Stade Toulousain-UBB : « Ceux qui aiment le rugby, ils vont être servis », pourquoi cet affrontement est toujours si spectaculaire ?

RUGBY Le derby de la Garonne devrait encore donner lieu à un match débridé ce dimanche à Ernest-Wallon (16h50)

C.C avec N.S

— 

Le Toulousain Kolbe face au Bordeaux Radradra.
Le Toulousain Kolbe face au Bordeaux Radradra. — REMY GABALDA - NICOLAS TUCAT / AFP
  • Le Stade Toulousain accueille l’Union Bordeaux-Bègles ce dimanche (16h50) lors de la 14e journée de Top 14.
  • Entre deux équipes très joueuses, on assiste souvent ces dernières années à des matchs ultra-spectaculaires.
  • Ce sera aussi l’occasion d’assister à l’affrontement entre deux des meilleurs joueurs du monde: Chelsin Kolbe et Semi Radradra.

Une orgie. Voilà à quoi tournent souvent ces dernières années les confrontations entre le Stade Toulousain et l’Union Bordeaux-Bègles. Ce dimanche (16h50), le derby de la Garonne pourrait une nouvelle fois offrir au stade Ernest-Wallon une belle ribambelle d’essais comme depuis la remontée de l’UBB en Top 14 en 2011. En neuf ans, les deux équipes ont produit quelques matchs d’exception : 33-32, 31-25, 38-27 ou encore la saison dernière un 43-36 à Chaban-Delmas en faveur des futurs champions de France.

C’est simple, le score moyen d’un match entre les Toulousains et les Bordelais est de 27 à 21 selon notre calculatrice. Comme le dit Mahamadou Diaby, le troisième ligne de l’UBB, « ceux qui aiment le rugby, ils vont être servis ! » Alors comment expliquer ces matchs si spectaculaires entre ces deux équipes ?

  • Une vraie culture du jeu

Comme souvent, il faut remonter dans le temps pour comprendre. Mais pas si loin. Si le Stade et son célèbre « jeu de mains, jeu de Toulousains » a toujours été reconnu pour son beau jeu, c’est l’un d’eux qui l’a transmis au voisin bordelais : Laurent Marti, le président de l’UBB. Jeune, il est passé par les Rouge et Noir, l’un de ses coéquipiers était même le frère de Didier Laroix (l’actuel président toulousain) : « J’ai gardé plein de copains, beaucoup d’affection et d’admiration pour ce club. Il m’a inspiré dans ce que j’ai essayé de construire à l’UBB. Je l’ai toujours dit. Si aujourd’hui l’UBB a été reconnue pour son jeu offensif, c’est aussi parce que ce que j’ai vu au Stade m’a toujours marqué », affirmait-il cette semaine à France Bleu Occitanie.

L’Union va notamment développer cette identité de jeu avec Vincent Etcheto ou encore Emile Ntamack, l’ancien trois-quart centre toulousain. Alors les deux équipes jouent-elles le plus beau rugby du Top 14 pour « Milou » :

On ne peut pas dire ça. Le Stade Toulousain est reconnu depuis de longues années pour son style particulier. L’UBB a toujours des velléités offensives, mais d’autres équipes jouent aussi très bien, comme Agen, le Racing 92 ou d’autres… Beaucoup d’équipes pratiquent un rugby de mouvement, que l’on appelle souvent le beau jeu.

Reste que Toulouse était la deuxième meilleure attaque du championnat la saison dernière et que cette année c’est Bordeaux. Pas un hasard.

  • Elles alignent peut-être les deux meilleurs joueurs du monde

C’est le duel que tout le monde attend. Il fait même la Une de certains journaux spécialisés avant cette rencontre : Cheslin Kolbe VS Semi Radradra. L’ailier (ou arrière) sud-africain du Stade Toulousain contre le centre (ou ailier) fidjien de l’UBB : « Ce sont des joueurs offensifs, très visuels, spectaculaires mais aussi efficaces », rappelle Emile Ntamack. Des joueurs qui régalent le public tous les week-ends sur les terrains français et européens.

Même si pour Frédéric Charrier, l’entraîneur des arrières de l’Union, « il est difficile de les comparer car ils ne jouent pas au même poste et n’ont pas les mêmes caractéristiques », Kolbe et Radradra sont capables de gagner un match presque à eux tout seul en traversant la pelouse en seulement quelques secondes. L’un grâce à ses appuis et sa vitesse, l’autre grâce à sa puissance et son agilité ballon en main. Aujourd’hui, ils font partie des meilleurs joueurs du monde mais sont-ils les deux meilleurs cette saison ? « Je pense que Vakatawa est pas mal en ce moment (sourires). Ce sont des joueurs qui peuvent faire des différences énormes », s’amuse le coach bordelais.

  • Des équipes plus que solides malgré le tournoi

On aurait pu penser que cette affiche allait perdre de sa valeur avec cette période de doublons qui commence en raison du Tournoi des VI Nations. Entre le plus gros fournisseur du XV de France (Toulouse) et le leader du Top 14 (Bordeaux), Ugo Mola et Christophe Urios pouvaient s’attendre au pire. Certes, une petite quinzaine de joueurs a rejoint les Bleus cette semaine. Mais les nouvelles règles permettent aussi d’en récupérer pour le week-end de championnat et ça change pas mal de choses.

C’est par exemple une excellente nouvelle pour le Stade Toulousain qui malgré son riche effectif n’avait plus de demi d’ouverture de renom. Finalement, Thomas Ramos sera bien être là pour guider son équipe en l’absence de Ntamack et Holmes. Mauvaka et Tolofua sont aussi de retour comme Cazeaux, Woki et Lucu côté bordelais. Les deux équipes vont donc pouvoir aligner deux XV de très haut niveau au coup d’envoi.

Si les Rouge et Noir ont toujours pu s’appuyer sur une vraie profondeur de banc dans ces périodes-là à l’image de la saison dernière, c’est une petite nouveauté en face pour Emile Ntamack : « depuis un an, l’UBB a beaucoup progressé avec une plus grande profondeur d’effectif et une qualité de jeu qui s’est élevée d’un cran. On sent la volonté de passer un cap supplémentaire. C’est aussi pour cela que Bordeaux caracole en tête : en l’espace de quelques mois, il y a eu une vraie mutation. » Place au jeu Messieurs !