XV de France : « Il sait tout faire », Cameron Woki a repris son envol avec l'UBB

RUGBY Le jeune troisième ligne de l’UBB pourrait être une des surprises de la première liste de Fabien Galthié

Clément Carpentier

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Cameron Woki, le troisième de l'UBB.
Cameron Woki, le troisième de l'UBB. — IROZ GAIZKA / AFP
  • Cameron Woki est l’une des grosses côtes pour intégrer le XV de France.
  • Talentueux et ultra-complet, le troisième ligne de l’UBB est de retour à son meilleur niveau cette saison.
  • Le Bordelais fait partie de la nouvelle génération appelée à porter la France vers le titre mondial en 2023.

Il ne s’en cache pas. Cameron Woki est impatient de connaître ce mercredi (13h) la première liste de Fabien Galthié, le nouveau sélectionneur du XV de France. « C’est un rêve de gosse ! J’attends la liste… », disait-il encore il y a quelques jours. Si ses coéquipiers de l’UBB Jefferson Poirot et Matthieu Jalibert sont quasiment sûrs d’y être, lui l’impatient troisième ligne de l’Union Bordeaux-Bègles fait partie des grosses cotes. Ces petits nouveaux que la France du rugby attend.

Pourtant pour les spécialistes, sa présence ne serait qu’une demi-surprise. Cameron Woki est de ces joueurs à la trajectoire toute tracée. Ces gamins que l’on remarque tout de suite car ils sont « au-dessus de la moyenne avec des qualités physiques et techniques hors normes » comme l’explique l’un de ses formateurs à Massy, Joffrey Delacour. 

La suffisance du talentueux

C’est son frère Marvyn qui dès l’âge de 10 ans l’amène au rugby alors qu’il joue au football à l’époque. Les deux frangins, inséparables, vont alors se suivre pendant de longues années. A Bobigny, puis à Massy : « Malgré nos deux ans d’écart, on a même joué une saison ensemble. C’était cool. Ça fait de beaux souvenirs » se rappelle l’aîné, deuxième ligne de formation. Et très vite le « petit » se distingue grâce à son talent. Il fait des merveilles mais pas que :

Il était capable de faire des matchs extraordinaires contre Clermont ou le Racing et de passer au travers contre des plus petites équipes. Il se mettait au niveau de l’adversaire. Il triait ses matchs. C’est un joueur qu’il faut tout le temps challenger. Ne pas le lâcher. Un "attachiant" comme on dit.

Joffrey Delacour aura même quelques heurts avec sa jeune pépite qu’il façonne pendant près de trois ans. « C’est un super gamin. Toujours souriant, bien éduqué mais surtout un grand impatient », ajoute le formateur. Alors à 19 ans, Cameron Woki décide de quitter son cocon. Direction l’UBB. Objectif faire le grand saut et montrer à tout le monde ce qu’il vaut au très haut niveau.

Cameron Woki porte le maillot de l'équipe de France depuis l'âge de 16 ans.
Cameron Woki porte le maillot de l'équipe de France depuis l'âge de 16 ans. - NICOLAS TUCAT / AFP

Un membre de la génération dorée

Il connaît une première saison inoubliable d’un point de vue personnel avec 20 feuilles de match avec l’équipe professionnelle et surtout un titre de champion du monde U20 avec les Ntamack, Bamba, Carbonel, Joseph, Barassi… Cette fameuse génération qui doit amener la France vers le sacre mondial en 2023. Mais pour ça, le troisième ligne de l’Union Bordeaux-Bègles ne devra pas se reposer sur ses lauriers comme il a tendance à le faire parfois :

La saison dernière, il s’est beaucoup remis en cause car il ne comprenait pas pourquoi il jouait moins (9 titularisations en Top 14). Il a travaillé et progressé sur ce point. Il a compris qu’il fallait être bon tout le temps. C’est un autre joueur.

Marvin Woki connaît bien l’exigence du haut niveau, lui qui joue aujourd’hui à Tarbes (Fédérale 1). Il sait comme son talentueux petit frère que l’on ne peut pas tricher, encore moins avec un entraîneur comme Christophe Urios. Et comme par hasard Cameron Woki est de retour à son meilleur niveau depuis le début de la saison (10 matchs pour deux essais).

Un Olivier Magne des temps modernes ?

Malgré une concurrence de tous les instants, le longiligne bordelais (1,96 m) règne sur la touche et le jeu de son équipe à l’image de ses percées dévastatrices qui rappelle un certain Olivier Magne  de la grande époque.

« C’est exactement ça. On peut clairement les comparer. Cameron sait tout faire. Courir, sauter, passer, marquer… Il a toute la panoplie. Il pourrait même joueur en 4 comme un Lambey. C’est un joueur ultra-moderne. Aucun étonnement de le voir frapper à la porte du XV de France », affirme Joffrey Delacour. Alors a-t-il ses chances ?

Ça dépend le profil que tu cherches. Si tu veux un plaqueur-gratteur, ce n’est pas le bon gars. Par contre si tu cherches quelqu’un de bon en touche, très mobile et fort dans les couloirs, je pense qu’il peut être un prétendant. Cameron a une marge de progression énorme, c’est un gamin, il est à 80 % de ses capacités.

A écouter Christophe Urios, on se demande avec gourmandise ce que cela donnera à 100%. 

Combien de joueurs de l’UBB avec le XV de France ?

C’est la question qui se pose après l’excellente première partie de saison réalisée par l’Union Bordeaux-Bègles. Elle n’est forcément pas passée inaperçue notamment auprès de Fabien Galthié. Avec son staff, ils se sont entretenus ces dernières semaines avec huit joueurs du club leader du Top 14 (Poirot, Cazeaux, Roumat, Woki, Lucu, Jalibert, Ducuing et Buros). Le capitaine de l’UBB, Jefferson Poirot et le demi d’ouverture Matthieu Jalibert devrait faire partie de cette première liste.

Pour les autres, rien n’est sûr. En deuxième ligne Cyril Cazeaux a une carte à jouer comme les jeunes troisièmes lignes Cameron Woki et Alexandre Roumat. Pour les trois autres, tous très en forme depuis le début de la saison, la concurrence s’annonce rude au poste de demi de mêlée ou d’arrière.