Fabien Galthié pour en remettre une louche : « C’est une équipe latine qui a été blessée donc on s’attend à une réaction très très forte de sa part. L’Italie a fait des ajustements dans sa composition d’équipe et a tout à gagner. On s’attend à un match très très difficile, tout comme notre dernier match à Rome dont on a reparlé ».
Car oui, le 5 février à Rome, en ouverture du Tournoi des VI Nations, on était à des années-lumière des 14 essais inscrits vendredi dernier par les All Blacks contre cette même sélection. Fébrile au possible, le XV de France l’avait emporté avec une mini-marge (24-29), en laissant planer quelques doutes, même si l’Italie ne l’a plus emporté contre les Bleus depuis dix ans.
« La tension est un peu plus grande, on peut rentrer à la maison »
« C’est particulier parce que l’Italie est pratiquement à chaque fois la première équipe qu’on affronte lors des VI Nations, évoque Jonathan Danty pour justifier les difficultés régulières côté tricolore dans cette opposition. Lorsqu’on sort de deux semaines de préparation, c’est toujours un peu plus délicat par rapport à un match en pleine compétition. Il y a toujours beaucoup de tension sur nos matchs et l’Italie progresse depuis trois ans sur la scène internationale. » Ce n’est évidemment pas ce qui est ressorti du carnage subi à Décines, mais les précautions de la bande à Charles Ollivon s’entendent.
« En quatre ans, il y a eu très peu de matchs faciles contre eux [22 points d’écart en moyenne depuis 2019], insiste Grégory Alldritt. Il faudra être très bons sur les phases de collision et en conquête. Ils ont beaucoup d’orgueil et d’amour-propre. Ils vont vouloir laver l’affront, montrer une image différente, on est prévenus. » Nous aussi, on a bien compris le message. « Ils vont être revanchards, poursuit Peato Mauvaka. Dans le combat et la conquête, ça va être un gros défi pour nous. » Avant d’affronter Ange Capuozzo et ses partenaires, Maxime Lucu enfonce le clou : « On sait très bien que c’est un match à élimination directe. La tension est un peu plus grande, forcément, car on peut rentrer à la maison ». Bon, désolé Maxime mais à 20 Minutes, on a déjà mis en place notre dispositif pour couvrir le match France-Afrique du Sud, le 14 octobre au Stade au France.


















