Tests d’automne : La LNR met en demeure World Rugby après l’annonce de l’extension des plages internationales

RUGBY La LNR et les clubs du Top 14 s'estiment lésés par l'extension de la fenêtre internationale qui passe de trois à sept semaines 

Aymeric Le Gall

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Paul Goze, le président de la LNR, n'aime pas les manières de faire de World Rugby.
Paul Goze, le président de la LNR, n'aime pas les manières de faire de World Rugby. — DOMINIQUE FAGET / AFP
  • En officialisant jeudi l’extension de la fenêtre internationale, World Rugby s’est attiré les foudres des clubs français et de la LNR.
  • Ceux-ci estiment en effet que cette plage élargie risque de nuire à leurs intérêts.

Il y avait peu de chance que la pilule passe aussi facilement dans le gosier des présidents de clubs et de la Ligue. La Ligue nationale de rugby a adressé une « mise en demeure » à World Rugby, qui a modifié sans son accord la règle 9 régissant la mise à disposition des internationaux, afin d’étendre la fenêtre des tests d’automne, a appris jeudi l’AFP de sources concordantes. La LNR met en demeure l’instance mondiale, la sommant, « dans un délai de huit jours », de « préciser les conditions dans lesquelles les décisions de World Rugby sont prises ».

Faute de réponse, la Ligue évoque « toutes les conséquences de droit relatives aux mises en demeure », sans plus de précision. La LNR, qui gère les championnats professionnels français ( Top 14 et Pro D2), reproche à World Rugby d’avoir modifié le calendrier international « sans aucune véritable concertation avec les ligues professionnelles et notamment la LNR ».

Une fenêtre internationale (très) étendue

L’extension de la fenêtre internationale à sept semaines, dont une de repos, des week-ends du 24 octobre au 5 décembre, au lieu des trois habituellement prévues, est « inacceptable » pour les clubs français auxquels elle « causerait un préjudice économique considérable alors qu’ils sont déjà très durement touchés par la crise sanitaire du Covid-19 », écrit encore l’avocat de la LNR.

C’est pour renflouer les caisses des Fédérations, elles aussi mises à mal par la pandémie, que World Rugby a voté jeudi cet aménagement exceptionnel, qui doit permettre aux sélections européennes de terminer le Tournoi des six nations interrompu en mars, puis d’organiser un tournoi inédit qui pourrait inclure deux nations invitées (Fidji, Japon ou Géorgie).

Les clubs du Top 14, qui emploient les internationaux français mais aussi étrangers (Fidjiens, Géorgiens, Argentins, Sud-Africains), estiment avoir déjà consenti à « un effort très important » en acceptant cinq matchs internationaux au lieu des trois habituels.

Les clubs préparent leur réponse

Mais la Fédération française de rugby (FFR) estime qu’elle « doit se conformer à l’édiction de cette règle internationale » et donc organiser six matchs, également souhaités par le sélectionneur du XV de France Fabien Galthié. En réaction, il n’est pas impossible que les clubs du Top 14, par la voix de la LNR, ne mettent que 30 joueurs à disposition du sélectionneur au lieu des 42 qu’ils acceptaient de libérer jusque-là. S’ils ne souhaitent pas mettre des bâtons dans les roues du XV de France à trois ans de la Coupe du monde en France, les présidents du Top 14 estiment cependant que leurs demandes devraient au moins être écoutées.

La LNR craint également que la modification de la règle 9 prédispose pour les saisons suivantes « l’organisation d’un nouveau calendrier international » préjudiciable au Top 14, qui verrait « une réduction du nombre de dates, une concentration sur une plus courte période et un décalage sur les mois d’été ».