«A lui tout seul, il représente le rugby français»… Les adieux de Frédéric Michalak ont plané sur ce Montpellier-LOU

TOP 14 A 35 ans, Frédéric Michalak a participé vendredi à son dernier match en tant que rugbyman professionnel, à l'occasion de la déroute du LOU Rugby contre Montpellier (14-40), en demi-finale du Top 14 à Lyon...

Au Parc OL, Jérémy Laugier

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Frédéric Michalak, ici lors du match de Top 14 Toulouse-LOU Rugby, le 11 mars.
Frédéric Michalak, ici lors du match de Top 14 Toulouse-LOU Rugby, le 11 mars. — REMY GABALDA / AFP
  • Frédéric Michalak avait forcément dû rêver d’une meilleure sortie que ces 20 minutes disputées dans une claque subie par le LOU en demie du Top 14 face à Montpellier (14-40).
  • Il n’empêche que les poignants hommages se sont multipliés de la part des joueurs et dirigeants dans les deux camps.
  • Le président lyonnais Yann Roubert en a profité pour décrire le poste « transversal » qu’occupera Frédéric Michalak, la saison prochaine au sein du LOU.

Après 18 années au plus haut niveau, Frédéric Michalak pouvait difficilement redouter un pire scénario pour ses adieux au rugby en tant que joueur. Touché à l’épaule la semaine passée à Toulon, il était encore diminué vendredi et n’a pu entrer en jeu qu’à 20 minutes de la fin d’une demi-finale… déjà perdue contre Montpellier (9-33 puis 14-40 au final). Après avoir manqué une transformation (78e), l’ancien international français (77 sélections) a même dû se coltiner un contrôle antidopage (maudit tirage au sort) avant de se présenter devant la presse vers 0h30. Emu malgré une retenue et une pudeur correspondant bien au personnage, il a fait le point sur cette soirée si particulière au Parc OL.

« Là, il ne s’agit pas de vacances mais d’une retraite sportive. C’est dur à réaliser. Je ne garde que des bons souvenirs. Ces 18 saisons ont été riches en émotions et sans regret avec tous ces mecs. A l’époque, je chambrais beaucoup les vieux en leur disant qu’il était temps pour eux d’arrêter. Ils me répondaient qu’il fallait en profiter car une carrière passe très vite. Bah ouais, j’ai dit la même chose aux jeunes aujourd’hui… »

« Un professionnalisme permanent et une implication totale »

Avouez qu’il est touchant, le bougre. Vous n’imaginez même pas comment partenaires et adversaires ont tous tenu à lui rendre un hommage très appuyé après une rencontre qui n’a jamais atteint la dramaturgie espérée pour une demie de Top 14. Pour son président Yann Roubert, ce néo-retraité de 35 ans a tenu un rôle clé dans la surprenante éclosion du club lyonnais au plus haut niveau depuis 2016.

« L’homme a été aussi important que le joueur pour le LOU Rugby, insiste le dirigeant. Il a apporté un professionnalisme permanent et une implication totale. Il a fait comprendre à nos jeunes joueurs que le talent ne suffisait pas pour faire une carrière comme la sienne. » Parmi ces jeunes, le deuxième ligne Félix Lambey (24 ans) avait une pensée toute particulière pour Frédéric Michalak vendredi.

« On rêvait de lui offrir une meilleure sortie. C’est émouvant car c’est un mec exceptionnel, sur le terrain et en dehors. Gamin, je le regardais à la télévision et j’avais des posters de lui dans ma chambre. Je me rends compte de la chance qu’on a eue de le côtoyer. Certains joueurs restent dans leur coin, mais lui vient tout le temps nous motiver et nous conseiller. A chaque fois qu’il parle, c’est pertinent. »

« Il va nous manquer à tous sur le terrain »

Pierre Mignoni pointe de son côté « un mec entier, droit, fabuleux ». Des qualificatifs extrêmement puissants mais aussi sincères, à voir comment tous ces acteurs du rugby français cherchent les mots justes pour décrire Frédéric Michalak. Dans le camp montpelliérain, Fulgence Ouedraogo l’a côtoyé avec le XV de France. « C’est un grand monsieur du rugby français qui s’arrête aujourd’hui, annonce le troisième ligne du MHR. Il va nous manquer à tous sur le terrain. C’est un personnage, c’est Fred Michalak… A lui tout seul, il représente le rugby français. Quand j’étais petit, je l’ai regardé soulever le bouclier de Brennus à 18 ans. Ça me fait quelque chose. »

A nous aussi, il faut bien le reconnaître. Le capitaine héraultais Louis Picamoles pointe une quasi-évidence : « Une grosse page du rugby français se tourne. Demandez encore aujourd’hui aux enfants quel rugbyman ils connaissent, son nom est peut-être celui qui reviendrait en premier ». Puisqu’il est désormais le moment de se poser la question, à quoi va donc ressembler son après-carrière ?

Un rôle « un peu transversal » à venir au LOU, et pas qu’un peu

« Même s’il n’est plus demi de mêlée ou demi d’ouverture, il a encore beaucoup à apporter au rugby », tranche Yann Roubert, ravi de le conserver au LOU dans un poste au descriptif aussi large que ne l’était sa palette technique sur les terrains. Jugez plutôt.

« Il va continuer à s’impliquer dans le sportif. Pas forcément sur le terrain mais dans la vie de groupe, un peu dans le recrutement. Et puis bien sûr, avec ses qualités et son image, il sera à cheval entre le sportif et les relations publiques, la communication et le commerce dans un rôle un peu transversal. On est à peu près certain qu’il peut apporter dans tous les aspects d’un club de rugby. »