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Pour Mola et les Toulousains, l’heure de régler les comptes face au Leinster

Finale de la Champions Cup : Pour Ugo Mola et les Toulousains, l’heure de régler les comptes face au Leinster

rugbySamedi, le plus titré des clubs français retrouve sa bête noire, qui l’a battu trois fois en demi-finale depuis 2019
Nicolas Camus

Nicolas Camus

L'essentiel

  • Le Stade Toulousain affronte le Leinster samedi en finale de la Champions Cup de rugby (15h45).
  • Une finale au goût de revanche pour les Toulousains, éliminés par l’équipe irlandaise en demi-finale ces deux dernières années.
  • Ce grand rendez-vous arrive à point nommé, et il a été savamment préparé par l’entraîneur Ugo Mola, plus déterminé que jamais.

En voilà un défi à la hauteur de l’armada toulousaine. Privé de finale de Coupe d’Europe ces deux dernières années par le Leinster, le Stade retrouve son meilleur ennemi irlandais, ce samedi, avec cette fois le trophée pour enjeu. Il y a dans l’air une forme de suprématie à réaffirmer. Toulouse est le club le plus titré en Europe, mais après quatre succès entre la création de l’épreuve en 1996 et 2010, un seul est venu gonfler son palmarès sur le même laps de temps, depuis. On chipote, mais à l’échelle du Stade Toulousain, difficile de s’en contenter. Alors ce samedi, dans le stade londonien de Tottenham, pas le choix : il faut gagner.

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De toute façon, il est grand temps d’en finir avec cet ascendant pris par le Leinster ces dernières années. Ça fait quatre défaites de rang depuis 2019, et de belles roustes en plus (35 points encaissés de moyenne). Ce grand rendez-vous arrive à point nommé, et il a été savamment préparé par l’entraîneur Ugo Mola, plus déterminé que jamais.

« On a fait évoluer notre approche, notamment le choix de composition d’équipe ou cette capacité à être plus constant tout le long du match, avouait le technicien vendredi en conférence de presse. On s’est rapprochés aussi du monde arbitral avec la venue de Mathieu Raynal dans la semaine pour nous donner la possibilité de ne pas perdre le match sur de l’indiscipline ou des choses qui pourraient nous échapper. On a essayé de maîtriser le plus grand nombre de paramètres ».

C’est comme si cette saison si particulière, avec la Coupe du monde à gérer, avait été pensée pour que le Stade se retrouve là, face à cet adversaire. Les temps de jeu ont été pesés, les jeunes souvent envoyés au front en Top 14, même quand ça comptait (à Clermont, ou plus récemment contre le Stade Français et Montpellier), mais quand la Coupe d’Europe était au menu, Mola a toujours sorti la porcelaine. Antoine Dupont, par exemple, n’en a pas loupé une miette, comme tous les autres internationaux. Résultat, les Toulousains ont roulé sur tout le monde pour s’acheter l’assurance de jouer à la maison le plus longtemps possible dans la compétition, et s’éviter un nouveau traquenard à l’Aviva Stadium de Dublin avant la finale.

Un banc toulousain royal

A l’aube de la grande bataille, le club occitan se présente avec toutes ses forces vives et sûr de son fait. « Quand tu vois la gestion de la saison, Ugo a vraiment bien préparé son coup, estime Mauricio Reggiardo, coach de Provence Rugby et grand ami de Mola depuis leur rencontre à Castres, en 1997. Par rapport à ces dernières saisons, son groupe a encore grandi, pris en expérience. C’est une équipe connectée, avec une sacrée profondeur de banc. Il aborde ce match avec beaucoup de confiance et de certitudes. »

Au-delà des 133 points inscrits en trois matchs depuis le début de la phase finale, le Stade Toulousain peut en effet compter sur un effectif effrayant, au sein duquel des joueurs comme Thomas Ramos, Richie Arnold, Julien Marchand ou Santiago Chocobares débuteront sur le banc. Une des clés qui peut faire pencher la balance en faveur de l’actuel leader du Top 14. « C’est hyper important, parce qu’on a vu sur les derniers matchs le Leinster se fatiguer un peu en seconde période, observe l’ancien international Aubin Hueber. La stratégie avec les entrants sera primordiale. »

C’est également l’avis de Reggiardo : « Il faudra tenir sur les 20, 30 premières minutes, avec de la discipline, de l’engagement dans les rucks, pour enrayer ce jeu très huilé du Leinster. Et ensuite, avec la qualité des mecs sur le banc, Toulouse pourra conserver son niveau d’intensité et faire la différence. » Le coach argentin sait qu’Ugo Mola s’est préparé à un bras de fer au long cours.

Opposition de styles

Attention aussi à ne pas gaspiller trop d’énergie avec des phases de possession stériles. Le Leinster, à l’image de l’équipe nationale d’Irlande, dont il fournit 90 % des joueurs, a la capacité d’enchaîner de longues séquences en partant de son camp, sans jamais perdre le fil, jusqu’à faire craquer son adversaire. « Il faudra être intelligent, peut-être par moments savoir arrêter le jeu, sortir les ballons, ne pas être trop joueurs, imagine Hueber. Mola et son staff ont du vécu, ils savent jouer ces matchs. »

L’opposition de style s’annonce en tout cas alléchante, entre une équipe qui préfère jouer à partir des rucks et une autre adepte de l’avancée debout. « On sait ce que va faire le Leinster, on sait ce que va faire Toulouse. La question est : qui va réussir à imposer son style ? », résume Mauricio Reggiardo, qui juge l’équipe irlandaise « moins fluide mais plus dure à battre » cette saison, avec l’arrivée aux commandes du champion du monde sud-africain Jacques Nienaber à la place de Stuart Lancaster.

Jacques Nienaber, l'homme qui avait toujours un coup fumant en préparation sous sa casquette.
Jacques Nienaber, l'homme qui avait toujours un coup fumant en préparation sous sa casquette.  - TOM SANDBERG/PPAUK//SIPA

Nienaber est un maître dans l’art de préparer ses équipes dans les moindres détails pour remporter les matchs en très haute altitude, il l’a prouvé avec les Boks. Là aussi, un joli challenge pour Ugo Mola que de se frotter à la crème des tacticiens, même si ce n’est pas ce qui porte l’ancien ailier, assure son grand copain. « Il veut gagner, mais pas pour son ego, pour montrer que le Stade Toulousain est une institution, le plus grand club de France et le premier à faire deux fois le doublé (après 2021), rapporte Reggiardo. Ce club, c’est sa fierté. »

Pour l’Argentin, naturalisé Français depuis vingt ans, pas de doute en tout cas, « Toulouse va gagner ». Pas très objectif ? « Si, je dis ça en laissant de côté mon amitié pour Ugo », se marre-t-il au bout du fil. Rendez-vous à la réception de la première chandelle.