XV de France : Galthié machine à punchlines et surnoms de téléréalité… Le journal des Bleus
rugby•Tout ce que vous devez savoir sur le quotidien de l’équipe de France pendant cette Coupe du monde de rugbyNicolas Camus
L'essentiel
- Le XV de France est arrivé mardi à Lille, où il disputera jeudi son deuxième match de poule face à l’Uruguay.
- Fabien Galthié a dévoilé la composition d’équipe qui sera alignée au coup d’envoi, avec 12 nouveaux joueurs par rapport à la Nouvelle-Zélande et Anthony Jelonch capitaine pour son grand retour.
- La conférence de presse a été marquée par quelques punchlines à garder précieusement dans l’anthologie du sélectionneur… et la révélation d’un surnom qu’il aurait peut-être mieux valu garder secret.
La délégation française est arrivée à Lille, mardi en fin de matinée. Juste le temps de déposer les valises à l’hôtel et Fabien Galthié, accompagné de cinq joueurs, s’est rendu au stade Pierre-Mauroy pour dévoiler la composition d’équipe qui débutera jeudi contre l’Uruguay. Avec quelques « Galthiéades » dont il a le secret.
Jelonch capitaine, une évidence
Opéré le 6 mars des ligaments croisés et capitaine du XV de France le 14 septembre en Coupe du monde, voilà donc le chemin assez extraordinaire parcouru par Anthony Jelonch cette année. Le colosse toulousain a bossé d’arrache-pied pour être de l’aventure et le voilà récompensé, titulaire et capitaine en l’absence d’Antoine Dupont, jeudi contre l’Uruguay. « Cet objectif en ligne de mire m’a beaucoup aidé à revenir vite et fort, a-t-il expliqué mardi lors de la conférence de presse. Cette blessure m’aura fait grandir. »
Fabien Galthié n’a pas tari d’éloges sur son troisième ligne au moment de justifier son choix : « Anthony représente parfaitement le groupe. Durant ces quatre ans, on a eu des moments durs, qu’on n’a pas vu venir parfois, sur le plan du jeu, de l’adversité, de l’environnement. Les hommes ont été forts dans ces moments. Ce groupe, c’est la détermination, la solidarité. On avance comme ça. »
Le voyant revenir en pleine possession de ses moyens, le sélectionneur avait laissé Jelonch « choisir » son match de rentrée. « J’ai dit "le plus vite possible" », relate l’intéressé. Va donc pour ce deuxième match de poule. « Je n’ai plus qu’une hâte maintenant, c’est d’être à jeudi et que le coup d’envoi soit tapé », projette-t-il.
La composition : Jaminet - Bielle-Biarrey, Vincent, Moefana, Villière - Hastoy, Lucu - Macalou, Jelonch, Boudehent - Taofifenua, Woki - Aldegheri, Bourgarit, Gros
Galthié comme on l’aime
On ne sait pas si c’est la victoire face aux All Blacks qui l’a (encore plus) libéré, mais le sélectionneur était particulièrement en forme dans cette conf d’annonce de composition. Ça fait pourtant quatre ans qu’on les entend mais parfois, certaines grandes envolées de Galthié arrivent encore à nous surprendre. On en a ainsi retenu quatre qui sortent du lot et sur lesquelles on a longuement médité le soir en se couchant.
- Sur le retour de Jelonch : « Le travail et la conviction, ça forge et ça aide. »
- Sur la tournée en Australie à l’été 2021 : « A chaque match on passait au révélateur, des hommes et des âmes. Et Anthony était notre capitaine. A chaque moment dur notre équipe a fait union, cela fait partie de nos grands moments de construction. »
- Sur le travail du staff : « On se nourrit du regard des autres, de la bienveillance de tous. »
- Sur un truc qui n’avait rien à voir : « La première qualité de ce groupe est que [ses membres] défendent la ligne. Ils défendent la ligne avec leur corps, leur cœur et leur âme. »
Dans le Nord (aussi), on aime le rugby
Quasiment tous les joueurs alignés jeudi disputeront leur premier match en terre lilloise. Une découverte, dans une région pas forcément connue pour sa passion pour le rugby. Et pourtant, ils étaient quelques centaines, déjà, à attendre les Bleus à leur arrivée à la gare. « C’est sympa de jouer en province, et pas toujours au Stade de France, estime Romain Taofifenua. C’est un grand plaisir de se sentir soutenu partout en France. »
Attention à la décompression
On rigole on rigole, mais il y a un match à gagner, jeudi. La victoire en ouverture a soulagé tout le monde après des mois à ne penser qu’à ça, mais il s’agirait de ne pas se laisser totalement aller maintenant que le plus dur est passé. « Il faut digérer ce match qui clignotait depuis trois ans comme un sémaphore, a illustré Galthié au moment de justifier sa composition d’équipe remaniée à 80 %. On doit basculer et se projeter en peu de temps, c’est pour ça qu’on aligne l’équipe qui nous semble être la meilleure pour cette rencontre et la plus complémentaire en termes de fraîcheur et de motivation. »
La vigilance est de mise chez les coachs, qui ont bien insisté sur ce point depuis dimanche. Les habituels remplaçants savent pourquoi ils sont là. « Ils nous l’ont bien répété, le but est de rien lâcher. Il y a cette exigence au quotidien pour faire avancer l’équipe, c’est le seul moyen de faire de grandes choses », rapporte Melvyn Jaminet. A propos de qui l’info principale du jour restera tout de même qu’il est surnommé « Paga » au sein du groupe, en référence au candidat des « Marseillais à Miami » Anthony Paggini. Explication (parce qu’il en faut forcément une) : « Avec les Toulousains on se chambre pas mal avec des surnoms de téléréalité », raconte l’arrière en se marrant. On a hâte de connaître les autres.
Le programme du jour
Les Bleus seront au stade Pierre-Mauroy à partir de 13 heures pour un premier et dernier entraînement in situ avant le grand jour.


















