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Un retour, des vannes et de l'amour, c'était la conf' de Brunel avec le XV

XV de France: Parra, le Brunel Comedy Club et la quête d'amour, ce qu'il faut retenir de la liste pour le VI Nations

RUGBYLe sélectionneur a annoncé sa liste pour le Tournoi des VI Nations...
Aymeric Le Gall

Aymeric Le Gall

C’est dans le grand salon de la boutique d’Orange, à deux pas de la place de l’Opéra à Paris, que le XV de France a donné rendez-vous à une soixantaine de journalistes afin de présenter la première liste du mandat de Jacques Brunel, le nouveau sélectionneur tricolore, dans le cadre du Tournoi des VI Nations qui débutera le 3 février avec un match contre l’Irlande. Voici ce qu’on peut en retenir.

  • Laporte absent, Simon prend la relève

Bernard Laporte, le président de la Fédération française de rugby, absent, c’est son bras droit, Serge Simon, qui était là pour lancer cette conférence de presse. Après avoir pris la peine, en fin politique qu’il est (surtout dans un contexte de méfiance entre la FFR et certains médias), de serrer la pince à tous les journalistes invités, il a émis le souhait pour cette année 2018 de voir « une équipe de France victorieuse », qui « part en conquête, en espérant rester du côté lumineux de la force. » C’est donc une lutte entre le bien et le mal qui se joue au sein du XV de France. Ambiance…

  • Morgan Parra, le retour

Plus de deux ans après sa dernière sélection (le 17 octobre 2015, en quart de finale de Coupe du monde contre les Blacks), Morgan Parra a été rappelé sous les drapeaux par le nouveau staff des Bleus pour le Tournoi des Six Nations. « Depuis le début de saison, il fait des prestations remarquables, cela me semble normal qu’il figure dans le groupe, a déclaré Jacques Brunel. C’est d’autant plus normal qu’il va permettre d’encadrer la jeunesse à l’ouverture (Anthony Belleau et Matthieu Jalibert). »

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  • Jalibert, grande première

Inconnu au bataillon en début de saison mais auteur d’une première partie de championnat très réussie du côté de l’UBB, sous la houlette d’un certain… Jacques Brunel, Matthieu Jalibert (19 ans) va donc être lancé dans le grand bain international par son ancien coach à Bordeaux. Brunel justifie son choix : « S’il y a un garçon que je connais parfaitement, c’est bien Jalibert. Il a franchi les étapes depuis le début de saison, il est devenu expérimenté (…) Le niveau international est encore une autre marche, mais je pense qu’il a les capacités pour les franchir. »

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  • Picamoles et Trinh-Duc écartés

​Avec la volonté non dissimulée du sélectionneur de mettre la jeunesse au pouvoir et de préparer l’avenir, ce sont les vieux loups qui font les frais de la première liste de Brunel. Si Trinh-Duc, doublé par Jalibert, n’a pas eu le droit de connaître les raisons de sa sortie du groupe France, pour ce qui est de Louis Picamoles, le sélectionneur a voulu lui faire passer un message : « J’ai choisi les hommes qui paraissent le plus en forme en ce moment. J’attends de Louis Picamoles qu’il montre qu’il veut prétendre de nouveau à l’équipe de France, qu’il fasse des prestations de grande qualité comme son potentiel l’autorise. »

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  • Un capitanat à définir

Jacques Brunel a annoncé d’emblée qu’il allait encore réfléchir à la question du capitanat, normalement dévolu à Guilhem Guirado, et qu’il attendrait la venue des joueurs à Marcoussis afin d’en débattre avec le Toulonnais. « Je l’ai déjà dit, j’ai trouvé Guilhem admirable à travers les défaites, les échecs. Il a toujours montré un enthousiasme terrible, une détermination sans faille, a souligné l’ancien coach de l’UBB. Mais est-ce que cela lui a pesé, est-ce que c’est trop, est-ce qu’il voudrait se délester de cela, est-ce qu’il a encore envie de s’y investir ? C’est de tout cela dont on va parler et on va le faire à l’intérieur du groupe. »

  • Le Brunel Comedy Club

Interrogé sur le fait d’avoir comme président un ancien sélectionneur de l’équipe de France (et sur la possibilité de voir ce président intervenir dans le choix des joueurs sélectionnés), Jacques Brunel a joué la carte du lol (« Le président ? Oh vous savez ça fait six ans que je ne lui parle plus »), avant de reprendre son sérieux : « Il vaut mieux avoir des rapports cordiaux avec les gens avec qui on travaille, il vaut mieux avoir un président avec qui on s’entend que le contraire. » Guy Novès valide.

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Mais très vite, « Funny Brunel » a repris le dessus : « J’écouterai ses conseils, il a l’expérience, la compétence. Si jamais il me glisse un nom, si jamais il me dit "en pilier droit, il faut prendre notre ami Lionel Rossigneux (l’attaché de presse du XV de France)", je le prends ! Mais bon, je pense qu’il ne le fera pas (rires). » On était à deux doigts de penser que Brunel allait lâcher son micro et quitter la scène sous les applaudissements d’une salle (à demi) hilare, mais non.

  • Des bulles et du désir

En préambule à cette conférence de presse, Serge Simon avait annoncé qu’il avait un « double objectif » pour cette équipe de France : « D’abord retrouver le chemin de la victoire, mais aussi retrouver le chemin du cœur des Français, avec une équipe de France performante et désirable, avec une nouvelle dynamique, un élan, une envie. La performance alliée au désir. » Il fait chaud dans cette salle, non ?

De son côté, Brunel a insisté sur la nécessité pour cette équipe de donner une « bonne image » au public, celle « d’une équipe déterminée, volontaire, qui prend son destin en main. On veut une équipe qui soit pétillante. » Des bulles et du désir, voilà qui devrait plaire à des supporters du XV qui font ceinture en termes d’émotions fortes depuis trop longtemps maintenant.